‹ Èléments de physiologieChapitre 101 sur 190 · CONTRACTION MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

CONTRACTION MUSCULAIRE

moscles lisses dont les contractioDs sont démesurément longues. (Voy. plus bas.)

Si deux excitants agissent l'un après Tautre assez rapideifnent pour que la contraction occasionnée par le premier n'atteigne pas le maximum de rétraction avant l'effet du second, mais ait déjà dépassé le stade de l'excitation latente, la contraction qui résulte de leurs deux actions est beaucoup plus forte. L'effet du second excitant est dans ce cas le même que si le raccourcissement atteint par le muscle, au moment où cet effet se déclare, était son état naturel (Belmholtz); comme on le comprend facilement, le maximum de rétraction peut alors se doubler si les circonstances sont favorables, c'est-à-dire si le temps qui s'écoule entre les deux excitations est égal à la durée de la simple convulsion jusqu'à son maximum.

Si le muscle subit à de très-courts intervalles l'efiet d'une série d'excitants, il n'a pas le temps de s'étendre de nouveau entre deux d'entre eux, et conserve sa forme rétractée pendant toute la durée de la série ; cet état porte le nom de tétanos. Toutes les contractions musculaires de quelque durée peuvent être considérées comme tétaniques, c'est-à-dire elles sont produites par une série d'excitations rapides et successives (Ed. Weber) ; et ce qui le prouve, c'est qu'elles sont accompagnées d'une série de changements négatifs de courant. En effet, si l'on courbe en demi-cercle le nerf du muscle excité sur UD autre muscle, le nerf reçoit une série d'excitations et le second muscle tombe en tétanos secondaire (Du Bois-Reymond) ; on le reconnaît aussi aux phénomènes du bruit musculaire : quand un muscle par trop petit (chez l'homme, par exemple) est à l'état de tétanos, on entend, au moyen d'un stéthoscope, ou en y appliquant l'oreille, un léger bruit qui prend un ton particulier, le bruit ou le ton du muscle. (WoUaston.) I.e nombre de ses vibrations, quand on emploie des courants d'induction pour amener le tétanos, est é^al au nombre des excitations par seconde. (Helmhoitz.) Comme des muscles tétanisés expérimentalement rendent un ton déterminé et régulier (19,5 vibrations par seconde), le nombre des excitations (partant des organes moteurs centraux) dans le tétanos pathologique doit être par conséquent de 19,5 par seconde.

Pour tétaniser un muscle, le meilleur moyen est de produire des excitations répétées, par exemple en ouvrant et en fermant sans cesse un courant électrique. (Voy. le chapitre suivant.) Il est des cas où il est fort utile de tétaniser le muscle ; ils se présentent principalement quand il s'agit d'étudier certaines propriétés du muscle actif, dont le

i<)2 DES MUSCLES STRIÉS.

développement ne peut être obtenu par une simple contraction, telles que les modifications chimiques, la formation de chaleur, les courants négatifs sur le multiplicateur dont l'aiguille inerte n'obéit pas à une seule impulsion rapide, etc.

Le premier bruit du cœur est aussi très-probablement un bruit musculaire de hauteur ordinaire (Natanson, Hangton); la systole du ventricule devrait être dans ce cas une contraction tétanique. On entend très-bien sur soi-même le bruit musculaire, surtout la nuit, si Ton se bouche les oreilles avec de la cire à cacheter et que Ton contracte les muscles masticateurs. La hauteur du ton musculaire avait é(é estimée d*abord de 56 à 40 vibrations (Natanson, Hanghton Helmholtz) ; mais depuis qu'on a réussi à la déterminer plus exactement (voy. plus bas), ce chiffre est descendu à 19,5 vibrations, de sorte que le ton perceptible est le premier ton supérieur du ton fondamental dans le bruit musculaire. On peut constater que la banteor du ton dépend du nombre des vibrations , en électrisant jusqu'au tétanos son propre masséter, au moyen d*un appareil d'induction fonctionnant de lui-même et placé dans une chambre autre que celle ou Ton se trouve; le ton est chaque fois égal au ton du ressort de l'appareil. (Helmholtz.) Le nombre de vibrations propres d'un muscle tétanisé par l'action d'un organe central a été comparé au bruissement sourd qui s'échappe d'un animal amené h l'ètit tétanique par l'irritation électrique de la moelle épinière (Du Rois-Reymond) ; la hauteur du ton est ici indépendante de ceik» du ressort de l'appareil. 11 est facile d'entendre le bruit musculaire dans les muscles d'une grenouille si, après les avoir chargea» M les suspend au bout d'une baguette que l'on se met dans Yi qu'alors on les tétanise. Les vibrations deviennent Tiaiblet' les transmet par résonnance à un ressort d'un nombre ègal:< lions. (Helmholtz.) " <rrj

