‹ Èléments de physiologieChapitre 141 sur 190 · IMAGES SUBJECTIVES ET ILLUSIONS OPTIQUES · texte numérisé non relu

IMAGES SUBJECTIVES ET ILLUSIONS OPTIQUES

imme les appareils nerveux prennent part à h sensation de ère de même qu'à toutes les autres sensations, toutes les partiîtés de l'excitabilité nerveuse doivent s'y reproduire et donner parfois soit à des troubles, soit à des illusions. Une même vibrade l'éther peut, par exemple , produire dans la conscience une 'ession plus forte ou plus faible suivant le degré d'excitabilité les organes qui terminent le nerf optique, soit des flbres de ce soit enfin des organes centraux. D'autres circonstances ont effet de donner lieu à de véritables erreurs, par exemple à des sptions lumineuses sans qu'aucun rayon de lumière excite la e, ou bien à la perception de rayons tout autres que eeux qui ent réellement. De semblables perceptions portent le nom de ^Hves. Voici celles qui se présentent le plus ordinairement : Images persistantes, — Une fibre du nerf optique une fois 6e persiste encore quelque temps dans l'état d'excitation, après le rayon de lumière a cessé d'agir sur elle, et d'autant plus long- 8 et avec d'autant plus d'intensité que l'excitation primaire a lus longue et plus intense (1). C'est ce qui fait, par exemple, 1 charbon ardent mû en cercle devant l'œil produit l'apparition cercle de feu. Quelques appareils sont fondés sur ce phénomène ; lont le thaumatrope et le disque rotatif des cotdeurs. Le premier iste en un disque tournant devant l'œil sur le pourtour duquel un % qui se meut continuellement est représenté dans les différentes es successives do son mouvement, de sorte que chaque image

iprès chaque impression lumineuse, l'objet tu est encore un instant visible; il ite une image êecondaire (accidentelle).

est un moment visible ; chaque impression persiste alors jusqu'à ce que l'image suivante arrive à son tour ,*' le mouvement parait ainsi s'effectuer d'une manière continue. Le second appareil est un disque tournant avec rapidité et divisé en secteurs de couleur différente; la couleur de chacun d*eux reste visible pendant la durée d un tour complet, et la conscience reçoit l'impression d'un mélange de toutes les couleurs. Quand l'impression lumineuse a été forte, l'image persistante est quelquefois sombre , c'est-à-dire l'excitabilité des fibres atteintes est momentanément détruite par la fatigue, de sorte qu'une place obscure se montre comme image secondaire sous la méoie forme que l'objet vu clairement après l'excitation primaire, cesl l'image secondaire négative. Parfois les images secondaires positives et négatives se remplacent pendant quelque temps, c'est-à-dire l'excitabilité momentanément détruite revient de nouveau momentanémenl, de sorte que l'image secondaire positive reparaît, puis disparaît encore, et ainsi de suite. Les images secondaires présentent quelques particularités quand l'impression primaire a été produite par une lumière intense ou dont l'action s'est prolongée. Ces images ne paraissent pas toujours dans ce cas de la même couleur positive, mais en révèlent souvent une autre dite couleur de contraste, et passait quelquefois de la couleur positive à cette dernière alternativement. 1^ couleur de contraste est verte quand la couleur primaire était rouge, jaune quand elle était violette, orange quand elle était bleue, cl inversement. La lumière blanche elle-même apparaît sous la couleur de contraste après une impression colorée. Si l'on pose, par exemple , un morceau de papier coloré sur une surface blanche, et qu'on jette les yeux sur celle-ci, après avoir fixé le papier pendant quelque temps , il s'y montre une image de la forme du papier coloré, mais avec la couleur de contraste. Comme les couleurs do contraste concordent de très-près avec les couleurs complémentaires, on peut expliquer leur apparition par la fatigue des éléments de la rétine qui correspondent aux couleurs primaires ; le blanc doit donc paraiti e sous la couleur complémentaire , parce qu'une couleur primitive est inactive dans l'excilation. Des images secondaires colorée> se montrent aussi après des impressions produites par la lumière blanche, quand elles ont été Irès-intenses (quand on a, par exemple, regardé le soleil) ; ordinairement diverses couleurs paraissent ie> unes après les autres dans une succession régulière, parfois positiT»'> et négatives tour à tour. Ce phénomène du contraste successif des couleurs se fonde probablement sur ce que chacun des éléments pitrti-

culiers par lesquels elles sont perçues conserve son excitation pendant une durée différente après l'impression produite par la lumière.

