Sécrétion j)our les organes des sens
Il ne s'agit guère ici que de sécrétions de glandes muqueuses sur lesquelles on ne peut que répéter ce qui a été dit pour celles de Tap-
LARMES. 19iè
pareil digestif. Le cérumen a déjà mentionné , ainsi que le sécréteur des glandes de Meibomius. Il ne reste plus à dire que quelques roots bur la sécrétion des larmes (1).
Larmes.
Elles sont sécrétées par des glandes acineuses analogues à celle des glandes muqueuses, et leur sécrétum peut être considéré comme un mucus extrêmement, aqueux (ou, si Ton veut, comme une salive) ; il se compose presque entièrement d'éléments transsudés, avec de petites quantités de mucine et d*albumine. Il est limpide, incolore, alcalin, de saveur saline. Une influence nerveuse (par le trijumeau et le pathétique) est indubitable ; il est également prouvé que la sécrétion est augmentée par des causes morales et par une irritation réflexe (provenant de la muqueuse nasale, de la conjonctive et de la rétine),
'I) Le rapprochement anatomique et physiologique des glandes mammaires, des glandes sébacées, des glandes ôèrumineuses du conduit auditif externe et âé» grosses glandes des aisselles, n'est point admis par M. Robin. I^ cérumen est pro« duit. Il est Trai, par une destruction de toute pièce de l'épithélium, mais c'est une généralisation forcée d'admettre que toutes les autres sécrétions se font de la même manière.
Toute sécrétion consiste en une élaboration de principes immédiats nouveaux grâce à l'énergie des phénomènes d'assimilation et de désassimilation que possèdent les épithéliums, sans qu'il y ait pour certaines glandes destruction complèle des cellules épithéliales, autrement que par une mue lente et graduelle de ces œllales. La matière sébacée, est le résultat de la formation graduelle des Ibottes graisseuses dans les cellules épitliéliales tapissant les glandes pileuses, jusqu'à distension et rupture des cellules dont le contenu huileux s'échappe.
La sécrétion lactée est des plus complexes ; elle est composée d'un sérum et de principes exclusivement propres au lait, soit cristal lisables (lactine), soit coaguiahles -caséine), sans parler des corps gras en suspension émulsive dans le liquide. Ici, la gTais«e, au lieu de se former dans les cellules épithéliales, est fournie, molécule à molécule, directement par les parois.
On a confondu, avec des cellules épithéliales ayant subi la dégénérescence graisseuse, des leucocytes remplis de globules de graisse, et que, dans ce cas, on appelle corpuMculcâ ou globule» du cohstrum. Les leucocytes sont doués de mouvements sarcodiques, et leurs expansions, en se rétractant entraînent facilement des granules mêmes volumineux. C'est ainsi que les leucocytes du larynx, de la trachée, etc., se remplissent facilement de noir de fumée. La mi^me chose arrive pour les leucocytes qui se trouvent dans les conduits mammaires et qui font ainsi pénétrer dans leur intérieur des globules de lait.
Dans tous les cas, le rapprochement de la sécrétion lactée et de la sécrétion sébacée, c*est-à-dire de deux sécrétions si dissemblables dans leur composition immédiate et dans leurs propriétés physiologiques, parait complètement opposé à ce principe de physiologie générale, que partout il y a une corrélation rigourruse entre l'acte et l'agent, et que toigours à une particularité fonctionnelle correspond une disposition anatomique différente. (Voir Robin, Ijcçon» iur les Humeur».)