‹ Éléments de physiologie humaine a l'usage des étudiants en médecineChapitre 77 sur 164 · III. — REGULATION DE LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

III. — REGULATION DE LA TEMPÉRATURE

Étudions à présent les moyens que l'organisme des animaux à sang chaud met enjeu, pour maintenir la température interne constante, malgré les causes extérieures ou intérieures de refroidissement et d'échauffement. Nous considérons comme normale, comme agréable, une température voisine de -)- 18°, agissant sur Ihomme habillé ou sur les animaux de nos climats revêtus de leur fourrure naturelle. A ce degré de chaleur extérieure, les appareils régulateurs de la température animale n'ont pas besoin de fonctionner, car l'organisme perd alors exactement autant de chaleur qail en produit. Mais dès que la température

(1) Cependant, Ch. Richet affirme qu'un abaissement do la tempi^rature extérieure au-dessous de la moyenne habituelle (qui augmente la consoiumalion de l'oxy^rène, coinnie on sait) a pour elTet, chez le lapin, le cobaye, etc., de diminuer la quantité ilo chaleur cédée au calorimètre (au lieu de l'augmenter). D'après lui, une élévation de la température extérieure au-dessus de la moyenne (qui augnieute la consoui mation de l'oxygène), diminuerait également l'intensité du rayonnement calorilique.

extérieure monte ou baisse notablement, il n'en est plus ainsi ; et la constance de la température interne serait menacée si des appareils régulateurs n'entraient en jeu, destinés à contrebalancer les causes d'échauliement ou de refroidissement.

Lutte consciente contre le froid. — Lorsque lu température extérieure s'abaisse considérablement, comme c'est le cas en hiver dans nos climats, et surtout dans les pays septentrionaux, l'hoinme a recours à différents moyens artificiels pour conserver sa chaleur interne : il se revêt d'habits épais, de fourrures, de laine, tous corps mauvais conducteurs; il chauffe artificiellement les appartements; il diminue ainsi les pertes de chaleur que le corps subit par rayonnement et par contact. Il augmente également la production de chaleur interne par des exercices musculaires plus ou moins violents, mais surtout par une alimentation plus abondante et plus riche en graisses. Les Lapons et les Esquimaux se délectent en buvant de l'huile de poisson ou du beurre fondu, tandis que la sobriété des peuples du midi est proverbiale.

Lutte inconsciente contre le froid. — Mais, à côté de ces moyens plus ou moins intentionnels, l'organisme possède encore d'autres ressources mises en jeu inconsciemment pour lutter contre le froid, et qui lui permettent de résister à des changements rapides de la température extérieure. L'action du froid extérieur provoque : 1° une exagération des phénomènes chimiques de combustion interstitielle, par conséquent uliê augmentation de prodïïôfion de chaleur inlê?nê"; 2° un rétrécissetnent des vaisseaux do In peau, un ralentisî^ement notaJ>l^de la circulation cutanée, d*où une diminution dans les pertes de chaleifr^par rayonnement et par contact.

Augmentation dans la production de chaleur. — Crawford, LavoisiER et SiiGUiN avaient déjà constaté que les phénomènes chimiques de la respiration augmentent d'intensité, quand la température extérieure s'abaisse. Le plus grand nombre des expérimentateurs ont confirmé ce fait important iDelaroghe, Vierohdt, Letellier, G Ludwig et Sanders- EzN, Liebermeisïer, Hoppe-Seyler, Kernig, Gildemeister, L Lehmann, Spegk, Pflùger, Hôhrig et Zuntz, Golasanti, Dittmar Finkler, Gharles Théodore ue Bavière, Voit, d'Arsonval, Falloise, etc.). Voici deux exemples, empruntés à mes propres expériences : par une température extérieure de -j- 15» à -|- 20", je consomme le matin à jeun, environ 4.5 litres d'oxygènes en 15 minutes. Si je m'expose sans vêtements à une température extérieure de -j- 10% la consommation de l'oxygène monte à 5.5 et même 6 litres en 15 minutes (mesuré avec l'appareil de la fig. 93, p. 174).