Quand on met en activité par un excitant une portion d'un muscle ou d'une fibre musculaire, cette activité se sitôt sur toute la longueur de la fibre. (Kûhne.) La vitesae ditéllts propagation atteint pour les muscles de grenouille enidnMi SU i 1,200""" par seconde (Âeby) et diminue avec l'abaissement deit température. Au microscope, on voit la contraction parcourir sous forme d'une vague la surface du contenu liquide de la fibre musculaire. (Kûhne.) En même temps les stries transversales se rapprochent les unes des autres (Ed. Weber) et deviennent aussi plus minces, parce que les groupes biréfringents se raccourcissait dans

COHTRACTION MUSCUUIRE. S03

la direclion de l'aie longitudinal. (Brûcke.) Les courbures et sinuosités des fibres en repos disparaissent i l'ëtat actif. (Ed. Weber.) — Quand l'excitabilité du muscle a diminué, par fatigue, par eiemple, la contraction reste bornée à la. place directement excitée, et principalement dans le cas d'une forte eicitation mécanique, il s*; forme, à la suite de la rét^ction et du grossissement , une saillie depuis longtemps connue, et A laquelle, pour des raisons qui n'ont plus de valeur aujourd'hui, on a donné le nom de contraction idiomuacu/oire. (Schiff .)

Ce gonflement est aussi produit par une forte excîtalion locale mécanique, en même temps qu'une contraction générale de toute la fibre, mais celle-ci est plus faible (dans le cas, par exemple, d'un coup violent sur le bras) (1).

(1) La méthode graphique a rendu de gnodt aaïka pour l'itui» de li cod- IràeÛoa mutculiire. Helmltolli, le premier, ■ construit ua myograpbe, et, depub, Mt iMtninKDt a été modifia pu- plusieurs «ateurH, Talentin, Fiek, etc. Celui OMutmit p«r H. Harey semble donner les indiccUons le» plus.prédseï;' C«ct 1 ion Iravail [mi motnement dam le$ fonct'unu de la vit. Genner-BdlUère , tditmr. ■■arii, tSOS) que nom empruntons l'eipUcation des flgures et lea figuras que nous doonoos dans cette note.

La contraction musculaire, ou ce que >. Harej a appelé la aeconaie nnucaUre, cDregMrée au rojo^sphe, présente une forme très-siinple : elle se compose tou- ' jour* d'une ascension, d'un lomniel et d'une descenie, cette dernière étant la plus Inogue. SuiTsni I espèce animale, la secousse musculaire est très-difTérente au point de tue de sa durée. Ainsi elle est moins rapide cbei un animal à sang rt-oid.

Cbei un même animal, tous les muscles ne produisent pas des moure identique*, même pour les muscles striés. Les dilTérenccs d'amplitude des ir

Fig. îî.

méats .tiennent en «raiide piirtie à la longueur deia fibres musculaires. Ij ligure ÏS reiH-ésente le graphique du muscle hjroglos!« d'une grenouille.

La première secousse est obtenue avec un excitateur électrique dont les pAlea sMil diataola de 2 millimètres. En ëcartsut les deux branches d'un ceotimétre le muscle est tnrersé par le courant dan* une plus grande kngueur, et l'on ob-

su DBS MUSCLES STRlBS.

c. — Formation de chaleur.

Pendant l'actWilé, le muscleexcisè, aussi bioi que le muscle TÎvanl, devient plus cbaud que lorsqu'il était inactif. (Helmhollz, Béclard.) I) se forme donc de la chaleur pendant J'activitê, ou bien celle qui existait dans le muscle au repos est alors augmeatée.

