DES FORGES DE TENSION DANS L'ORGANISME
peut dire, en général, que des forces sont mises en liberté partout où se forment des combinaisons plus stables. Les phénomènes ordinaires d'oxydation rentrent dans ce cas, et de même d'autres que l'on peut comparer à la fermentation du sucre. Comme ces derniers n'ont été trouvés jusqu'ici dans le corps qu'exceptionnellement, il n'en sera pas question dans ce chapitre, et pour éviter des longueurs nous considérerons l'oxydation seule comme cause de la mutation des forces.
Les formes de travail sous lesquelles se montrent les forces vives provenant des forces de tension introduites dans le corps sont, autant du moins qu'on a pu le connaître jusqu'ici, la chaleur, l'électricité et le travail mécanique. Pour le corps en repos, c'est-à-dire évitant tout genre de travail qui n'est pas absolument nécessaire à la conservation de la vie, on peut dire que toutes ces formes se réduisent presque toujours à une seule, la chaleur.
La forme d'un travail est quelque chose d'extrêmement variable (voy. l'introduction). La chaleur peut être transformée en mouvement (machine à vapeur), le mouvement en chaleur (frottement), tous les deux en électricité (thermo-électricité, électricité de frottement), l'électricité en chaleur et en mouvement (électro-magnétisme, etc.). La quantité de la force vive reste cependant toujours égale à elle-même dans chaque transformation, puisque celle-ci s'effectue toujours d'après certains/apports (équivalents). Le plus important de ces derniers pour ta physiologie est Véquivalent mécanique de la chaleur , c'est-à-dire le travail mécanique dans lequel une quantité déterminée de chaleur peut être transformée, et inversement. L'équivalent mécanique d'une unité de chaleur est égal à 450 grammètres, c'est-à-dire au travail nécessaire pour élever 430 grammes à 1 mètre de haut.
Il se produit directement de la chaleur dans tous les organes du corps où se passent des phénomènes d'oxydation, c'est-à-dire dans tous, à l'exception de ceux qui se composent d'éléments cornés. L'excitation électrique n'en détermine que dans les muscles et dans le système nerveux (chap. x et xi). Des mouvements observables se montrent: 1** dans les muscles' striés et dans les muscles lisses; 2* dans les cellules contractiles; 5"^ dans les cellules épithéliales; 4* dans les spermatozoïdes. D'autres mouvements imperceptibles s'effectuent dans tous les éléments de forme organique, comme croissance, scission, etc.
La preuve que pour le corps en repos tous les travaux sont transfor-
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mes en chaleur et transmis sous cette forme au monde extérieur, repose sur les considérations suivantes : 1* t^s les mouvements qui se passent dans le corps en repos n'agissent point comme tels sur le monde extérieur, mais sont amenés à disparaître dans le corps luimôme. Cette disparition s*opëre par frottement ; ainsi, par exemple, toute la force vive d'une pulsation du cœur (vitesse, travail mécanique) est transmise à la masse du sang, et se détruit complètement, dans une seule circulation par le frottement intérieur du sang dans les vaisseaux, principalement dans les capillaires; il en est de même des mouvements de l'appareil digestif. Comme il ne se produit aucune autre forme de mouvement à la suite de ce frottement, on doit admettre que partout le travail mécanique qui disparait se transforme en une quantité équivalente de chaleur; i^ les excitations électriques dans le système musculaire et le système nerveux paraissent se transformer pour la plus grande partie, soit directement en chaleur, soit en mouvement d'abord et en chaleur ensuite (chap. x).
Une exception excessivement minime, au point de vue de la quantité, a lieu pour les mouvements qui se transmettent aux corps extérieurs, sous la forme de mouvements respiratoires, pulsations du cœur, etc.
Pour le corps en travail il se produit, outre les forcés vives do corps en repos, d'autres forces qui revêtent la forme de chaleur et de travail mécanique, toutes deux ayant leur point de^départ dans les muscles. Une grande partie de ce travail mécanique est transformée en chaleur dans l'organisme même, par le frottement des muscles dans leurs enveloppes, des tendons dans leurs gaines, des os en mouvement dans leurs insertions articulaires. Le reste est employé soit au mouvement des parties du corps les une^ vis-à-vis des autres, soit au mouvement du corps tout entier, soit à la mise en mouvement des corps extérieurs.
Comme cette dernière partie des travaux du corps peut se transformer facilement en chaleur ou être exprimée en unités de chaleur, il s'ensuit que la mesure de la chaleur est la mesure la plus naturelle pour tous les travaux de l'organisme.
On pourrait exprimer tout aussi bien les travaux organiques en mesures mécaniques. Les nombres exprimant les unités de chaleur, par lesquelles on mesure les forces vives de l'organisme, sont extraordinairement grands (des milliers par jour). — Aussi quelques-uns emploient-ils une unité de chaleur mille fois plus considérable que Tunité ordinaire; elle élève donc la température de 1 kilogranune