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Les lapins consomment environ 670 c. c. d'oxygène par heure et kilogramme d'animal, à la même température extérieure de -\- 15". En les aspergeant pendant un instant d'eau froide, après avoir rasé une partie des poils du dos, on exagère considérablement et pour assez longtemps l'intensité des phénomènes chimiques de la respiration : la consommation de l'oxygène monte à 1000 c. c. par heure et par kilogramme d'animal (mesuré avec l'appareil de la fig, 91, p. 153). Ludwig, Pfluger et leurs élèves ont publié les chiffres de nombreuses expériences analogues exécutées sur les lapins et les cobayes. Le résultat général qui s'en dégage c'est que la consommation de l'oxygène augmente quand la température extérieure baisse (mais seulement, iiour autant que la température interne de l'îinimal ne varie pas).

Le froid ne produit pas cet effet excitateur des combustions, en agissant directement sur les organes internes, sur les tissus qui sont le siège des combustions. D'abord, l'application extérieure du froid dans les limites indiquées plus haut, n'a pas pour effet d'abaisser la température interne : tout au contraire, on observe au début une augmentation légère de cette température interne (Hoppe-Seyler). D'ailleurs, le refroidissement interne du corps, pratiqué par la voie pulmonaire (respirer l'air par une tube en métal fortement refroidi), ou par la voie stomacale (ingestion de glace, lavage de l'estomac sur un chien à fistule gastrique, au moyen d'un courant d'eau froide) a pour effet de produire, non une augmentation, mais une diminution des phénomènes chimiques de la respiration. Cette diminution est de règle, chaque fois que la température interne s'abaisse (Ludwig et Sanders-Ezn. En effet, les tissus de notre corps consomment d'autant plus d'oxygène que leur température est plus élevée (SPALLA^zANI, Valen- TiN, Paul Bkkt, Piegnard). Sous ce rapport, ils se comportent delà même façon que ceux des animaux à sang froid, à température variable (^>. G'esJ donc par voie nerveuse, par une action réflexe, en agissant comme excitant sur les nerfs sensibles de la peau, que le froid extérieur provoque l'exagération des phénomènes de combustion interne (Pfi uger). L'effet produit est proportionnel à la sensation subjective du froid.

Le cent je nerveux qui préside à cette action est probablement situé à lu limite de kl protubérirrrrë et de In m'oëlTëinTôngée. Il s'étend peutjtre__ jusque dans les corps striés. La destruction de ce centre, ou la section de la

( 1) Uu abaissement de la température extérieure augmente donc l'intensité des phénomènes chimiques de la respiration chez les animaux à sang chaud, les diminue au contraire chez les animaux à sang froid. Cette action différente du froid sur ces deux groupes d'animaux ne provient pas d'une différence de propriétés des tissus dans lesi(uels se produit la clialeur. Les organes et les tissus vivants des animaux il sang cliaiul, isolés ou soustraits à l'iaffueuce du système nerveux central, se comportent comme ceux des animaux à sang froid : leur respiration augmente ou diminue d'intensité, à mesure que îa température extérieure monte ou baisse (conformément i\ la courbe de la lig. 105, p. 211). Le mécanisme qui contre-balance chez les animaux homéothermes cette activité propre des tissus, réside dans le système nerveux central.

moelle, supprime cette régulation et diminue notablement l'intensité des combustions organiques (Pfluger). Au contraire l'excitation directe, par piqûre, de cette partie des centres nerveux, est suivie d'une augmentation de température (Tsghesghighin,He]denhain,Rtghet) et de la thermogénèse (Léon Frederiq).

