Salive
Les trois salives différentes des glandes, parotide, submaxillaire et sublinguale, sont des sécrétions très-aqueuses, incolores et alcalines, d*im poids spécifique faible (i ,004— i ,009). Outre les matières transsudées ordinaires (parmi lesquelles de très-petites quantités de corps albuminoîdes, albumine et globuline), elles contiennent comme éléments spécifiques : a, de la mucine (en plus grande quantité dans la salive sublinguale, en plus petite quantitè«dans celle de la paru- Ude) ; b. un ferment, la ptyaline, qui transforme l'amidon en dextrine
,1. Ll' mucus qui recouvre plusieurs organes (tube digestif, vessie, etc.) a sortout pour but de s'opp(»ser û la péiié#Btion et à rabsorption de certaines matières, pendant que d'autres d'une nature chimique différente peuvent les ti'averser. C'est linsi qu'il empêche l'absorption des substances organiques jouant le rôle de fermaUê, tels que le suc pancréatique, etc. Pour le d<>montrer, il sutflt de rappeler 'expérience suivante due à M. Cl. Demard : on garnit un endosmomètre d'une nembrane animale pourvue de son épithélium et de son mucus, on introduit ù 'iotérieur de l'eau sucrée, elTon le maintient en dehors en contact avec un virus m un ferment. Dans ce cas, l'eau mnnt£ dans le tube, mais ne contient pas de poi* ion ou de ferment. Mais si l'on enlève avec l'ongle cet épiderme. aussi(6t le poison lénètre dans l'endosmomètrc. C'est grAce à cette propriété du mucus , que nous MMiYOïtt avaler impunément les venins. Ce mucus s'altèrf rapidement, surtout au mtact des acides, et c'est pour cela que la muqueuse stomacale est détruite si iipidement après la mort, tandis que pendant la vie le mucus empùcliait celti* tttôcn du tue gailriquei (CI. Bernard.) — E. 0'.
et en sucre ; c, des combinaisons de soufre et de cyanogène. De plus, il parait que la salive, et surtout celle de la glande sublinguale, contient des éléments de forme semblable aux globules muqueux (Bonders), les globules saUvaires ; ces cellules ont de petits noyaux qui possèdent un mouvement moléculaire très-prononcé. La salive mêlée contient en outre le mucus de la bouche et l'épithélium pavimentenx qui se détache de la cavité buccale.
On obtient chez l'homme la salive des glandes particulières au moyen des fistules salivaires pathologiques ; pour la parotide, par l'introduction d'un petit tuyau dans l'ouverture du canal de Stènon, chez les animaux on obtient la salive au moyen de fistules salivaires artificielles. Pour obtenir la ptyaline on détermine dant la salive un précipité par le phosphate de chaux; ce précipité entraine mécaniquement la ptyaline que Ton extrait ensuite en la dissolvant dans l'eau. L'alcool la précipite de sa solution aqueuse; ce n'est poiirt un corps albuminoïde. ( Cohnheim. ) La faculté de trasaformer l'amidon en sucre appartient à chaque espèce de salive humaine, mais surtout à la salive mixte formée dans la cavité buccale par le mélange de la salive des glandes et du mucus de la bouche Chez les animaux, les salives de toutes les glandes n'ont pas la même propriété ; les glandes elles-mêmes sont dans chaque espèce développées différemment d'après la nature des aliments. La formation du sucre se fait rapidement et n'est point troublée par une légère acidulation, ce qui, pour la digestion, est d'une grande importance. La sulfocytnure de potassium, dont la présence est constatée par la coloration en rougebAu moyen du chlorure de fer, n'est pas un élément constant et caractéristique de la salive de l'homme ; ilse montre particulièrement quand il y a dans la bouche des dents cariées.
SécréUm.
La sécrétion de la salive dépend de l'influence nerveuse qui dans ce cas a été mieux étudiée que pour toutes les autres sécrétions. Sans cette influence la sécrétion ne s'accomplit pas. (C.-G. Hitscherlich, Ludwig.) Pendant la vie l'excitation des nerfs sécréteurs se produit,. 'selon toute apparence , ou bien d'une manière réflexe par l'excitation des nerfs du goût et des nerfs sensitifs de la cavité buccale, par l'irritation des filets du pneumogastrique qui se rendent à l'appareil digestif, ou bien, particulièrement pour la parotide, par l'excitation (volontaire) des nerfs des massèters. La salive est donc sécrétée
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quand la cavité buccale est stimulée par des substances savoureoses ou par des excitants mécaniques , chimiques , thermiquesélectriques, dans certains états de lestomac (nausée) et enfin dans le mouT^ment de mastication. Les nerfs centripètes qui, une fois excités, iménentréflectitement la sécrétion, se distribuent dans le tryuroeau, le glosso-pbaryngien et le vague ; les nerfs sécréteurs dans le facial» le trijomeau et le sympathique.
