Suc gastrique
Le suc gastrique est sécrété par des glandes nombreuses, serrées les unes contre les autres, qui garnissent la membrane muqueuse de l'estomac (jusque dans le voisinage du pylore où les glandes mucipares prédominent) ; elles sont tubuleuses, à cuï-de-sac lobé, avec des cellules grandes et rondes. Le suc gastrique est un liquide clair, incolore, acide, qui se mêle dans l'estomac avec le mucus de cet organe. Ses principes constituants spécifiques sont : a. Vacide chlorhyârique libre qai peut, sans nuire à TefTet du suc gastrique, être remplacé par l'acide lactique qui se forme toujours dans l'estomac pendant la digestion (chap. iv) ; b. un ferment qui transforme les corps albuminoîdes, la pepsine. — La pepsine en dissolution acide a la propriété de dissoudre prompt ement à la température du corps les substances albumineuses coagulées; la dissolution a lieu avec gonfle-
laire est liilfpide, filante, visqueuse et beaucoup moins fluide que la salive parotidienne. Enfin les glandes sublinguales, les glandules palatines, la glande accessoire de la parotide et la glande de Nuck sécrètent un liquide plus épais et plus visqueux même que celui de la sous-maxillaire.
« Il se passe dans cette formation des salives, au sein même des cellules épithéliales glandulaires , des actions autres que des faits de pure endosmo-exosmopbyRique ; il se passe là, comme dans tous les autres actes caractéristiques des sécrétions, des actes moléculaires s'accomplissant avec toute l'énergie physirpie et chimique des actes de ce genre, et indépendamment de toute influence nerveuse, dès que les principes, à l'aide et aux dépens desquels a lieu cette formation, se tiemient réunis. De là vient, ainsi que l'a démontré M. Cl. Bernard, que les actes sécréteurs des saliv^ continuent encore quchiue temps dans la tête d'un animât décapité, et que l'excrétion a lieu abondamment lorsqu'on excite les norfit qui se se rendent à chacune des glandes. De là vient aussi, comme Ta vu Ludwig, que la pression exercée sur le kymographion est plus grande dans le conduit de Sténon que dans les artères apportant le sang ù la parotide, ce qui n'aurait par lieu si le fait de la sécrétion était un simple acte de filtration.
« C'est aussi parce que ces actes de sécrétion sont de nature chimique en rapport avec la composition inmiédiate des cellules et des parois glandulaires, que certains sels ne sont pas éliminés par la salive. C'est ainsi, comme l'a démontré Cl. Bernard, que le prussiate de potasse injecté dans le sang s'échappe par les reins et non par les glandes saHvaires; injecté dans un canal de Sténon, il est absorbé par les tubes glandulaires, pénétre dans le sang, s'échappe avec l'urine sans que la salive du canal parotidien du côté opposé en renferme, sans piôme que la parotide par laquelle il a été introduit en fournisse, lorsqu'on la fait sécréter de nouveau après l'injection'. Le sucre qui s'échappe facilement par le rein, passe difficilement du sang dans les salives, qui le dissolvent pourtant assez vite ; aussi ne trouve-t-on pas ce principe dans la salive des diabétiques. » (Ch. Robin, l^çom «r Ut humeun, p. 500.) — E. 0.
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ment, et trés-pronipieinent lorsqu'on emploie la proportion d'acide qui agit sur ce gonflement avec la pli^ grande rapidité (par exemple : pour la fibrine de bœuf &»8 - i gr. de HGl par litre d'après Brûcke); à égale quantité d'acide, elle s'effectue d'autant plus vite qu'il y a plus de pepsine en présence , jusqu'à un certain maximum au delà duquel la dissolution ne peut plus être activée. La môme quantité de pepsine peut toujours dissoudre de nouvelles quantités d'albumine, si l'acide épuisé est continuellement remplacé. — Les transformations qu'éprouvent les corps albuminoides par la dissolution sont encore peu commes. Us paraissent conserver d'abord leurs propriétés primitives ; mais apr^ quelque temps ils perdent la propriété d'être précipités par la chaleur, l'alcool, les acides minéraux et certains sels métalliques, et dans cet état ils portent le nom de pepUmes, Les peptones ont un équivalent endosmotique bien plus faible que les dissolutions ordinaires des corps albominoides. (Funke.) Le suc gastrique fait éprouver aux corps albuminoides dissous les mêmes transformations ; il dissout aussi if coUe, mais seulement au moyen de l'acide sans la participation de la pepsine. (Hulder.) — L'action du suc gastrique est détruite par les mêmes influences qui enlèvent aux ferments en général leur activité (èbuUition, acides concentrés, sils métalliques, alcool, etc.). Des dissolutions salines concentrées retardent la dissolution des corps albuminoides en empêchant leur gonflement. Le même résultat se produit si, en comprimant par une ligature le corps coagulé, on l'empêche de se gonfler. La bile empêche aussi la dissolution, parce que (indépendamment de la neutralisation de l'acide) elle amène les corps albuminoides à se rétrécir et précipite la pepsine (Brûcke) ainsi que les peptones. (Bernard.) — Les solutions d'albuminates alcalins, par exemple la caséine du lait, sont précipitées avant la dissolution par l'acide du suc gastrique.