Les nerfs moteurs des muscles constituent probablement la voie nerveuse centrifuge, par laquelle ce centre agit (Pfluger). Les muscles doivent, en raison de leur masse considérable et de leur respiration active, être considérés comme les princij^aux foyers de la chaleur animale. On a prouvé directement que le système nerveux exerce une action tonique excitante sur les phénomènes do combustions qui se passent dans les muscles, en dehors de toute contraction. La respiration est bien moins active dans un muscle dont le nerf moteur est coupé, que dans le même muscle au repos, mais resté en connection nerveuse avec le centre cérébro-spinal, comme l'ont prouvé les analyses des gaz du sang CGl. Beiin'ard). Le sentiment de tension, de raideur que l'on éprouve dans les muscles des membres sous l'influence du froid extérieur, est sans doute en rapport avec l'exagération des phénomènes chimiques qui s'y I assentSi la sensation do froid augmente, cette tension se transforme en vraie contraction, en frisson, en tremblement musculaire (Pfluger, i875) ^^K

D'après Gh. Righet (1884), les lésions superficielles des hémisphères cérébraux peuvent, chez le lapin, amener uno élévation rapide de la température rectale (de + 39. 6^ par ex. à -\- 41^ ou -f 42") et do la thermogénèse. J, Ott M884), Ed. Aronsohn et J. Sachs (1885), Hale White (1891) ont observé une élévation de la température et une exagération des pliénoinèn'i's chimique-; do la respiration à la suite dos lésions des corps striés (chez le lapin), du septum lucidum ou des pédoncules cérébraux. Pour ces derniers auteurs, les lésions do l'écorce cérébrale n'ont aucune influence sur la température du corps.

G. GoRiN et A. Van Beneden (1886) ont montré que l'ablation des hémisphères cérébraux n'a pas d'influence &ur la température rectale du pigeon, ni sur les variations diurnes, ni sur la régulation de la température.

Lutte Inconsciente contre le froid, par diminution dans les pertes de chaleur. — L'application du froid provoque la gâleur, l'auémie des téguments ; la circubitiolTcutanéc se restreint ; la proportion du sang qui vient se refroidi? à la pérrphériè "diminue : la température de la peau baisse, et la quantité de chaleur qu'elle perd, par rayonnement et par contact, diminue considérablement. La peau et surtout le panicule adipeux, forment alors entre le froid extérieur,-^ Iâ~ masse du sang qui s*êst réfugiée dans les organes internes, un véritable écran protecteur, mauvais conducteur de la chaleur. La température cutanée est ainsi sacrifiée, comme le dit ] Arthus, pour sauver la température centrale.

(1) PflUgkr,; Ucfier Warme iind Oxydation der lebendigcn Materle, Pfliiger's Arehiv., X.

C'est également par voie réflexe que le froid provoque la mise en jen de ce mode de régulation. Le froid excite les nerfs sensibles de la peau ; ceux-ci transmettent l'impression aux centres vaso-constricteurs, qui réagissent en amenant le resserrement des vaisseaux de la régiou exposée au froid (voir nerfs vaso-moteurs). Quand on plonge une main ou un pied dans l'eau froide, le réflexe vaso-constricteur s'étend à l'organe symétrique : l'autre main, l'autre pied participe au resserrement vasculaire, et au refroidissement qui en est la conséquence.

Le froid peut exercer également une action excitante immédiate, sur les vaisseaux de la peau, isolés de leurs connexions nerveuses, mais il est certain qu'il n'excitepas directement les centres nerveux vaso-constricteurs.

Lutte inconsciente contre les causes d'échauffé ment. — Les causes de

refroidissement ont toujours leur siège en dehors del'organisme, et agissent d'ordinaire en premier lieu sur la peau .: elles provoquent alors, par voie réflexe, une augmentation de la thermogénèse, et une diminution dans les pertes de chaleur. Les causes d'échauffement agissent par un mécanisme tout différent : et d'abord elles siègent d'ordinaire à 1 intérieur même du corps. Il est rare en effet que la température extérieure s^tève-au-d^àde

Fig, 111. — Courbe représentant en calories la production de chaleur par kilogramme-heure aux différentes températures extérieures comprise entre -f 8* et + 29'. Quinze expériences (Ansi aux. Arch. Biol. XI. 1889.)