Parmi les nerfs sécréteurs on doit en distinguer deux espèces (Cl. Bernard, Eckbard,Wittich) qui non-seulenjent fournissent des salives différentes, mais encore exercent une action vaso-motrice différente sans qu'on puisse cependant expliquer la première influence par la seconde. La première espèce de nerfs produit un rétrécissement sur les vaisseaux artériels de la glande, de telle sorte que le sang n'arrive dans les veines que presque noir et en petites quantités ; elle fournit une salive peu abondante, riche en éléments si)écifiques, surtout en mucus, par cela même d'une très-grande viscosité , et souvent géhtineuse. La seconde espèce de nerfs paraît dilater les artères, car sous leur excitation le sang coule rouge vif et abondamment dans les Teines, si bien qu'on y perçoit des pulsations. La salive sécrétée est en même temps copieuse, pauvre en éléments spécifiques et peu épaisse. Les nerfs de la première espèce se trouvent dans le sympathique pour toutes les glandes salivaires, les nerfs de la seconde espèce accompagnent en partie le facial, en partie le trijumeau ; pour la parotide ils passent par le nerf petit pétreux superficiel, le ganglion otiqua et le nerf auriculo-temporal ; pour le» glandes sousmaxillaire et sublinguale ils sont adossés à la corde du tympan jusqu'au nerf lingual d'où ils reviennent, les uns par le ganglion sousmaxillaire, tandis que les autres se rendent directement à la glande. (La partie du nerf lingual qui contient les fibres sus-mentionnées porte le nom de tronc tympanico-lingual.)
En excitant le trijumeau on ol)tient une salive plus abondante mais moins forte en mucosine que celle obtenue par l'excitation du sympathique. Mais l'influence vaso-motrice ne suffit pas cependant pour rendre compte de cette différence de sécrétion, car la pression dans les conduits de la glande peut s'élever au-dessus de la pression du sang et la sécrétion peut être produite dans la glande par irritation . nerveuse, lors même que la circulation ne s'y fait plus. (Ludwig, Giannuzzi.) D'autres mécanismes inconnus doivent donc agir dans cette circonstance, et probablement les rapports anatomiques qui semblent exister entre les fibres nerveuses et les celluleiy;laiidulaire8.
102 SÉCRÉnONS DU TUBE DIGESTIF.
(Pflûger.) — La température des glandes salivaires peut s' élever par la sécrétion de i®,5 centigr. (Ludwig) ; on n*a pas examiné si l'excitation du sympathique amène une plus grande élévation de température que l'excitation du trijumeau. Cette recherche ferait peut-être connaître si dans le premier cas la glande absorbe plus d'oxygène que dans le second cas.
La sécrétion salivaire stimulée par voie réflexe fournit toujours U salive légèrement liquide typique de Texcitation du trijumeau. L'organe central dans lequel a lieu l'action réflexe (qui se fait sentir d'abord sur la glande submaxillaire) est vraisemblablement le cerveau pour ce qui regarde la stimulation du goût et la sécrétion provoquée par l'estomac ; quant à Faction des autres stimulants sur U membrane muqueuse de la bouche, elle a son siège dans le gan^on sous-maxillaire, car elle subsiste encore après la secticm du tronc tympanico-lingual, tandis que la première n'a plus d'eff^. On. dmt donc admettre que le ganglion sous-maxillaire contient des oifanes sécréteurs centraux qui peuvent par stimulation produire une action réflexe, au moyen de fibres nerveuses qui vont de la langue au nerf lingual et de celui-ci retournent au ganglion, tandis qui| celles qui sont stimulées réflectivement par les nerfs du goût, se rendent par le facial , la corde du tympan et le tympano-lingual du cerveau au ganglion et ne font probablement que traverser celui-ci. (Cl. Bernard.)
On ajoute encore que la section du ganglion sous-maxillaire, si l'on conserve intactes les fibres nerveuses qui passent par le tympanolingual, ou bie»la paralysie des fibres du sympathique pas le curare, donnent lieu à une sécrétion continue qui ne peut plus éUee augmentée qua par des stimulants du goût. (Cl. Bernard.) Use fait aussi une sécrétion continue quand le tronc tympanico-lingual est coupé depuis longtemps, et alors les fibres du sympathique peuvent seules modifier la sécrétion. Nous n'avons aucune explication de celte sécrétion continue produite par la section des nerfs; peut-être doit-elle être cherchée dans une influence des nerfs modérateurs? Cette sècrMon s'arrête d'ailleurs bientôt par la dégénérescence de la glande.
La quantité de salive sécrétée dans vingt-quatre heures est estimée fort diversement (de 1/2 à 2 kilogr.) les éléments liquides, à l'excq»tion de la mucine, sont probablement résorbés de nouveau en grande partie dans le canal digestif (i).
(i) La salive parotidienne pure est depourrue de viscosité, elle es alcahne, fluide et limpide comme de l'eau au moment où elle est sécrétée; la salive
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