MOUVEMENTS DE L'ŒIL
MOUVEMENTS I>E i/œIL.
L'œil possède une très-grande mobilité dans la cavité qui le renferme, et l'absolue mobilité de Torgane de la V|ie dans son orbite est encore considérablement augmentée par celle de la tête toute entière. Étant donnée une position du £orps, il devient ainsi possible de fixer des objets dans presque toutes les directions de Tespace, c'est-à-dire de placer l'œil par rapport à eux de telle sorte que leur image tombe sur la fovea centralis de la rétine. La grande mobilité du globe de J'œil provient de la manière dont il est assujetti dans son orbite, n repose notamment dans la couche de graisse de celui-ci comme la tète d'articulatianrd'une articulation sphérique dans la cavité cotyloïde, et peut par conséquent se mouvoir autour d'axes sans nombre. Ces mouvi^ roents de rotation, produits par les muscles des yeux, sont maintenus dans certaines limites, premièrement par les points d'attache des muscles antagonistes, secondement par la résistance du tronc du nerf optique. Le globe de Tœil peut en outre changer jusqu'à un certain point de place dans sa totalité à cause du peu de résistance et de la souplesse des parties qui l'entoi^rent, c'est-à-dire pour nous serfir de la comparaison citée plus haut, que la cavité articulaire est mobile en divers sens. (Ludvirig.)
Le point de rotation du bulbe ne se trouve point, comme on le supposait a priori et comme on l'affirmait après quelques essais (Yolkmann), au milieu de l'axe de l'œil, mais environ à l'»'»,077 derrière ce point dans tout œil normal. (Donders et Doiyer.)
Pour comprendre les changements de position du globe de l'œil ainsi que l'action des muscles , il est nécessaire d'y admettre certaines lignes et certains points fixes dont les changements de position puisent servir de mesure pour les mouvements de l'œil. La construction anatomique de celui-ci fournit une ligne, la ligne visuelle qui passe de la fovea centralis par le point de croisement, dans la direction du rayon principal d'un point que l'on fixe. Cette ligne ne coïncide pas exactement avec ïaxe de la cornée^ c'est-à-dire avec l'axe optique commun passant par le centre des milieux de l'œil ; ce dernier, en effet, coupe la rétine un peu au-dessus et en dedans de la fovea centralis, de sorte que les deux axes forment l'un avec l'autre un petit angle (3,5-7®). A partir de la fovea centralis que l'on peut considérer comme un pôle du globe de l'œil, on tire maintenant sur la rétine deux méridiens perpendiculaires entre eux. Leur position
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est déterininée par cerlaines propriétés physiologiques de l'œil ; ils partagent la rétine en quatre quadrants qui ont dans les deux yein certains rapports réciproques (voy. plus bas), et on les nomme lyâa de séparation (lune verticale et l'autre horizontale). — Si Ton se repré^nte de plus as centre de Taxe visuel un plan traversant TcBil et perpendiculaire à cet axe, ce plan coupera la surface sphériqoe en un grand cercle perpendiculaire auK méridiens, que nous désignerons sous le nom i*équatetii^ de Vœil — et le plan se nommera jJm équatorial. On a maintenant trois grands cercles perpendiculaires entre eux (féquateur et les deux méridiens) ; les plans qui leur correspondent se coupent réciproquement en trois diamètres ou axes perpendiculaires entre eux, un axe sagittal (axe visuel), un axe vertical (axe de hauteur) et un axe horizontal (axe transverse). Onpeut Rki employer comme un système de coordonnées qui, mobile avec l'œH, en indique les mouvements. On doit encore admettre un second système de coordonnées absolument fixe dans Pespace, lequel coïncide avec le premier quand l'oeil est à l'état de repos. Dans toute autre position de l'œil, un ou deut ou même les trois axes correspondants des deux systèmes formeront des angles entre eux.