-\- 38", qui est la température des organes internes. L'organisme est

fréquemment menacé d'une élévation de la température interne, parce qu'il

y a production de chaleur exagérée, comme dans le cas -le mouvements

musculaires violents, ou pendant la digestion d'un repas copieux. En outre,

dès que la température de l'air dépasse notablement + 25" (été, pays

chauds), la température interne de l'homme (habillé) tend à s'élever, et

augmente généralement de quelques dixièmes de degrés (J. Davy) ; il y a

donc également, dans ce cas, accumulation de la chaleur produite dans le

corps, celle-ci ne parvenant pas à s'échapper au dehors, au fur et à mesure

de sa production. La plupart des physiologistes admettent que l'organisme

des animaux à sang chaud lutte contre les causes d'échauffement : 1° en

^restreignant la production de la chaleur interne (diminution dansTâT

consommation d'oxygène, et dans la production de GO^) ; 2° en augmentant

les pertes de chaleac (iLlitation des vaisseaux cutanés, évaporation de reairgTIxrsuriaces cutanée et respiratoire).

J'ai démontré (1S82), en aie basant sur les chiffres de mes propres expériences et en utilisant ceux des expériences de Voit et de Page, que la ressource de la variation inconscieiite dala tlier.nogéuèse (indiquée ci-dessus au V) fait complètement défaut à l'hom.ne, dans sa lutte contre le chaud. Si la température extérieure monte, si elle dépasse + 20" à 4-25", la proportion de carbone brûlé dans l'organisme ne baisse pas, elle s'élève au contraire ; cette augmentation dans l'énergie des combustions interstitielles, vient donc s'ajouter aux autres causes qui mettent en danger la constance de la température interne. Pour lutter contre le chaud, l'organisme en est uniquement réduit à user de la seconde ressource, qui consiste à augmenter les pertes de chaleur par rayonnnement et par évaporation. Les recherches calorimétriques de Rosenthal et d'ANSiAUx (1899), celles de Falloise sur la respiration, ont conduit aux mêmes conclusions, La courbe de la production de chaleur en fonction de la température extérieure présente un minimum voisin de -\- 20° (voir fig. 111).

Accélération de la circulation cutanée. — Toutes les causes qui tendent à élever la température du corps, ont pour effet de produire une dilatation générale des vaisseaux de la peau. De cette façon, une plus grande quantité de sang circule à la surface du corps, se refroidit au contact de l'air (dont la température est, dans l'immense majorité des cas, inférieure à celle du corps), et retourne ensuite rafraîchir les parties profondes.

La dilatation des vaisseaux, qui survient dans ces conditions, est bien plus considérable que celle qui suit la simple paralysie des vaso-constricteurs; il faut donc admettre une excitation des vaso-dilatateurs. De quelle nature est cette excitation? S'agit-il d'une action réflexe, prenant son point de départ dans une irritation périphérique des nerfs sensibles de la peau ? ou bien la chaleur agit-elle sur les centres nerveux par l'intermédiaire du sang surchauffé ?

Il est probable que l'action de la chaleur est complexe, et que l'activité des centres vaso-dilatateurs est en partie réflexe, en partie automatique. Un grand nombre de faits prouvent qu'une élévation de la température interne du corps suffit à provoquer la dilatation énergique des vaisseaux cutanée, quel que soit le degré de température de la peau. L'ingestion d'aliments ou de boissons chaudes, le travail de la digestion, l'exercicj musculaire, la respiration d'un air surchauffé constituent des causes internesd'échauffement, n'agissant pas par l'intermédiaire des nerfs cutanés et amenant cependant la rubéfaction de la peau. Luchsinger coupe la moelle en travers chez un joune chat, de manière à isoler l'arrière-train du reste du corps au point de vue nerveux ; il sectio'nne également toutes les racines sensibles de l'arrière-train. Dans ces conditions, les pattes

poitérii3ares, quoique! iiisensibles, sont le siège d'une dilatation vasculaire poussée à rextrèin3, chaque fois que l'on éehaulTe fortement le sang de l'animal.