La preuve de cet ëchauffement, qui ne réussissut d'abord que sur le muscle tétanise, a ètè obtenue récemment su moyen de quelques

lient ti secousse ! déjù beaucoup plus forte que la prtcédoite. B 3 centimètres donne li secousse 3. EnCn, si le muscl« est Xnient par le tnamt d'une de ces citrémit^s i l'autre, on a la secousse 4, U plut tievie de UMtn. L'énergiedr lacnnlrorlion est proportionnelle il \'i-\

iL'l In ciiiilracltotl H

'aiiipUlude. bMMlî

l'excitation a ugmc[ileei . ~~

gie; ces fan> i'css>rlenl dn |

plùque repri!'

chifTres 0, :.00. IIHM). ptccomptb sur l'atMcU»} Iniliiiiiriit l'jnlcn-ili' des Gicitants électriques eniplo;h.

Les cliangemenu de l'amplitude de la secousse sous l'inDuenoe de ce* s auginenlc d'abord avec leur intensité, puis reste  un ouKimiun qu'rik lie peut di^passer quoique l'intensité des eicilants vienne à augmenter.

/ji fatigue mutculeire modifle la secousse et lui donne plus de durËe. tl y i diminution d'amplitude, iii*is atlongemmt de la ligne qui indique la aeoHUte; cet allongement iwrte sur toutes les péi-iodcs, nussi bia) sur celle d'ascenuon nae sur cdle de desôente. Les mteies phéaoïiiènes sont trta-marquéi duu deox n i.onditions, qui, par leur influence, prodniiei

ng. n.

du innscli'. ou qui mémo les oaftèrent encore, ta Taiiguc musculaire exiUelwni|ue l'i^lHt cliiinii|nc du muscle allérù pnr le li-av>il accompli, n'a pM été *réparè par la iiulrition. Oi* te rroid et, encore plu« que lui, la ligature de l'artfcv enip'Vhenl |p muscle de ae nourrir ; aussi le ftripliiqiic obtenu dans et itfTre )>eaucnup'(l'aiialD|[ie. liir. U i-l '£<.)

COHTRACnON MUSCULAIRE. 3S»

ons. (Hcid^nhain.) On y arrive par voie Ihermo-ékectrique, nt une soudure ou une série de soudures en contact avec le i en tenant les autres à une température constante (il suffit 'un contact avec un second muscle qui reste en repos). On it d'abord des éléments en forme d'aiguille que l'on enlon- I le muscle ou au travers, suivant que la soudure se trouvait mité ou au milieu. On se sert aujourd'hui de piles composées léments de bismuth et d'antimoine) dont une série de souappUquèe au muscle (Heidenliain); la chaleur formée atteint

t Mcouttea, pour la figure 35 où l'artirs d'un des muscles « été liée,

I ti infime origine; mils celle de la pstle, qui t conserré sa circuUlion,

uKOup plus haut que celle du tùtè oppoié. On voit en ou^ que lea

tfhibUes que dnnne le membre dépourru île circulation sont plua lon-

odlw du côté siin; leur ligne de descenis croise toitionrs celle dM

taoniln par ce dernier.

or produit l'efTet inverse du froid et hit disparaître l'allongement de la

■MColalre, lorsque cet alloiigenimt ciiste.

lODe combien est erronée l'opinioD qui veut que le froid soit nn eicitant

.W.— influence de li chilaur wr an Riuvle pataliUrnwnt

musculaire*, tandis que la chaleur aurait, su contraire, pour effot d'nlconlractilité musculaire. Bt cependant, nn répète cmslamment que le

Mt DBS lUSCLBS STBifeS.

dans Ifls nuscles de grenouille, après quelques convulsions, deO.OOl

k 5,005' cenl., pendant le tétanos jusqu'à 0,1 5* cent.

Sur les rapporta de la formation de chaleur avec le travail m^r»nique et là circulation matérielle du muscle, voyet plus bas.

d. — Grandeurs de* re'tidtaU de l'activité mtucidaire; leur» rapport» entre elles et avec la circulation matérielle.

