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VITESSE DU MOUVEMENT DU SANG

Dans tout mouvement d*un liquide à travers un système de tuyaux, il doit s*en écouler une même quantité dans un tgoipê déterminé par chaque section transversale de l'ensemble du système Tant qu'un obstacle s'oppose à ce que ces conditions soient remplies, les sections se dilatent nécessairement par la résistance, si le système est extensible, et il se forme ainsi un renflement. Mais dès que la circulation n'est pas troublée dans sa marche, il doit s^écouler dans Vunité de temps la même masse de sang par chaque section transversale de l'ensemble du système des vaisseaux. 11 suit de là que les vitesses du courant dans les diflèrenlcs sections générales sont en rajrport inverse des grandeurs des sectioiû ; leur maifimum se trouve au commencement de l'aorte et de l'artère pulmonaire, leur minimum dans les capillaires (environ 400 fois moindre que dans l'aorte). Les vitesses se comportent de même dans les sections totales d'un seul segment de vaisseau ramifié ou non ramifié.

C'est le nombre et la force des mouvements du cœur qui règlent naturellement la masse de sang qui s'écoule dans l'unité de temps par chaque section transversale du système vasculaire. Si nous nommons n le nombre des systoles dans l'unité de temps, a la masse de sang contenue dans un ventricule, la quantité de sang qui s'écoule par chaque section dans l'unité de temps, seram=ii.a (c'est-à-dire chez l'homme environ 218 grammes par seconde). Nous avons déjà

dit que la vitesse est différente dans les différentes couches d'un vaisseau.

Des alternatives régulières de vitesse, dans un temps donné, n'existent qu'autant que le cours continu ne s'effectue pas complètement, comme dans les artères par l'ondulation du pouls, et quelquefois dans les capillaires et les veines, quand par exception cette ondulation y pénètre. Que le passage de l'ondulation du pouls dans chaque partie artérielle y doive produire une accélération, c'est ce qui résulte de ce qui a été dit plus haut. En effet. Tonde élève localement la tension dans une place, tandis que dans la suivante elle a encore la hauteur diastolique; or la vitesse s'accroît proportionnellement à la tension. — Dans les capillaires et dans les veines, abstraction faite de la pénétralion du pouls, la vitesse devrait être constante, pour ce qui regarde le temps, si dans ces dernières surtout de nombreuses influences n'amenaient de grandes irrégularités. Souvent, dans une partie d'une veine, le cours du sang est complètement interrompu ; mais cet arrêt est sans conséquence, parce que la plupart des réseaux capillaires ont un débouché dans plusieurs veines qui ont la même direction, de sorte que si la circulation est ralentie ou arrêtée dans l'une d'elles, le sang se fait jour dans les autres avec d'autant plus de rapidité.

On se sert des méthodes suivantes pour mesurer la vitesse du courant dans les artères: i® L'hœmodromomètre de Yolkmann est un tabe de verre rempli d'eau, d'une longueur connue, que l'on peut introduire dans le courant de l'artère ; on mesure avec une montre le temps que met le sang pour parcourir le tube el en chasser toute l'eau. 2* Le tachomètre (employé par Vierordt) est une petite boîte contenant un pendule léger et très-mince; les balancements que Ion peut voir du dehors sont dans un rapport qu'il faut déterminer d'avance avec les vitesses des couiants qui écaitent le pendule. (Cbauveau a fourni un appareil plus simple mais moins délicat.) 5® Un détermine la masse de sang qui s'échappe d'une artère ouverte dans r unité de temps, en entretenant une tension toujours égale au moyen d'une ouverture dont la grandeur est constamment réglée. (Vierordt.) On ne peut pas naturellement pratiquer ces mesures sur l'homme. (Dans la carotide du chien la vitesse alterne de 200 k 500 millicnètres par seconde.) La vitesse dans les capillaires se mesure chez les animaux par une observation microscopique directe du chemin que parcourt un globule de sang dans un temps donné. Chez l'homme on peut la mesurer par l'examen des mouvements visibles

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des globules du sang dans les vaisseaux de la rétine (Ludwig) : par ce dernier procédé Vierordl les a trouvés chez lui-même r= 0,6-0,9 millimétrés par seconde (voy. chap. xii); — la vitesse dans les veines est trop irrégulière pour permettre* une mesure quelconque.

Pour mesurer le temps pendant lequel une particule de saug parcourt un chemin déterminé dans le système vasculaire ou même toute la circulation, on injecte dans un vaisseau un sel facile à reconnaître, le ferrocyanure de potassium, et Ton détermine le temps après lequel il est constaté par le sesquioxyde de fer dans des essais faits, k de courts intervalles, sur du sang pris dans d'autres veines. On ne sait pas cependant en ce cas lequel des nombreux chemins qui lui sont ouverts la dissolution saline a pu prendre ; le plus souvent il est probable que les premières traces de dissolution constatables sont arrivées au lieu de leur inspection par le chemin le plus court.

DISTRIBUTION DU SàNG DANS LE CORPS.

La quantité de sang qu'une partie du corps reçoit dans l*unîlè de temps dépend : 1® du nombre et de la dimension des artères qui y conduisent ; 2® de la vitesse du courant qui s'y manifeste.

Nous avons parlé de cette dernière et des nombreuses circonstances qui agissent sur elle : éloignement plus ou moins grand du cceur, nombre, courbure des ramifications, etc. Pour ce qui est de la variabilité de largeur des artères, nous en parlerons plus longuement dans le chapitre de «i l'innervation des vaisseaux. »

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