Sécrétion de la sueur. — Bevjamin Franklin et Blagden montrèrent la grande i nportance que présente l'évaporation de la sueur à la surface du corps, comme moyen de refroi lissement. L'eau enlevée à la peau par évaporation absorbe en elïet, pour passer à l'état gazeux, une quantité considérable de chaleur. Un gramme d'eau liquide à -\- 38», température moyenne du sang, absorbe pour se vaporiser environ 580 microcalories, c'est-à-dire la quantité de chaleur nécessaire pour élever d'un degré, la température de 580 grammes d'eau (à -{- 4°). L'évaporation de 10 grammes d'eau sutlirait donc pour abaisser de plus d'un degré la température d'un chien de 5800 grammes, ou pour contrebalancer les elTets d'une action calorilique tendant à produire un échauffe ment de plus d'un degré (la capacité calorilique des tissus vivants étant inférieure à celle de l'eau).

Blagden iiitroduioit dans une étuve chautitee à-f- 113'', deux, vaisseaux remplis d'eau. Dans l'un d'eux, une couclie d'huile empècliait l'évaporation : l'eau de ce vase, antra en éLullition, tandis que celle de l'autre vase marquait seulement -|-G0'*. Nous devons à Delauoghe et Berger (180(3-1810) une expérience encore plus intéressante. Uu lapin et un Alcarazza (vase poreux, destiné à rafraîchir l'eau par évaporation;, reaipli d'eau à -f- 38'^, furent introduits ensemhle dans une étuve, dont la température oscillait entre -|- (iO'* et -\- Ql^. Lorsque le lapin mourut, VAlcarazzaetliû avaient à peu près perdu la même quantité d'eau par évaporation. La température du lapin dépassait àa 2". 5 colle de VAlcarazza.

A mesure que la température interne s'élève, la production de sueur augmente d'importance, ainsi que son évaporation. Le rafraîchissement qui en résulte permet à l'homme de vivre, pendant quelque temps au moins, dans un milieu (air sec) dont la température dépasse celle du corps.

Pour faire face à cette déperdition de liquide, l'organisme introduit par la bouche une plus grande quantité de boissons : car un 3 sueur abondante épaissit le sang et produit uu vif santiment de soif. La température extérieure sart ainsi de régulateur à la quantité d'eau bue, et destinée à remplic^r celle qui a été éliminée par évaporation, à la surface de la peau.

Accélération de la respiration. — Agkerman, puis GIoldstein et Gh. Righet, ont appelé l'attention sur l'accélération delà respiration (p 'lyptiée thermique de Gh. Righet; qui se produit sous l'influence d'une élévation de la température. 11 s'agit ici également d'une action directe de la chaleur sur les centres nerveux qui président aux mouvements respiratoires. L'accélération de la vantilation pulmonaire contribue à rafraîchir l'organisme, par le contact de l'air relativement froid du dehors, mais surtout par l'évaporation d'une plus grande quantité d'eau k la surface toujours humide de l'appareil respiratoire.

Gha-rles RiGaiir a montré la gr.iii le importance que présente la ventilation pulmonaire chez le chien, dans la lutte de l'organisme contre les causes d'échauffement. Un chien qui respire ljJbLr5meiit^j>eivtsupporter i.npunémeut la radiation solaire la plus intense, sans que sa température interne monte sensiblement, tandis qa'un obstacle relativement léger à la libre entrée de l'air dans les pou.nons (muselière un peu trop serrée) suffit pour rompre l'équilibre de température et pour amener dans ces conditions un échauffement interne de plusieurs degrés.