On obtient le suc gastrique naturel, chez l'homme, par les fistules pathologiques; chez les animaux, au moyen defistules artificielles. On peut aussi leur faire avaler des éponges retenues par un fil et les retirer après un certain temps. On prépare le suc gastrique artificiel en infusant dans l'eau avec addition d'acide chlorhydrique des membranes muqueuses de l'eslomac fraîches ou desséchées, ou bien en dissolvant la pepsine pure dans l'eau et les acides. L'acide chlo^ hydrique peut être remplacé non-seulemenf par l'acide lactique (dont l'action est plus faible à quantité égale), mais encore plur les acides oxalique , phosphorique , acétique , d'une activité également
suc gastAque. 1^
moiadre. — D'ajpès une hypothèse, la pepsine est combinée dans le suc gastrique naturel avecra<;ide chiorhydrique. (G. Schmidt.)
Sécrétion.
Voici ce qu'on sait sur la sécrétion du suc gastrique : La pepsine est formée dans les follicules gastriques, d'où elle peut être obtenue i l'élal de solution neutre en la dissolvant dans l'eau, ou extraite plus facilement encore au moyen de l'acide chiorhydrique délayé. On présume que pendant la vie elle est extraite des cellules par un liquide acide. Néanmoins, ce n'est que dans des cas très-rares qu'une réaction acide peut-être constatée dai^s ka glandes elles-mêmes, tandis que la superficie de la membrane muqueuse de l'estomac est couverte de sue gatrique fortement acide. (La réaction peut être examinée au moyen du papier de tournesol, ou bien (G. Bernard) au moyen d'une injection dans le sang de lactate d'oxyde de fer et de ferrocyanure de polpasium'^, là où existe la réaction acide il se forme dans le corps ime coloration bleu de Prusse ; la surface de la membrane muqueuse se trouve donc bleue tandis que la couche glandulaire ne l'est point.) Cependant l'acide est formé dans les glandes ; car si Ton neutralise la superficie de la membrane muqueuse avec de la magnésie calcinée et qu'on abandonne la membrane après l'avoir bien lavée, il se reproduit après quelque temps une réaction acide. 11 se trouve aussi dans la membrane muqueuse un corps capable de réduire les oxydes métalliques (sucre ?) auquel on peut attribuer facilement la formation d'adde lactique. On doit donc admettre que les follicules gastriques forment la pepsine et un acide et déversent celui-ci à leur surface. On ne sait encofe quelle est la cause première de ces phénomènes ; il en est de même de la formation de l'acide chiorhydrique libre, car on peut difficilement admettre qu'il soit chassé d'un sel par l'acide lactique [peut-être du chlorure de calcium (Smith)] ; on est porté à attribuer le tout hypothétiquement à une action électrolytique sous l'influence des nerfs. (Brûcke.)
La sécrétion du suc gastrique lui-même parait n'avoir lieu que 800S l'influence des nerfs, également par voie réflexe. (Voy. Salive.) Elle s'arrête quand l'estomac est vide, mais commence à suinter quand les parois sont en contact avec des aliments, probablement aussi quand la membrane muqueuse de la bouche est stimulée. Elle est ind^ndanle de l'intégrité des nerfs qui arrivent du dehors à l'estomac (nerf vague, etc.) ; on a donc à chercher l'organe central d'une
partie des nerfs sécréteurs dans les parois inéi|es de l'estomac. (Brûcke, Ravitsch.) Avec la sécrétion il se produit une vive injection de la membrane muqueuse et par conséquent une dilatation de ses vaisseaux.
Le suc gastrique sécrété est probablement de nouveau résorbé en grande partie dans Tintestin. (Voy . ch. iv.) Aussi trouve-t-onde petites quantités de pepsine dans différents liquides du corps, par exemple dans le suc parenchymateux des muscles et dans l'urine. (Brûcke.) L'acide du suc gastrique est neutralisé par les sécrétions alcalines de l'intestin. On ne sait rien d'exact sur les quantités sécrétées.