‹ Èléments de physiologieChapitre 27 sur 190 · I. — IRlflRVATION DU CŒUR · texte numérisé non relu

I. — IRlflRVATION DU CŒUR

a. Centres nUroiJordiaux. — Le cœur en dehors du corps ou séparé de tous les nerfs auxquels il est joint continue de battre encore un certain temps ; celui des animaux à sang froid, pendant une journée entière; celui des animaux à sang chaud, aussi longtemps qu'on a soin d'y amener du sang oxygéné. Les mouvements du cœur doivent donc, au moins en partie, être provoqués par des appareils placés en hiimème. On présiûne, avec la plus grande vraisemblance, que ces appareils se trouvent dans les cellules ganglionnaires (unies entre elles par des fibres nerveuses) qui sont intercalées dans la substance musculaire du cœur, principalement dans le septum airiorum^ et dans la séparation auriculo-ventriculaire. (Remak.)Une partie^ au moins de ces ganglions doit donner lieu automatiquement à des contractions rhjlhmiques du cœur, et influer sur la forme de ces contractions. Dans un cœur en repos, mais encore excitable, on peut, au moyen de divers stimulants (mécaniques, thermiques, chimiques, électriques), rappeler par voie réflexe une ou plusieurs contractions régulières, et plus facilement en excitant la surface interne du cœur que la surface externe. La présence de sang oxygéné dans les capillaires du cœur parait être une condition aussi bien de l'activité automatique des ganglions que leur excitation réflexe.(Ludwig,yolkmann,Goltz.)Quant aux causes propres de ces mouvements rhythmiques, elles sont complètement inconnues.

Des fragments de muscles du cœur dépourvus de ganglions peuvent, comme tout autre fragment de muscle, être amenés à des contractions par des excitations directes. — Quelques auteurs prétendent que toutes les cellules ganglionnaires du cœur ne possèdent pas la fonction automato-rhythmique dont nous venons de parler ; cela ressortirait de sections diverses faites sur des cœurs de grenouilles. On peut ainsi isoler les uns des autres les groupes de ganglions et reconnaître leur action propre. (Bidder,Stanniu8, Heidenhain, Bezold,etc.) Voici les principaux résultats de ces essais. Une séparation du sinus (i) veineux, du reste du cœur, chez la grenouille, par incision ou ligature, produit un arrêt du cœur persistant si on empêche l'excitation

(1 Kous avons coiiscnré le mot de sinus veineux [venensinus! qui se trouve dans Iv teite aUemand, parce qu'il n'existe |nis d'autre mot pour désigner cette nartion des oretllcttrs. Ce mot dt^signe la portion de l'oreillette qui avoisine les oumtnres des veines ; c'est là, en efTet, que sont placés plusieurs ganglions du cœur. E 0.

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de Fair, tandis qm le siinis détaché continue ses pulsations. Si maintenani Ton sépare les oreillettes du voitricale, celles-là restent en repos pendant que cehû-ci recommence à battre. On a donc à distinguer dans le cceur deux espèces de ganglions, des ganglioiis automato-rhytbmiques (principalement dans le sinus veineux et les ventricules) et des ganglions modén^eurs de mourement (principalement dans les oreiUettes). Ces derniers doivent pouvoir vaincre les forces motrices du ventricule, mais non balancer ia somme des forces des deux organes rhythmiques. — 11 est vrai que ces phénomènes peuvent s'expliquer sans l'admission de centres nîodératoirs. En effet, l'arrêt du corar, après sa séparation d'avec le sinus, n'est que passager; or, comme l'inciâon ou la ligature blessent les fibres modératrices du nerf vague qui se rendent aux oreillettes (voy. plus bas), l'arrêt du c(eur peut provenir de l'irritation de ces fibres, etc.