1. Réntltat maximum. — LecRS le plus simple est r«lui dansleqiH le plus de Torces possible sont mises en liberté par la plus forte «• citation possible.

tkroid filt coDiricter le« flbres musculaires des uiérioles et que 11 chileor \tf rellche, les paralyse.

n est presque inutile d'ajouter, que lorsque la chaleur est poniito i n kMl àegri, i 40 degrés ceDtigndea ou plus, elle dlinlnne l'ampHtode et amÉM lae fcrtr déflnitiTC de la contractilité.

On détermiDe le tétanos en em|il(ijant une fusion conpUto de aecniMM^Keulaires meeeaaiTCi. En se «errant de la """•'■■"* d'itwood, qui donne nn ■•«•■ ment tmiformément accéléré, on peut idilenir, d'aprta une dispouUon pmknUtra. de* couranta électrique* qui u auccUent de plus en plus npideBMtit. D se jnduil dans ce cas le graphique représenti^ ligure !7. Les secousses aonl d'yard

it séparées, roaii leur succession derenant graduellement plus itfilf. nn les toit disparaître complÉlemfiit au point C. Alors le tétanos est produit. Oii volt purfuilcmenl sur eelte dgure qu'^ un certain degré de Tréquence, toute vtirtliiiri disparaît dans le graphique, uiais que l'élévaiioii de celui-ci continue enmn' comme auparavant, attestant que les secousses invisibles continuent i s'ajoulrr paitiul"

COîîTRACTION MUSCULAlHE.

nit se représenter les changements mécaniques dans le mus- 1 passage à l'état actif, comme si, sous Tinfluenoe de Texciles modifications chimiques qu'elle amène, il tendait à passer •me AB qu'il a au repos à une forme naturelle Xb qui se disle la première par une moindre longueur, une plus grande T et une élasticité plus faible (fig. 7). Quand le muscle passe enneformeàla S c'est comme été tendu au ta longueur nade cette derl il s'empresse nir grâce à des Hagtiques. La hose arrive si, repos, il était ir une charge, Qt il acquiert ■Ht la longueur B obtient en bC la forme acdile par cette

Fig. i8.

tl4 différence des deux longueurs est chaque fois la hauliatkm, et le produit de cette hauteur par le poids soulevé irtUil du muscle. La simple réflexion, et surtout un coup I mat la %ure 28, montre que si l'extensibilité du muscle IfNnicoup plus grande que celle du muscle en repos, la hau- Ration doit diminuer à mesure que la charge s'accroît, pas- Ifero et enfin devenir négative, c'est-à-dire qu'une certaine II. peut plus être élevée, et que si elle était plus grande, le Ht lieu de se raccourcir, s'allongerait. Soit AB la longueur |4iu muscle en repos. Si l'on se représente certaines Charles comme abaissées sur l'axe BD et les élargissements qui Mpondent en dessous comme ordonnées, BC est la courbe (1) lement du muscle en repos, et kfi^, A,B|, etc., les longueurs le qui correspondent aux charges hd^, Bd^, Bcl^, etc. Si AB as la longueur naturelle du muscle actif (pour une certaine II), et que son élasticité soit un peu moindre que celle du

) courbe, qui dans la réalité est à peu prés une hyperbole, est ici reprenne une ligne droite, pour plus de simplicité.

muscle en repos, sa courbe d'élargissement hc sera plus inclinée que Bc et coupera celle-ci en un point (B,). Or, puisque k^^^ Kjb^y etc., sont les longueurs du muscle actif chargé, les espaces B|fr|, B,fr,, etc., entre BC et frc, sont les hauteurs d'élévation. On voit immédiatement qu'elles deviennent de plus en plus petites, sont égales à zéro enB|, et deviennent négatives (en B^fr4); ici Ton a un allongement au lieu d'un raccourcissement (A4B4 devient A^tJ. — Les travaux que le muscle accomplit, avec ses différentes charges, sont les produits des abscisses Bcf|, B(i„ etc., et des hauteurs d'élévation. On trouve facilement que ces produits en B et en 6, égalent zéro« et qu'ils sont les plus grands vers le milieu (à la moitié de la charge Bd, qui ne peut plus être élevée); au delà de B, ils deviennent négatifs. Ils peuvent être représentés par la courbe BS (1).