Résumé (^). — C'est l'impression du froid sur les nerfs sensibles de la peau, qui sert de régulateur, de stimules dans la lutte inconsciente contre le froid. Cette action périphérique du froid met en jeu, par voie réflexe, l'activité de mécanismes nerveux, dont la fonction consiste à augmenter la production de chaleur (centres nerveux à la limite de la protubérance et de la moelle allongée; et à diminuer les pertes de chaleur (centres nerveux vaso-constricteurs). La régulation s exerce ici préventivement et avant tout abaissement de la température centrale.

Dans la lutte contre le chaud, c'est principalement l'élévation de la température du système nerveux central (et accessoirement l'action de la chaleur sur la peau), qui sert de régulateur. Cette action directe de la chaleur, provoque l'activité automatique des centres nerveux, dont la fonction consiste à augmenter les pertes de chaleur (centres vaso-dilatateurs, sudoriûques et respiratoires). Dans ce cas la production de chaleur augmente, au lieu de diminuer. La régulation s'exerce ici le plus souvent curativement, c'est-à-dire alors que la température intérieure a déjà commencé à monter.

(1) LÉON Fredericq, Infl. syst. neiw sur la rég. detemp. Arch. Biologie, 1882.

La digestion a pour but de réparer les pertes subies par l'organisme et de lui fournir des matériaux pour son accroissement. Les substances alimentaires brutes, introduites dans le tube digestif, y subissent des modiiicalions profondes dans leur constitution physique et chimique. Les particules nutritives sont transformées el liquéfiées par l'action de sucs digestifs, de manière à pouvoir être incorporées dans les humeurs de l'organisme, c'est-à-dire absorbées par le chyle et le sang. Le sang se charge alors de les répartir entre tous les organes, suivant les besoins de chacun; l'excédent est détruit [consomption de luxe), ou mis en réserve dans certains lieux de dépôt (tissu adipeux, foie, etc.).

La digestion comprend donc uae série d'actions chiiniques exercées par les différents sucs digestifs sur nos ali.nents. Les recherches de Pawlow et de ses élèves ont montré que le travail de chacune des glandes digestives est mis en jeu par des excitants spécifiques, dépendant de la nature des aliments introluits dans le tube digestif. Le contact des aliments, ou de leurs produits de transformation, avec les muqueuses digestives, agit d'une façon éLctive sur les terminaisons des nerfs centripètes de ces muqueuses, et provoque, par voie rédexe, des excitations de sécrétion également spécifiques, d'où des phénomènes d'adaptation d'uns

(1) TiEDBMANN et Gmelin, Die Verdaaung 1826-1827; Bidder et Sciîmidt, Die Verdautinffssafte ; Cl. Bernard, Leçons sur les propr. physiol., 1859 ; Sciiiff, Leçons sur la physiologie île la difresiion ; Hoppe-Seyler, Physiologische Cheinie, Verdaunng, 1878 ; C. A. Ewald, Die Lehre •^on der Verdauung, 1876; Heidenhain, Alysonderungsvorgange el Malv, Verdaunngssàfte, duas le Handbuch de Hermann, 1880, V" Ed., I; Gamgeb, Clieinistry of Digestion, 1893 ; Pawlow, Le tra<.'aU des glandes digestii'es, trad. Paghon et Sabrazès, 1901, et Engebn. der Physiol. 1902, I ; Noll, Verdaunngsdrusen. Engebn. der P/iysioh, 1905, IV ; Weinland, Cohnheim, Pawlow, Overton, Leber, Verdauung, Résorption da.as Nagei,. Handh. der Physiologie, 1907. O. Cousubim, Die Physiologie der Yerdanung und Erndhrung, 1908. E. S. LoNDON, O. Prym, A. Sciieunert, F. II. Starling, Verdaaung, Résorption dans Oppenheimbr. Handb. der Blocheniie, 1909.