Les mouvements de l'œil ont surtout de l'importance pour les positions réciproques des detix yeux, et celles-ci leur imposent des limites. (Voy. plus bas.) On admet donc comme position de repos, de laquelle tous les mouvements peuvent être censés partir (comme positm primaire), une position dans laquelle les trois axes d'un œil sont parallèles à ceux de Tautre, les axes transverses situés sur une ligne droite, les axes visuels par conséquent dirigés en avant. Il est évident qife cette position peut s'allier avec une inclinaison à volonté des axes visuels sur Thorizon. Parmi toutes les positions possibles dans ce cas,^il en est encore une à relever comme position primaire proprement dite, notamment Tinclinaison à partir de laquelle des mouvements de convergence des axes visuels peuvent avoir lieu sans que les yeux doivent tourner en apparence autour de leurs axes visuels, ce qui n'est point le cas dans toutes les autres inclinaisons. (Voy. plus bas.) C'est maintenant une loi bien établie (Listing, Heissner, llelmholtz) que tous les mouvements de Vœil à partir de la position primaire s^ effectuent autour d'axes situés dans le plan équatoriai (de sorte que Vaxe visuel est toujours perpeîidiculaire à l'axe de rotation). Parmi les axes innombrables que Ton peut se figurer situés dans le plan équatorial, il en est d'abord diux qu'il faut faire ressortir, notanunent ceux qui sont en même temps des axes coordonnés» c'est-
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à-dire l'axe tranereree et )*axe Tertical. Les motiTemenis autour de ces deux axes conduisent aux pasilions secondaires de l'œil. Le mou- ▼^j^nt autour du premier produit seulement un changement d'incKnaison sur l'horizon (et le parallélisme des axes visuels se maintient) ; le mouvement autour de l'axe vertical produit une rotalicHi en dedans ou en dehors et par conséquent une convergence ou une divergence des axes visuels (l'inclinaison sur l'horizon restant la même). Ainsi dans le premier cas, le plan de séparation vertical coïncide bien avec celui qui lui correspond dans le système de coordonnées fixe, mais non plus le plan horiiontal ; dans le second cas c'est l'inverse. — Des mouvements de rotation autour d'autres axes situés dans le plan équatorial du bulbe amènent les positions tertiaires de l'œil. Comme chaque rotation de ce genre peut se décomposer facilement d'après des régies simples en un mouvement autour de l'axA vertical et un mouvement autour de Taxe transverse, il s'ensuit yre* mièrement que les positions tertiaires s'allient aussi bien avec la convergence des axes visuels qu'avec leur changement d'inclinaison sur l'horizon, et secondement que ni le plan vertical ni le plan horizontal de séparation ne coïncident avec les plans qui leur correspondent dans le système de coordonnées fixe ; tous deux sont inclinés l'un vers l'autre. Les yeux ont donc subi dans les positions tertiaires une rotation apparente autour des axes visuels, une sorte de mouvement frocAoiV/e, qui (vu par devant), dans le sens d'une aiguille de montre, se dirige en haut si le regard se tourne à gauche, en bas s'il se tourne à droite, et dans le sens opposé se dirige en haut si le regard se tourne à droite, et en bas s'il se tourne à gauche. Chaque position de l'axe visuel est donc unie à un mouvement trochoîde de l'œil que l'on peut faire dériver de la loi de Listing.
Si l'on nomme plan de mire le plan qui passe par les deux axes visuels (toujours situés dans un plan), le méridien horizontal de la rétine coïncide avec le plan de mire dans les positions primaire et secondaire, et s'en écarte dans la position tertiaire. Au moyen du plan de mire on peut aussi définir les positions des yeux de la manière suivante : Dans la position primaire le plan de mire a une inclinaison déterminée, les axes visuels sont parallèles et perpendiculaires à la ligne qui joint les deux points de rotation des yeux. Les positions secondaires se produisent, soit quand le plan de mire change son inclinaison tandis que les axes visuels y restent fixes, soit quand le plan de mire reste fixe tandis que les axes visuels y changent de place. Toutes les autres positions sont des positons tertiaires.
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Le résultat nécessaire de la loi de Listing, d'après (lequel chaque écart des axes visuels de la position primaire fait connaître en même temps le mouvement trochoîde (inclinaison du méridien de la rëdm sur le plan de mire) et la position de l'œil tout entier « ce résakil peut être déduit du principe de la plus facile orientation. (Hdmholtz.) En effet, comme Torientation de la vue dépend de la posilioa de Taxe visuel par rapport à la tète, position dont nous avons coascience, et de la grandeur du mouvement trochoîde , il est inutile que nous prenions la peine de calculer celle»ci puisqu'elle dépend de celle-là; nous apprenons dencà force d'exereîee, ou peut-être par un mécanisme issu de Texercicé et passé en héritage , à accompagner d'un mouvement trochoîde déterminé chaque position de l'axe visuel. En poursuivant les conséquences mathénuitiques du principe de la plus commode orientation, on reconnaît que la position qui peut le mieux servir de point de départ (la position primaire) est celle dans laquelle Taxe visuel se trouve au milieu du champ où s'opère son mouvement, c'est-à-dire au centre du cône de Torbite, et que de plus elle ne peut se déplacer que par des rotations du bulbe autour du diamètre du plan équatorial. (Loi de Listing.) En fait, la position primaire est la position médiane de l'œil.
La figure 40 peut servir à expliquer et à rendre sensibles les positions des yeux. Soient A et B pour une position déterminée de la tète
Fig. 40.
)es deux champs à peu près circulaires dans [l'intérieur desqueb peut se mouvoir l'extrémité antérieure de Taxe visuel (milieu de la cornée). Ces deux champs, à proprement parler spliériques, doivent être censés projetés sur un plan. Dans la position primaire le centre (le la cornée se trouve en i ; les positions secondaires se produisent quand il reste sur la hgne a b, par exemple en 2, ou sur la Ugne cd (e f}f par exemple en 5. Toutes les autres positions, par exemple 4, Ti, 0, 1, sont des positions tertiaires. Les lignes fortes et courtes indi-
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quent la direction du plan du méridien horizontal de la rétine ; on voit qu'il n'y a de mouTements trochoides que dans les positions tertiMres, dans la direction d'une aiguille de montre en 4 et en 5, dans Il direction opposée en 6 et en 7.
On reconnaît les mouvements trochoides de la manière suivante :
— 1® On fixe un objet linéaire horizontal; dans les positions primaire et secondaire, il montre la lacune correspondante à la tache obscure, mais non dans la position tertiaire, où cette tache ne se reproduit plus sur le méridien horizontal de la rétine. (Heissner.)— 2<»0n provoque une image iecondaire sur un méridien de la rétine en fixant longtemps un objet linéaire, puis oa jette les yeux sur une surface couverte de lignes verticales et horizontales. Dans différentes positions du bulbe l'inclinaison de l'image secondaire visible sur la suiface variera suivant les positions des axes visuels. (Helmholtz.)
— Ti" On se sert des images doubles. (Yoy. plus bas.)