Des faits nombreux concordent parfaitement avec cette représentation : la diminution facile à constater de la hauteur d'élévation à mesure que la charge augmente, la hauteur d'élévation négative quand les charges sont trés-fortes (Weber), et de plus d'antres phénomènes dont il sera question plus loin.

Pour les muscles de même constitution et d'in^ale. grandeur (chei le même animal), les rapports s'établissent très-facilement. A son maximum d'activité, un muscle peut élever à la même hauteur une charge d'autant plus forte que sa section transversale est plus grande, et élever la même charge à une hauteur d'autant plus grande qn'il est lui-même plus long. La preuve en est très-simple : qu'on se fignre n muscles égaux dont chacun élève une unité de poids à une unité de hauteur, suspendus parallèlement les uns très-près des autres, il en résulte un muscle d'une section transverse n fois plus grande qui élève à l'unité de hauteur un poids n fois plus fort. Si on les suspend au contraire les uns aux autres dans le sens de leur longueur, et que l'on attache le poids à celui qui se trouve à Textrémité inférieure, il en résulte un muscle d*une longueur une fois plus grande qui âéve l'unité de poids à n fois la hauteur première. On peut représeirter ces lois par des dessins pareils à celui de la figure 28, si Ton n'oublie point que Textensibilité d'un muscle est en raison directe de sa longueur et en raison inverse de sa section transversale.

Le maximum de travail accompagné de la plus forte excitation serait la mesure la plus naturelle pour le maximum de forces vives,

'H 1.08 courbes dV'largissement ont de fait une autre forme, et le maximum de travail se trouve non au milieu, mais plus en avant; de plus le U*avail du muscle non chargé n'égale pas xéro, puisqu'il élè\e son propre poids. — H.

CONTRACTION MUSCULAIHE. 26U

|ui peuvent être mises en liberté dans ]e niuscle, dans le cas de la )las haute excitabilité et de Texcitation la plus forte. Mais comme le naximum de travail est une quantité qui dépend de la quantité de a charge, on préfère déterminer à sa place une autre quantité qui >orte le nom de force musculaire absolue. On choisit pour cela le K>ids qui peut tenir exactement en équilibre les forces de rétraction

10 muscle arrivées au maximum, c'est-à-dire la charge que le muscle le peut plus élever, même sous l'action des plus forts excitants (et pn correspond par conséquent à l'abscisse Bd, dans la figure 28). Weber.) Cette force absolue, étant exprimée par un poids, ne lépend naturellement que de la section transverse du muscle, et on mdique ordinairement suivant l'unité de surface de la section transerse. Pour i centimètre carré de muscle de grenouille, elle atteint DYiron 692 grammes (Weber) ; pour la même surface d'un muscle nmain, elle varie entre 6,000 et 8,000 grammes. (Henke et Knorz.)

La détermination de cette force chez l'homme peut s'effectuer de I façon suivante (Weber) : quand on s'élève sur les orteils, ou mieux ir les os du métatarse, les muscles du mollet agissent par le ilcaneum sur un levier à un seul bras dont le point d'appui se trouve irtre les os du métatarse et le sol à la place de contact. Le poids du Drps agit sur le point où sa ligne de gravité atteint le pied (voy. l'Ap- Bodioe); si maintenant on charge le corps avec des poids, jusqu'à ce d'il soit impossible au talon de quitter le sol, la force absolue des macles du mollet est égale à la valeur de la charge (le corps -4- les oids) divisée par la longueur de leur bras de levier; il sufQt ensuite e réduire ce poids à l'unité de surface de la section transverse. —

11 obtient la section transverse moyenne d'un muscle en divisant son dunie par la longueur (le vol. = le poids abs. divisé par le poids lèdflque).

Pendant le tétanos aucun travail mécanique ne se fait en appaance, car aucun poids n'est élevé ; celui qui est élevé déjà est simement maintenu. Hais comme l'état tétanique est accompagné d un ircroit de circulation matérielle, et que la formation de chaleur i peut représenter seule les forces devenues libres, on doit admettre le le muscle tétanisé produit réellement un travail mécanique, daque le poids tombe toujours un peu et se trouve constamment levé. Ce va-et-vient étant presque imperceptible (ne s'exprimant le par le bruit musculaire), il serait impossible d'expliquer d'une aniére satisfaisante par ce travail mécanique la consommation des atières ; on admet donc encore que le muscle dans l'intervalle ex-

270 DES MUSaES STRIÉS.

trèmement coait de deux contractions, perd toute sa tension ^ la regagne avec la même rapidité, ce qui rend nécessaire une consommation matérielle considérable.

