BILE
lique prédomine tnisi que chezles oiseaux et beaucoup de mammifères ; chex d*autres, au contraire (le cochon, par exemple, et le kanguroo), c'est l'acide glycocholique. L'acide cholalique contenu dans les acides galliques est remplacé chez divers animaux par des acides de composition analogue, par exemple : par l'acide chénocholalique chex l'oie, par l'acide hyocholalique chez le porc, par l'acide guanogallique dans le guano ; de là les noms différents que portent ces acides (taurochénocholique, hyoglycocholique, etc.). — Les acides galliques sont dextrogyres, la cholestérine est lévogyre. (F. Hoppe.)
Sécrétion,
La bile se forme dans les acini du foie ; chacun d'eux reçoit du sang artériel, comme le foie tout entier (par l'artère hépatique), et du sang veineux (par la veine porte) provenant des capillaires de l'estomac, de l'intestin, du pancréas et de la rate. Les ramifications terminales delà veine porte et de l'artère (1) (veines interlobulaires), situées à la périphérie de l'acinus , sont unies avec les ramifications initiales des veines du foie partant du centre (veines intralobulaires) par un réseau capillaire épais parcourant l'acinus, dont les mailles paraissent entourer complètement les grandes cellules des glandes du foie. Ces cellules sont disposées de telle sorte qu'elles forment la paroi des plus fins canaux biliaires (Hering); ces derniers débouchent dans un réseau qui entoure les acini, et dont la réunion forme le conduit hépatique. Celui-ci, après avoir envoyé à la vésicule de la bile un rameau latéral, le conduit cystique, va déboucher lui-même dans le duodénum sous le nom de conduit cholédoque. Le sang de la veine porte, qui a déjà traversé un système capillaire et qui se divise tout à coup en s'étendant sur une énorme largeur, doit couler avec une lenteur extraordinaire dans les capillaires du foie.
La bile se produit d'une façon constante ; en dehors du temps de la digestion, il semble que le conduit cystique porte la sécrétion dans la vésicule du fiel où elle est retenue, et que pendant la digestion, au contraire, elle est versée dans l'intestin par la vésicule et directement par les canaux biliaires. Les principes constituants se forment dans les cellules du foie ; il est prouvé qu'ils ne sont pas tout
(1) Tous les rameaux de l'artère hépatique ne passent pas directement dans veines interlobulaires, mais seulement une partie, après avoir fourni de sang tissu co^joDctif, les conduits bilieux et les grands vaisseaux. — 11.
simplement une excrétion du sang, car on ne les trouve pas ordinai* rement dans le sang qui se rend au foie, ni lorsqu'on a, par l'extirpation de cet organe, arrêté la sécrétion. Ces principes passent, au contraire, dans le sang si l'écoulement de la bile en dehors du foie est arrêté, par exemple, par une obstruction du conduit excréteur qui fait augmenter la pression dans les canaux biliaires. Une faible pression suffit déjà pour déterminer la présence de la bile dans le sang, et dans ce cas on trouve dans l'urine les acides cholalique, glycocbolique et taurocholique, ainsi qu'un principe colorant qui lui donne une teinte brune, tandis que la peau et les membranes muqueuses deviennent jaunes (ictère). On ne sait pas exactement quel est le sang qui fournit le plus de matériaux à la formation de la bile; d'après les uns (Oré, Frerichs, etc.), la ligature ou l'oblitération (Kottmeyer) de l'artère hépatique arrête la sécrétion de la bile, tandis que la ligature de la veine porte n'a aucun effet ; de nouvelles recherches (Schiff) ont donné un résultat tout opposé. L'injection de la veine porte avec des matières colorantes ne teint que la périphérie de l'acinus , l'injection des veines du foie n'ai colore que le centre ; il est donc vraisemblable que les deux genres de vaisseaux participent à la sécrétion. (Chrzonszczewsky et Kûhne.) De même, les recherches comparatives faites sur le sang à son entrée dans le foie ainsi qu'à sa sortie n'ont abouti qu'à signaler à peu près les matières qui sont retenues dans cet organe pour y être transformées en principes biliaires. L'étude du sang de la veine porte et des veines du foie a montré (indépendamment de l'apparition du sucre dans ces dernières) que le sang des veines du foie contient moins d'eau, d'albumine , de fibrine, de graisse, de matières colorantes et de sels, mais plus de globules que le sang de la veine porte qui est très-riche en graisses, notamment après la digestion. (Lehmann, Schmidt.) La haute température de la glande et du sang des veines hépatiques prouve qu'une vive oxydation a lieu pendant la sécrétion biliaire. On est donc porté à admettre que de l'eau, des sels, des corps albuminoîdes et d'une façon inconnue des graisses et des matières colorantes se dégagent du sang des capillaires du foie ; qu'ensuite, par oxydation, les corps albuminoîdes donnent de la glycine et de la taurine, les graisses de l'acide cholalique, de la cholestérine et du sucre (?), et que le principe colorant de la bile dérive du principe colorant du sang. Ce dernier cas est démontré : 1"* par l'identité de la bilirubine et de rhaematoidine (Virchow, Yalentin, Jaffe) ; de plus, la bilirubine traitée par Toxygène se transforme en
BILE. im
biliTerdine (Heintz) ; i^ par l'apparition du principe colorant biliaire dans l'urine dès qu'il se trouve dans le sang de la matière colorante libre, par exemple : après la destruction des globules par une injection d'emi (M. Hermann) ou par une injection de gallates qui dissol* ▼ent ces mêmes globules ; peut-être quelque «hose de semblable se passe-il dans le foie. (Kûhne.)
