IV. — GLOBULES ROUGES OU HÉMATIES
Nous renvoyons aux traités d'histologie pour tout ce qui concerne l'histoire anatomique des éléments iigurés du sang, ainsi que les procédés de numération des globules.
Rappelons seulement que les globules rouges du sang de l'homme sont des corpuscules en apparence homogènes, dépourvus de noyau, ayant la forme de disques légèrement excavés (Diamètre : un peu plus de 7 \i. Nombre : 5 millions par millimètre cube chez l'homme ; un peu moins chez la femme) , ils sont mous et élastiques, et ont une tendance à s'agglutiner en piles de m.onnaie. Ils représentent 35 à 40 "/« du volume du sang.
Los 5 litres do sang que possède"un homme aduUe, en contiendraient 25 000 milliards, présentant une surface totale dépassant 2 500 mètres carrés, ou le quart d'un hectare. Le séjour à de grandes altitudes augmente considérablement le nombre des globules rouges qui peut monter de 5 cà 8 millions par millimètre cube. En même temps le volume des globules diminue, d'où augmentation de la surface d'absorption d'oxygène, ce qui peut compenser dans l'acte respiratoire la diminution de tension de l'oxygène respiré (F. Viault, 1891. — Contesté).
Chez l'adulte, les globules rouges paraissent se former surtout dans la
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moelle roiiga des os, aux dépens d'élé.nents histologiques, les cellules rouges du sang eubryoïiiiiire, eatièremeiit différents des éléments formateurs des gbbules bUncs [leucoblastes]. Ils se détruisent dans le foie et dans la rate.
Le tableau de la page 42 indique approxiaiativement la composition chimique des globules rouges du sang des mammifères. Chez les autres vertébrés, ces globules contiennent en outre une forte proportion de nucléoprotéide dans leur noyau, et peut-être du fibrinogène. La d.iusité des globules rouges est de lOSO ù 1100 chez le cheval.
On ne peut songer ù séparer les globules rouges par iiltratiùu : leur luûUe.s.se e.st telle qu'ils glissent à travers les pores du (iltre le plus tin. C'est par décantation et par lavage (ju'il faut les isoler. Ou mélange une certaine quantité de sang délibriué (de cheval, de chien) avec dix à quinze fois son volume d'une solution diluée de chlorure de sodium (à 0,9 "/o par ex.), on laisse aux globules le temps de se déposer, puis on décante le liquide surnageant. On hâte la précipitation des globales par l'emploi d'une machine centrifuge. On répète ce lavage plusieurs fois, de manière à obtenir linalement une Ijouillie de globules rouges exempte de sérum.
La plus grande par^tje (lu résidu sec des globules est représentée par la matière côTÔrante , à laquelle Hoppë-Seyleh a donné le nom d'hémoglobine .
L'iiémo^lobine se retrouve dans le sang de tous les vertébrés (à l'exception de ues poissons pélagiques, à corps enlièrenent transparent : Leplocephalus) et^c+tez un petit nouîljre d'invertébrés, appartenant aux groupes zoologiques les plus divers, nutamuient chez h; ver de terre (UoLLEr, LSiU).
100 gr. de sang de rhouuuc en contiennent 13,58 gr, ; cliez la femme, il y a^ seuTement 12,63 gr. d*h"elnôgIobine pour 100 gr. de sang.
Hémolyse. — Quoique l'héaioglobine soit très soluble dans le plasma sanguin, elle ne diffuse pas hors des globules, sans doute parce que la paroi des globules est imperméable vis-à-vis de l'hémoglobine, et sans qu'il soit nécessaire d'admettre, avec Hoppe-Seyler, une afUnilé chi nii|ue spéciale retenant rhénioglobine au stroma.
Un grand nombre d'agents détruisent la constitution du globale rojge, font passer l'hémoglobine en solution et rendent le sang transparent, semblable à une laque, d'opaque qu'il était (Mollet, 1802; : action de 1 eau distillée, ou des solutions salines trop diluées, congélation et dégel consécutif (production de cristaux da glace, qui en fondant, dissolvent les globules), fortes décharges électriques, contact avec l'éther, le chloroforme, les acides biliaires, action de beaucoup de venins animaux i^serpents, dratgnée, vers intestinaux, etc.), et de toxines microbiennes, teaipérature de -\- 00', extraction des gaz par le vide, division mécanique des globules par agitation avec des corps anguleux (Meltzek, 1900), etc.