finess 3 remarquable : c'est-à-dire que la quantité et la qualité (richesse en tel ou tel fenneut) d^ chacun îles sucs digestifs (suc gastrique, suc pancréatique, bile), ainsi que la marche horaire de la sécrétion, sont étroitement adaptées à la qualité des aliments. Pawlow a publié de nombreuses courbes, représentant, heure par heure, la quantité de suc gastrique, de suc pancréatique, etc., leur richesse en pepsine, en trypsine, endiastase, en lipase, pour des repas composés de 100 grammes, de 200 grammes de viande, de pain, de lait, etc. L'allure de ces courbes est tout-à-fait typique pour uuj catégorie déterminée d'aliment ; elle varie profondément, si l'on passe d'un aliment à un autre. Les variations de ces courbes se produisent chaque fois avec la plus grande régularité. Dans beaucoup de cas, il est possible de se rendre compte de leur utilité. C'est ainsi que les aliments (pain) contenant de l'albumine végétale, plus ditlicile à digérer que l'albumine animale (viande), provoquent la sécrétion d'un suc contenant beaucoup de pepsine, mais peu d'acide.

En résumé, les glandes digestives fonctionnent, au cours de la digestion, comme des êtres intelligents, qui approprient, dans chaque cas, leurs efforts au but physiologique à atteindre.

Les influences dont il vient d'être question, produisent leurs effets immédiatement ou tout au moins après un délai de peu de durée, au cours même de la digestion considérée. Mais Pawlow a constaté, de plus, une influence à longue échéance, exercée par lesâliments sur la nature des sucs digestifs. Des modificatons longtemps prolongées du régime alimentaire déterminent un changement progressif, lent, mais permanent, dans la composition du suc pancréatique. Chez un cliien nourri d'abord de pain et de lait, et soumis tnsuite pendant un certain temps au régime Carnivore, on constatera de jour en jour une diminution progi-essive de la diastase du suc pancréatique, marchant de pair avec une augmentation de la trypsine.

Les expériences de Pawlow ont montré qu'à chaque aliment correspond un travail digestif uppi'oprié; ell^s tendent donc à prouver aussi que lorsqu'un mode d*'al:imenlation" est continué pendant longtemps, il s'établit une adaptation des glandes digestives à ces aliments-là, une espèce de type déflni de la sécrétion, type plus ou moins fixe, qui ne se laisse modifler que lentement ei progressivement, C'est peut-être là l'explication des troubles digestifs qui peuvent se présenter lorsqu'on change brusquement les conditions de l'alimentation.

Dans le môme ordre d'idées, Georges Weiss (1901) et Fhédéhic HouSSay (1901) ont constaté que le régime alimentaire pouvait apporter rapidement des modiflcations importantes dans la structure des organes de la digestion des aninaux. Pasteur avait émis l'idée que les bactéries de notre tube digestif jouaient, comme chez certains végétaux, un rôle indispensable, ou tout au moins très utile à la nutrition. Xuttal et I'hieufelder (1895-90; ont réussi à extraire aseptiquement de l'utérus maternel, par la section césarienne, le jeune cochon d'Inde à terme, à l'introduire dans une enceinte stérilisée, où il respire de l'air stérilisé et est. nourri, soit au moyen de lait, soit au moyen d'ali nents végétaux exeiupts de bactéries. L'animal supporte parfaite.uent ce régime, démontrant ainsi que la vie extra-utérine est possible, sans l'intervention de bactéries dans le tube digestif (asepsie vérifiée à l'autopsie). (Contesté par Sghottelius, 1899). D'ailleurs il est établi que les animaux sauvages des régions polaires ont le

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coûtenu (lo l'iiitoitiii parfaite tnaat aseptique, et <iad, par cottâéqueut, la digestion et la nutrition s'elfectueat chez eux en l'absenoe de bactéries (Levin, 1899).

Nous étudierons successiveuieut les aliments et les effets de leur privation, les phénomènes chimiques de la digestion (action de la salive, du suc gastrique, de la bile, du suc pancréatique et du suc intestinal sur les aliments), les phéno;nènes mécaniques de la digestion, et enfin l'absorption des produits de la digestion.

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