Des températures aunlessous de 0* jusqu'à — 4*, et au-dessus, de 30 à 40* centgr. arrêtent les pulsations du cœur de la grenouille. (Schelske, E. Cyon.) Jusqu'à 40*, la fréquence des battements s'accroit avec l'élévation de la température. C'est avec les températures basses et moyennes que les contractions ont une intensité trés-forte et à peu près coiislante. L'action soudaine d'une température élevée produit le phénomène de l'irritation du nerf pnairaogastrique (voy. phis bas); mais si auparavant le coeur était fortement refroidi, il ai résulte des battements successifs très-rapides qui finissent par le tétanos.— Â une chaleur uniforme l'irritation du sinus (qui, dans d'autres cas, amène un arrêt du cœur par l'irritation du nerf pneumogastrique) produit le tétanos des ventricules. (E. Cyon.) Voyez plus bas l'e^ilication.

b. Nerfs modérateurs, — Le mouvement du cœur est aussi influencé par les nerfs qui lui viennent soit du nerf vague (1), soit du sympathique. Les fibres nerveuses qui forment le nerf vague, si elles viennent à être irritées (par des moyens mécaniques, chimiques ou électriques), peuvent diminuer la fréquence des contractions du cœur et même, à la suite d'une plus grande irritation, arrêter en diastole le cœur tout entier. (Ed. Weber, Budge.) Chez les mammifères et chez l'homme, une excitation, partant de l'origine du nerf vague dans la moelle allongée, existe constamment ; car« si on coupe le nerfvaguej Ut fréquence des contractions du cœur s^accroit immédiatement,

[i)«LA nerf vafoio Cdt synonyme de ncii* pneumogaslriquc. Nous renToyoos au obapitrê ((ui traite du système nerveux pour mentiouiier les rémarques que nous avons à faire sur la physiologie de ce nerf. £. 0.

Une irritation du nerf vague est produite d*unc manière réflexe : par action mécanique, en frappant les viscères du ventre chez la grenouille (Goltz) i par Tirritation des nerfs sensibles les plus divers du cordon abdominal et du cordon cervical du sympatliique. (Loven, Bemstein.) Comme, après la section de toutes les fibres qui irritent par action réflexe le nerf vague, la section de ce nerf lui-même n'exerce plus aucune influence accélératrice , il s'en suit que chez les animaux à sang chaud l'excitation du nerf vague est de nature réflexe. (Bemstein.)

One irritation persistante du nerf vague n*a pas besoin de se pro« dnire sous la forme tétanique ordinaire pour exercer sur le cœur une action retardatrice ; il suffit d*une excitation suivant un rhythmc Biodèrément rapide. (V. Bezold.) On peut donc, si Ton admet une irritatiou automatique du centre du pneumogastrique dans la moelle allongée, se la représenter comme rhythmiquc et non comme constante.— Pendant l'arrêt produit par l'irritation du pneumogastrique, chaque irritation directe du cœur détermine une contfection locale. Le nerf vague appartient, pour ce qui regarde son action aor le mur, aux nerfs dits régulateurs ou modérateurs. (Voy. chap. xi.)

Chez les grenouilles on petit , par Tirritation du sinus, que parcourent les fibres du pneumogastrique, reproduire les phénomènes dos à Tirritation de ce nerf. L'empoisonnement par le curare (voy. cbap. x) et de même un fort refroidissement paralysent les extrémités du pneumogastrique dans le cœur.

Nerfs accél&aieurs, — L'irritation du sympathique dans la [ftkrtie du cou produit, dans la plupart des cas, une accélération dea pulsations du cceur. Celle de la moelle allongée produit également le même effet dés que rien n'interrompt la communication de la moelle aveclecœur. Cette accélération est un phénomène compliqué, parce que l'irritation de la moelle allongée produit un rétrécissement du système artériel qui augmente la fréquence des pulsations. (Ludwig el Thîry. — Yoy. plus bas.) Hais comme le nombre des pulsations croit également, lors même que cette dernière influence est enlevée (par U section des nerfs des vaisseaux principaux, des splaiichniques par exemple); que, de plus, le nombre des pulaations est plus fort, dans ce cas, lorsque les nerfs du cœur sont conservés intacts ^ue lorsqu'ils sont coupés, il s'ensuit qu'il existe un système de^brcs accélératrices des pulsations, qui arrivent au cœur par le ^emin que nous avons décrit. (Cyon.) Leur centre parait être dans la moelle allongée.

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