On peut admettre avec Nolp que tous las agents chimiques qui produisent l'hémolyse, agissent en altérant la constitution de la pi'roi globulaire. Celle-ci n'agit plus alors cotnme membrane semi-perméable.
A:r^ueiq
Enelïet, leà "lobules l'ouges se comporteutdans les solutions saliuescoiume s'ils étaient foruiés d'une enveloppe sémi-perniéable (c'est-à-dire se laissant traverser par l'eau, mais non par les sels) et d'un contenu liquide, tenant l'hémoglobine en solution.
Ils ne changent pas de volume quand on les plonge dans des solutions salines ayant même concentration moléculaire que le plasma sanguin, c'est-à-dire . isotoniques vis-à-vis d'une solution de NaGl à 0,9 «/„ (chez les mammifères. Point de congélation A =— 0»57 d'après Wintb.i, 18!);]). Mais ils perdent de l'eau et se ratatinent dans les solutions plus concentrées, A^perio^f^j^wes (contenantplus de 0,9 "/oo Na(U) ; ils gonllent en absorbant de l'eau dans les solutions hypotoniques (contenant moins de 0,9 "/o NaGl).
r' Si l'on abaisse la teneur de NaGl à 0,58 «/o, le gonflement dépasse la limite d'extensibilité de la paroi du globule ; celui-ci crève, ou tout au moins est altéré, et la solution d'hémoglobine se répand à l'extérieur. Hamburger a montré qu'il en était de môme pour les solutions équimoléculaires d'autres sels analogues. La dissolution des globules se fait à un degré de dilution moléculaire typique, V indépendante de la nature chimique des sels dissous.
Il existe cependant un certain nombre de substances pour lesquelles la paroi du globule n'est pas imperméable et qui pénètrent avec l'eau à son intérieur. Gitons l'urée. (Hedin, 1893, Koppe).
Hémoglobine et Oxyhémoglobine. Hoppe-Skyler (1803) (U. — L^J^émoglobine ou hématocristalline, matière colorante du sang, forme avec l'oxygène une combinaison peu stable : l'oxyhémoglobine. La formation de Toxyliémoglobine dans le poumon et sa dissociation dans les capillaires de la circulation générale, présente une importance capitale au point de vue
de la respiration.
Préparation de l'oxyhémoglobine d'après Hoppe-Seyler (1867-1871). — Les globules rouges, isolés par le procédé décrit précédemment (sang de chien, de cobaye, de cheval), sont dissous dans une petite quantité d'eau , froide (après avoir été additionnés d'un peu
Fi{?. 14. — Cristaux inici'oscopiques de v ■»• ^ *■
l'oxyhémofîiobme du Cobaye (tétraè- d'éther). Ou Obtient uuo Uqueur d uu beau
dres simples et modifu^s). . • j. i > - 4.^ ,
rouge cerise, qui no tarde pas a présenter un abondant dépôt de cristaux microscopiques d'oxyhémoglobine. La cristallisation est favorisée par l'addition d'un peu d'alcool (1/4 de volume). On recueille les cristaux sur le filtre et on les purihe par recristallisation. Il faut choisir les grands froids de l'hiver pour cette préparation, car l'oxyhémoglobine s'altère à l'air, dès que la température monte au-dessus de 0°. Elle se transforme d'abord en une subsLance d'un brun sale, la mcthé.noglobine de Hoppe-Seyleu.
La Mèthéimglohine présente un spectre d'absorption caractéristi(iue(une bande
(1) Voir les travaux de IIoppe-Seyler, HUfneh, Blnge, Nencki et de leurs élèves, et Lamiilins ; Art. hémoslohine du Dict. de Wurtz. Nolf : Art. Hémolyse, Hémoglobine du Dictionnaire du Ricuet.
LE SAN'iï.