2. Irradiation et induction. — Quand une partie de la rétine est éclairée, d'autres parties qui ne sont point éclairées directement sont excitées en même temps dans certaines circonstances, ou modifiées dans l'état d'excitation où elles se trouvent. Ce phénomène porte le nom d'irradiation, quand les parties où l'excitation se propage sont immédiatement contiguës à la place directement excitée, et celui d'induction quand c'est à tout le reste de la rétine que l'excitation s'étend. Sous ces deux formes, il rentre dans le domaine des sensations sympathiques (voy. ch. xni) et Ton n'a pour aucune d'elles d'explictUon suffisante. — L'irradiation se produit surtout quand on regarde un objet brillant sur un fond obscur; il paraît alors plus grand qu1l n'est ; inversement un objet de couleur sombre sur un fond brillant parait plus petit. Le même effet peut être produit objectivement au moyen d'une accommodation défectueuse ; les objets brillants se présentent alors en images diffuses. L'esprit se sent entraîne à ajouter à la partie prédominante de l'image la frange à moitié éclairée (qui égale en largeur le rayon du cercle de diffusion) ; or, d'un côté le clair prédomine sur l'obscur, et de l'autre l'objet sur le fond. Si l'objet est blanc et le fond noir, les deux conditions se réunissent pour faire paraître l'objet plus grand aux dépens du fond; si au contraire l'objet est noir et le fond blanc, la seconde infttffence peut avoir assez de supériorité sur la première, pour que même des lignes noires paraissent agrandies aux dépens dufond blanc. (Volkmann.) — L'induction se présente quand une partie de la rétine est excitée par de la lumière simplement colorée, et que le reste ou bien ne l'est pas du tout, ou bien est excité soit par de la lumière blanche, soit par la même lumière, mais moins intense. Dans le premier cas la partie sombre du champ visuel parait aussi colorée, en vert quand la couleur d'induction est verte ou rouge, — en bleu-violet quand elle est violette, — en bleu faible, jaune verdâtre, ou vert quand elle est bleue ou jaune (Brûcke) ; dans le second cas la couleur de contraste de la couleur d'induction apparaît à la place de la lumière blanche ; dans le troisième la nuance la plus faible apparaît également sous la couleur de contraste.

3. On peut encore ranger paoni les phénomènes subjectifs les erreurs sur les couleurs qui ptoviennent soit de ce que la périphérie de la rétine ne ks perçoit pas, soit de ce que les organes qui les per-

çoivent sont inégalement excitables ; par exemple de la lumière blanche rapidement intermittente parait yerte, parce que la durée de l'impression ne suffit pas pour exciter les éléments où s'effectue U sensation du rouge. (Brûcke.)

4. Excitations deê éléments sensibles à la lumière par des causa purement internes, sans aucjme influence extérieure. — Dans cette catégorie se rangent : — a. les excitations mécaniques produites par la circulation du sang et qui n*ont lieu que dans le cas d'exdIatHlité maladive ; elles se présentent sous forme d'éclairs, d'étincelles, etc., quelquefois avant le sommeil apparaît une image complète des taisseaux delà rétine avec les globules du sang, etc.; — 6. des excilations centrales d'origine inconnue et qui revêtent les formes les plus diverses (hallucinations, etc.); elles se présentent surtoolMans le rêve, lé dgmi-sommeil et même dans la veille, grâce à certains états maladifs.

PERCEPTIONS ENTOPTIQUBS.

Il faut distinguer des phénomènes subjectifs qui viennent d'ètiv mentionnés, les perceptions entoptiques, objectives, c'est-à-dire les perceptions d'objets qui se trouvent dans l'œil lui-même. Les plus importantes d'entré elles sont : — 1" La perception d'objets qui troubleni et obscurcissent les milieux réfringents de l'œil ; on les aperçoit quand, dans Tœil éclairé, leur ombre se projette sur la rétine et sui-tout quand on fait tomber sur l'œil des rayons lumineux parallèles. Ils apparaissent sous forme de taches sombres, de boules, de raies, de cordons de perles, etc. Quelques-uns sont fixes, d'autres (ceux do corps vitré) changent de place à chaque mouvement soudain de Fceil ou de la tête (mouches volantes). — 2® La perception des vaisseaux de la rétine par l'ombre qu'ils projettent sur la couche des bâtonnets. Pour cela, on dirige leur ombre sur des parties latérales de la rétine plus rarement éclairées (en faisant tomber latéralement une lumière intense sur la sclérotique transparente), ou bien on agite cette ombre en faisant passer et repasser devant l'œil un point brillant, l}ndes^in obscur des vaisseaux apparaît alors dans le champ visuel éclairé, et Ton reconnaît aussi par une ombre le bord de la foveacentralis.— S"" La perception des globules du sang dans les capillaires de la rèùne quand l'œil est très-faiblement éclairé (par une couche de neige, un globe de lampe, etc.) : on n'en a point encore d'explication suffisante.

Page 1