La formation de chaleur dans le muscle actif n*est point complètement indépendante du travail mécanique ; elle n'en dépend point non plus de telle sorte, que ces deux genres de résultats se complèteol l'un l'autre pour former une somme constante (comme on le croyait d'abord); elle augmente en général avec le travail mécanique, c'està-dire jusqu'à une certaine limite, avec la charge. (Heidenliain.)Geci est également vrai pour une simple convulsion, coaune pour le tétanos.

La somme totale des forces rendues libres dépend donc simpkment de la tension du muscle. En conséquence, la consommation matérielle dans le muscle (l'excitation restant égale) doit aussi dépendre de la tension, et on le voit par le fait, quand on examine les quantités d'acide produites. (Heidenhain.)

On ne sait encore rien sur le rapport du changement nègitif de courant avec la formation de chaleur et le travail mécanique. Cediangement est compris dans le stade de Texdtation latente (Helmholtx) d ne prend pour lui qu'un temps très-court (environ 0,001 de seconde). (0. Bezold.)

2. Résultats au-dessoiis du maximum. — Les hauteurs d'élévation et les travaux se comportent dans le cas de chaque excitation constante, comme dans le cas d'excitation démesurée qui a été décrit jusqu'ici. Mais si l'on varie la force des excitants, l'activité musculaire se présente à des hauteurs de degré différentes, c'est-à-dire la nouvelle forme naturelle que le muscle tend à prendre, diffère d'autant moins pour la longueur et l'élasticité de la forme qu'il avait au repos, que l'excitant est plus faible. On ne sait pas encore d'après quelle loi la force des excitants agit sur la force de l'état actif; on prétoid qu*à mesure que l'excitation devient plus forte, l'état actif augmente avec une vitesse décroissante (L. Hermann); mais on prétend aussi qu'il grandit avec une égale vitesse, depuis zéro jusqu'à une certaine limite au delà de laquelle il reste constant. (A. Fick.)

Voici les méthodes dont on se sert pour ces déterminations : on mesure la force d'excitation qui est nécessaire pour que le ronsde atteigne une énergie déterminée (cette énergie est mesurée par 1'^ vation minimum d'un excès de charge) — (L. Hermann) ; ou bien un mesure les hauteurs d'élévation dans le cas où la charge reste constante, tandis qu'on fait varier la force des excitants. (Fick.)

CONTRACTION MUSCULAIRE. 27i

Si, pour chaque degré de changement de forme, le changement lectriciié correspondant était connu, on pourrait, comme dans la are 28, construire pour chaque cas la courbe d'élargissement du I8cle actif et déterminer ainsi la hauteur d'élévation pour chaque ds et chaque degré d'activité. Mais ces rapports sont inconnus et déterminations des hauteurs d'élévation, alors qu'on connafi la irge, ne permettent pas non plus de tirer des conclusions sur la me naturelle qui revient à l'état d'activité correspondant. — Bien on ne puisse construire a priori les courbes d'élargissement du iscle en activité, la figure 28 montre cependant que la ligne hc doit pprocfaer d'autant plus de Bc et être d'autant moins inclinée contre que l'état actif est moindre et que l'excitant est plus faible. Les Gbences des hauteurs d'élévation doivent donc devenir d'autant indres pour différents poids, que l'excitant est plus faible, et le 8 faible excitant qui puisse en général agir, doit élever d'un minim aussi bien le plus petit que le plus grand poids ; en d'autres mes, pour élever d'un minimum 1 gramme ou 500 grammes, il t la même force d'excitation — et cette déduction est confirmée par ipèrience. (L. Hermann.)

