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SÉCRÉTION LACTÉE

comme des glandes sébacées agglomérées, agrandies, et le lait comme une sécrétion de même ordre, mais plus riche en éléments de transsudation (1).

Chaque glande mammaire se compose de quinze à vingt-quatre glandes acineuses, imparfaitement séparées et pounnes chacune d'un conduit excréteur qui débouche dans le mamelon après s'être élargi en forme de réservoir allongé. Ces glandes ne sont complètement développées que chez la femme, et après l'âge de la puberté, et ne sécrètent que depuis Taccouchement jusqu'au retour de la menstruation.

Chez les nouveau-nés, du quatrième au cinquième jour, il se présente aussi une sécrétion lactée [lait de sorcière (HexieDmilch) ] et, dans des cas très-rares, on en trouve chez l'homme.

Le lait est un liquide opaque, blanc, souvent faiblemoit alcalin, souvent aussi neutre ou faiblement acide, de saveur douce et d*odeur particulière ; c'est une émulsion de très-petits globules q>hèriqves, graisseux dans un liquide clair; son poids spécifique est de 1,008 à 1,014.

Les principes constituants du lait sont : 1* l'eau, en moyenne 89 p. 100; ^^ des sels et principalement des combinaisons ée potasse, de chaux et d'acide phosphorique, avec quelque peu d'oxyde de fer, le tout en moyenne 0,1 p. 100 (les sels offrent le même mélange que ceux des globules du sang) ; S<* du sucre de lait 4,3 p. 100; i'' des albuminates, surtout de la caséine 4 p. 100, avec un peu d'albumine (une petite partie seulement des albuminates est précipitée par la chaleur, la plus grande partie est précipitée par les acides) ; 5 ' des graisses (les éthers glycériques des acides stéarique, palmitique, myristique, oléique, etc.); 6" très-probablement du protagon; 7® différentes substances extractives [parmi lesquelles de l'urée (Lefort) J ; 8« des gaz (€0„0,N).

Sécrétion.

La sécrétion du lait s'effectue probablement de telle sorte que les éléments spécifiques (sucre de lait, caséine et graisses) sont formés par le contenu des cellules glandulaires et deviennent libres par la rupture de ces cellules ou par un phénomène analogue. (Voy. plus plus bas, corpuscules du colostrum.) Les gouttes devenues libre»

(1) (??) Voir la note de la page 129. — E. 0.

i)V LAIT. 127

se répandent dans le liquide comme dans une émulsion. De même que la graisse mélangée à des liquides albumineux, les globules du lait se couvrent d'une mince pellicule composée d'un albuminate (caséine?). Au commencement de la sécrétion, dans le lait des premiers jours (le colostrum), on trouve des cellules rondes, intactes, remplies dégouttes dégraisses; ces cellules sont remplacées peu à peu, mais jamais entièrement, par les globules ordinaires du lait. On a observé que les globules du colostrum sont contractiles (Stricker, Schwarz) et qu'elles chassent d'elles-mêmes des gouttes graisseuses; on est donc porté à admettre qu'il en est de même plus tard des globules ordinaires. — On ne sait au juste de quels éléments de transsudation les éléments spécifiques sont formés. La caséine provient sans aucun doute de l^albumine du sang, le sucre de lait probablement du sucre de raisin que le sang renferme, du moins est-il augmenté par Tusage de carbures hydratés; cependant on peut se figurer bien d'autres origines (chap. vii). L'origine de la graisse est aussi douteuse que la formation de la graisse en général ; on présume qu'elle doit provenir des albuminates. — Le phénomène de la sécrétion est donc encore complètement ignoré, puisqu'on n'explique pas même physiquement le contenu du sécrétuin en sels. 11 existe, indubitablement, une influence du système nerveux, mais cette influence ne semble pas indispensable, car cette sécrétion persiste après la section des nerfs cérébro-spinaux [des nerfs (sympathiques?) provenant des quatrième, cinquième et sixième nerfs intérostal, arrivent dans la glande avec les vaisseaux]. De toutes les influences sur la sécrétion, la principale est celle de Talimentation. L'usage de la viande augmente son rontenu en caséine et en graisses, bien plus que celui des aliments végétaux ; une nourriture substantielle augmente en général la quantité des éléments gras ; l'usage de la graisse ne produit point cet effet. — En outre, la composition varie avec la durée de la sécrétion et avec les autres fonctions génitales, etc.

Comme le lait contient plusieurs éléments très-variables, et selon :ou(e probabilité des ferments qui sont retenus en partie dans la ranssudation du lait par une membrane (lloppe), il subit peu de emps âpK's son évacuation certains changements qu'on peut reproluire artificiellement. 11 est démontré que quelques-uns de ces chan- ^'ements sont des phénomènes d'oxydation accompagnés de combusion d'oxygène et de formation d'acide carbonique. (Hoppe ) D'abord I se forme sur le lait en repos une couche composée de globules |ue leur graisse rend plus légers et que l'on nomme « crème. »

128 SÉCRÉTION LACTEE.

Si Ton bat le lait, les membranes qui enveloppent les globules sont déchirées en partie, la graisse se réunit, et Ton obtient ainsi la graisse du lait ou le beurre. (La solution qui reste, composée de caséine, de sucre et de sels, est le babeurre ou lait de beurre; ordinairement on fait le beurre en battant la crème seule.) — Parmi les variations chimiques du lait, les principales sont celles du sucre et des graisses. Le sucre, à une température un peu élevée, fermente peu à peu ; le lait devient acide, et Tacide lactique libre précipite la caséine dissoute comme le ferait tout acide libre et M suc gastrique; le lait se coagule en flocons. La coagulation, c*esl-à-dire le fromage, contient d'autres éléments parmi lesquels se trouvent les globules. La solution de sucre et de sels qui reste se nomme petit-lait. Souvent une légère fermentation acide a déjà lieu dans la glande, de sorte que le lait est acide quand il est évacué. L*acide lactique n*a pas besoin pour se produire du contact de Toxygène. (Hoppe.) — Une addition de levdre détermine dans le lait une fermentation alcoolique, qui transforme probablement le sucre de lait en lactose ; le kumiss des Tar- (ares est une boisson ainsi préparée. — Les graisses se décomposent également, le lait étant en repos, en glycérine et en acides gras (acides caprinique, caprylique, caproïque, butyrique). Enfin, dans le lait exposé à l'air, le contenu de caséine diminue par absorption d oxygène et dégagement d'acide carbonique ; l'alcool et l'éther augmentent la quantité de caséine, et il se produit ainsi probablement de la graisse par oxydation et dédoublement desalbuminates. (Hoppe.)

Pendant l'époque de l'allaitement, la quantité de lait fournie par les deux seins dans les vingt-quatre heures s'élève environ à iSoO grammes.

Evacuation,

L'évacuation du lait en dehors des conduits galactophores s'effectue ' ordinairement par la succion du nourrisson, c'est-à-dire par la pression de Tair. Elle est aussi favorisée probablement par les muscles lisses qui entourent les conduits et la glande tout entière. Une partie des muscles sert de plus à l'érection du mamelon ; cette érection n'a pas lieu après la section des nerfs cérébro-spinaux de la glande mammaire.

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