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NUTRITION DE L'ŒIL. PRESSION INTRA-OGULAIRE

Pression intra-oculaire. — Les organes intra-oculaires se trouvent normalement sous une pression assez élevée, qui se maintient avec une constance remarquable à la valeur de 20 à 30 mm. mercure. On a bien découvert quelques influences capables de modifier passagèrement cette tension, soit en plus, soit en moins ; mais les causas prochaines de son existence et de sa constance ne sont nullement connues. — L'humeur aqueuse paraît, en vertu de sa facile reproduction, intervenir dans la régulation de cette pression.

Particularités de la circulation et de la nutrition intra-oeulaire. — La

transparence si parfaite de certaines parties de l'œil, nécessaire à la marche régulière des rayons lumineux, est assurée par l'absence de vaisseaux et de sang dans ces parties, qui sont : la cornée transparente, l'humeur aqueuse, le cristallin, le corps vitré et la rétine. Ces organes doivent donc soutirer leurs matériaux nutritifs à des parties avoisinantes. Il en résulte que certaines de ces parties ont une richesse vasculaire qui n'est nullement en rapport avec leurs propres besoins.

C'est ainsi que la cornée transparente est nourrie par le riche réseau de vaisseaux péricornéens v (fig. 265), situés sous la conjonctive, au pourtour de la cornée, et fournis par les artères ciliaires antérieures (subdivisions des artères musculaires c).

Les milieux transparents proprement dits (humeur aqueuse, cristallin et corps vitré) sont complètement dépourvus de vaisseaux sanguins. La rétine, un dernier milieu transparent, en est dépourvue également chez la plupart des animaux, même de fortes dimensions ; elle n'en renferme chez

l'horame que dans ses couches internes, mais en quantité insuffisante pour subvenir à ses besoins nutritifs, qui sont considérables. La matrice nutritive de tous ces organes intra-oculaires est la tunique moyenne de l'œil, dite aussi tunique vasculaire, composée de la choroïde, du corps ciliaire et de l'iris. La choroïde, fournie de sang par les artères ciliaires postérieures courtes (a), est une des parties les plus vascularisées du corps. Son réseau capillaire est à peu près aussi développé que celui des alvéoles pulmonaires. Et cependant, il n'y a dans la choroïde ni fibres musculaires ni aucun élément dont le fonctionnement nécessite une nutrition intense.

Le fait est que les vaisseaux choroïdiens sont destinés à la nutrition des couches rétiniennes externes, notamment des cônes et des bâtonnets (Nuel), et ceux des procès ciliaires à la nutrition du cristallin et du corps vitré.

Les capillaires choroïdiens sont tous relégués dans une couche interne (choriocapillaire) do la membrane, en contact intime avec la rétine ; nous savons que les échanges nutritifs ont lieu surtout dans les capillaires. La région de la macula lutea, et surtout de la fovea, où la fonction visuelle est la plus intense, se distinguent par un plus grand développement des capillaires choroïdiens (Nuel). Les vaisseaux plus gros occupent les couches clioroïdiennes externes. Nous savons aussi que l'érythropsine, la substance photo-ohiuiiquo des bâtonnets, se .reforme exclusivement aux dépens de l'épithélium pigmenté, c'est-à-dire du côté de la choroïde. Du

Fig. 2G5.— Schéma de la circulation sauguine intra-oculaire (d'après Tn. Lebeii) (1).

fmm.^. -IL i' , "7"'\'^ '^^ '-^ « -•>• Peaètrent dans l'œil autour du nerf optiuue, et se résolvent dans rœîavec îeT n .''tT ^"°^«^'!'«"- û^"- '«"^"-« ^rti-res cUiaire. iJtÂ^lres rpluétren jiSue dans îe corns^HU^t» "' 'n ^i^"'"''' ^'f'"" '^ '^'"'''''^^ «' '^ sclérotique, et courent en avant dônT ,>as ^la clmroMo n n • n -^ ^''^^^ '''""'^^ artériel de Hris. Elles ne fournissent

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qui courent en a>ant, sous la conjonctive, émettent chacune un rameau perforant p „ui i.erfore la

reste, les maladies de la choroïde altèrent la sensibilité de la rétine à la lumière beaucoup plus que les maladies de.s pians rétinies internes, nourris par les vaisseaux rétiniens. La richesse extrême des capillaires clioroïdîens démontre même que les échanges nutritifs doivent être particulièrement intenses dans les cônes et dans les bâtonnets. — Le nmscle ciliaire a ses capillaires à lui. Lu

Fig. 206. — Voies d'élimination de riuimeur aqueuse hors de la chambre antérieure, décelées par la pénétratien d'encre de Chine, véhiculée par l'humeur aqueuse après injection d'une gouttelette derrière le cristallin. G, cornée transparente ; Ci; cristallin; H, membrane hyaloi-de; Ci; m. cristalloïde. L'encre i)cnètre dans l'iris par sa face antérieure, surtout par une voie péri pupillaire b et une périphérique a; elle s'amasse autour des vaisseaux iridiens, situés dans la profondeur. Elle pénètre aussi dans le corps ciliaire, le long des veines iridiennes, et enfin dans le canal de Schlemm.

vascularisation si riche des procès ciliaires, dépourvus également d'éléments exigeant une nutrition intense, est destinée à la nutrition du corps vitré, du cristallin (ces deux organes se désorganisent dans les maladies du corps ciliaire) et de l'humeur aqueuse.

'L'humeur aqueuse est fournie par les procès ciliaires (et peut-être un peu par la face postérieure de l'iris) ; elle est une véritable sécrétion de l'épithéliumcylindroïde qui recouvre les procès (Niga.t[). Versée ainsi dans la chambre postérieure, elle passe dans la chambre antérieure, à travers la fente capillaire qui existe entre le cristallin et le bord pupillaire de l'iris. De la chambre antérieure, elle est éliminée, reprise par le sinus veineux du canal de Sculemm (Sghwalbe), ainsi que et surtout par les veines du corps ciliaire et par celles de l'iris (Nuel et Benoît).

La figure 266 représente les voies d'élimination de l'humeur aqueuse hors de la chambre antérieure, telles qu'elles sont marquées deux heures après que, sur le vivant, un gouttelette d'encre de Chine a été injectée derrière le cristallin. L'encre est charriée par l'humeur aqueuse, et par sa présence (en noir dans la figure) elle marque les voies d'élimination. Une partie seulement de l'humeur aqueuse est éliminée par le canal de Schlemm (c. S.). En plus grande partie elle est reprise par les vaisseaux (profonds) de l'iris, autour desiiuels l'encre pénètre à travers toute la surface antérieure de l'iris, et plus particulièrement par deux espèces d'ouvertures ou stomates de la face antérieure de l'iris. Les uns de ces stomates sont péri-pupillaires (b), les autres périphéiiques (a). Enfin, elle est reprise en quantité par les veines du corps ciliaire et des procès ciliaires. — L'évacuation de l'humeur aqueuse par le nerf optique (Prirstley Smith etc.) n'est sensible que chez le lapin, nulle ou à peu près nulle chez l'homme.

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