le ce qui précède, il résulte qu'un même excitant dégage des résul- I très-différents dans des muscles différemment chargés, et ceci qplique en ce sens que le muscle devient par l'effet de la charge nouveau corps doué de forces de tension plus considérables ; cet A doit même s'étendre beaucoup plus loin, puisqu'il en résulté, li qu'on l'a vu, une circulation matérielle plus vive dans le •de.

ht ne connaît pas encore d'une manière bien complète les phéno- Des de l'activité musculaire, surtout ceux qui sont caractérisés le changement de forme, la production de chaleur et l'établisseni d'un courant négatif; il en est de même pour les phénomènes roiques de scission. Toutes les théories étabUes jusqu'ici sont ectueuses.

m formation de chaleur ne dépend pas tout entière des phéno* nés de scission seulement, elle est encore en partie un résultat phénomènes synthétiques d'oxydation. Ces derniers doivent être ompagués d'une mise en liberté de forces, et comme ils ont lieu ai bien dans l'état de repos du muscle que dans l'état actif, qui hit que les augmenter, tout démontre qu'ils doivent être unis à développement de chaleur, il est donc possible que le muscle en M en développe également. On voit d'ailleurs que toute la chaleur

'in DES MUSCLBS STRlfSS.

formée ne provient pas d'eau, puisqu'il s'en forme dans le muscle excisé où l'on n'aperçoit que quelques traces des phénomènes synthétiques.

Sur remploi des muscles volontaires dans l'organisme, voyez Ta^»pendice à ce chapilre, et sur la sensibilité musculaire, voyez la troisième partie.

B. — Les muscles lisses.

Les muscles lisses ou organiques servent aux mouvements lents el moins énergiques des organes dérobés à l'action de la volonté, principalement des viscères. Ils forment presque tous des élargissements membraneux de différente épaisseur (tuniques musculeuses), qui se composent toujours de fibres très-fines suivant des directions déterminées et alternant par couches. Ils sont formés d'éléments allongés, en forme de fuseaux, dont Taxe longitudinal se trouve dans la direction des fibres. Chacun de ces éléments ne parcourt pas cependant, comme dans les muscles striés, toute la longueur des fibres; mais ils se mettent à la file les uns des autres, de diverses manières, par leun extrémités amincies. On les regarde comme des cellules allongées qui contiennent un noyau presque cylindrique ; une membrane (sarcolemme) n'est pas bien constatée. Ils ne montrent aucune trace de stries , mais quelquefois des raies longitudinales ; on les nomme fibres musculaires lisses .ou fibres-cellules contractiles.

Leur examen à la lumière polarisée montre qu'elles contiennent des corps biréfringents mais non disposés régulièrement comme ceux des muscles striés ; ils sont dispersés dans toute la masse, de sorte que la fibre entière parait biréfringente. (Brûcke.)

Les éléments chimiques des muscles lisses sont en apparence les mêmes que ceux des muscles striés. La rigidité cadavérique qui se déclare chez eux aussi pousse à admettre qu'ils contiennent des substances spontanément coagulables. Leur réaction a toujours été trouvée neutre ou alcaline (Du Bois Reymond) ; on ne sait donc pa$ s'il se forme aussi chez eux pendant la rigidité un acide peut-être incapable de dominer l'alcali. Dans les contractions de ruténis la réaction des muscles est acide. (Siegmund.)

Les propriétés des deux espèces de muscles s'accordent également presque en tout, surtout pour les actions électro-motrices; on n'a point encore fait de recherches sur h respiration, la composition pendant l'activité, les rapports d^élasticitè , la formation de cba-

DES CELLULES CONTRACTILES. 2i3

leur, etc. L'activité mécanique des muscles lisses s'effectue également sous forme de rétraction, et d'après les lois déjà décrites, mais avec beaucoup plus de lenteur, de sorte que les diverses périodes (excitation latente, accroissement successif et diminution de la rétraction) peuvent être constatées facilement. Après l'excitation, en effet, il se passe quelque temps avant que la -contraction s'effectue; il se fait ensuite une contraction très-lente , qui se maintient quelque temps au matimum et se relâche ensuite peu à peu.

L'étude des muscles lisses est très-difficile , parce qu'ils n'existent ^1 grande quantité que chez les animaux à sang chaud , et qu'ils perdent très-rapidement leur excitabilité.

Page 1