D'après diverses hypothèses , l'acide cholalique et le sucre proviendraient des graisses, en ce sens que le sucre serait fourni par la glycérine et l'acide cholalique par l'acide sébacique; mais jusqu'ici rien ne le prouve. Si l'on considère qu'il y a du protagon dans les globules ronges du sang, et que, selon toute vraisemblance, beaucoup de ces globales sont détruits dans le foie, on peut admettre que le protagon donne naissance à l'acide cholalique et à la cholestérine. — La glycine qui se produit dans le foie peut se combiner avec d'autres addes que l'acide cholalique, par exemple , avec l'acide benzoïque, et donner lieu à de l'acide hippurique.
La quantité de bile sécrétée, impossible à déterminer exactement, varie (d'après les calculs de Ludwig sur différentes données) de 160 à 1,200 grammes dans les vingt-quatre heures ; elle dépend à un haut degré de la nourriture, augmente, en devenant aqueuse, par l'usage de l'eau comme boisson, elle augmente également par l'usage de la viande, et diminue par une nourriture végétale; les aliments graisseux ne produisent sur elle aucun effet, et la faim cause sa diminution. Le maximum de la sécrétion a lieu plusieurs heures après le repas, d'autant plus tard qu'il était plus copieux. (Béchamp.) On ne connaît pas encore d'influence nerveuse qui agisse sur elle.
Des matières anormales peuvent se rencontrer dans la bile si elles ont été introduites avec les aliments ; c'est ainsi qu'on y trouve assez régulièrement , ainsi que dans le foie, des métaux lourds tels que le cuivre et le plomb. (Sur les rapports de la sécrétion de la bile avec la glycogènie du foie, voy. chap. vi.)
Excrétion.
La sécrétion de la bile se fait probablement par une pression mécanique due à la compression du foie à chaque inspiration: les quantités de bile provenant de fistules deviennent par conséquent moindres quand la respiration est ralentie par la section du nerf vague. (Heidenhain.) Quant à l'évacuation de la vésicule du fiel et des grands canaux biliaires, elle s*opère vraisemblablement par
ilO SÉCRÉTIONS DU TUB£ DIGESTIF.
une contraction de leurs fibres musculaires lisses concordant avec les mouvements de Tintestin.
Gomme les animaux maigrissent rapidement à la suite de fistules au foie, si on les empêche de lécher la bile qui s'en écoule, on a présumé que la plus grande partie de la bile devait être résorbée de nouveau dans Tintestin ; mais on ne connaît pas suffisamment ce qui advient ensuite des matières biliaires résorbées ni les raisons pour lesquelles leur privation amène l'amaigrissement. Par contre , on trouve dans les excréments toutes les matières biliaires en quantités considérables, notamment la substance qui les colore, les acides galliques, du mucus, la cholestérine, etc. Les acides galliques subissent une décomposition dans la partie inférieure de l'intestin (voy. chap. iv), principalement l'acide taurocholique, de sorte qu*on trouve dans les excréments les acides glycocholique et cholalique ainsi que leurs dérivés, la choloidine et la dyslysine. (Hoppe- Seyler.) La résorption des principes constituants de la bile est par conséquent encore douteuse.
La bile diffère de toutes les autres sécrétions de l'appareil digertif, parce qu'elle n'a probablement aucune importance pour la digestion (c'est-à-dire ne prépare pas les aliments à être résorbés). Elle pos* sède cependant une propriété efficace dans ce sens, celle d'ëmulsionner les graisses ; mais elle la partage avec d'autres sécrétions qui en sont douées à un bien plus haut degré (suc pancréatique, suc intestinal). Les solutions de peptone sont précipitées par la bile, fait dont l'importance sera expliquée dans le prochain chapitre. Le rôle physiologique de la bile parait concerner principalement la résorption et surtout celle des graisses. En effet, la bile (et les acides galliques) rendent possible la filtration de graisses à travers des membranes sous une faible pression , ainsi que la diffusion entre des graisses et des solutions aqueuses (Wistinghausen); c'est peut-être parce que leurs solutions saponifées permettent Timbibition des deux sub* stances, ce qui est une condition de la diffusion. La bile favorise aussi le passage des graisses par les tubes étroits (capillaires) et active leur absorption en stimulant la contraction des fibres musculaires des villositës. (Schiff.) — Enfin elle parait empêcher une décomposition putride du contenu de l'intestin.
Conformément à ce qui précède, si la bile est conduite au dehors par une fistule, on n'aperçoit aucun trouble essentiel dans la digestion ; mais voici ce qui en résulte : i® l'absorption des graisses est empêchée (de là des excréments gras et un chyle maigre) ; 3^ les
suc PANCRÉATIQUE. lil
eieréments sont durs, incolores et infects ; Z^ Tanimal opéré montre souvent une grande Toradté qu'on explique par une perte importante en principes bUiaires qui auraient été, sans cela, résorbés de nouYeau dans l'intestin; 4® pour compenser l'absorption de graisse qui lui fait défaut, il se nourrit davantage de carbures hydratés. (Voy. nhap. yii.)