‹ Èléments de physiologieChapitre 92 sur 190 · FOMATlOlf DE CUALBUR · texte numérisé non relu

FOMATlOlf DE CUALBUR

Il ne reste plus que peu de chose à dire sur la formation de la chaleur dans le corps. 11 a été mentionné plusieurs fois déjà et expliqué d'une manière spéciale, que dans tous les organes où se passent des phénomènes d'oxydation, toutes les forces mises en liberté, ou du moins la plus grande partie d'entre elles, prennent la forme de chaleur. Les autres formes de travail (électricité, travail mécanique) ne se produisent que dans certains organes et toujours à côté de la chaleur.

ta quantité absolue de chaleur, que l'unité de masse d'un organe particulier produit dans l'unité de temps, n'est pas encore déterminée. Elle est dans tous les cas très-différente pourchacun d'eux. Ainsi les glandes produisent beaucoup plus de chaleur que les parenchymes, parce que leurs produits d'oxydation (les éléments spécifiques sécrétés), sont continuellement évacués et doiveol par conséquent être sans cesse remplacés par de nouveaux produits, tandis que les éléments spécifiques des sucs parenchymateux séjournent longtemps dans la même place ; — l'oxydation est donc beaucoup plus vive dans les glandes. Dans un seul et mèine organe la production de chaleur varie aussi beaucoup selon le temps, avec l'énergie (les pliênumènes d'oxydalioi^ bien entendu, ou, ce qui revient au même, avec la quantité d'oxygène consommé. Cett^ augmentation de chaleur produite éclate syrtout dans les glandes, quand les pbîho-

TEMPERATURE DU CORPS. SSt5

mènes d'oxydation ^'y effectuent vivement ; leur température s'élève beaucoup avec l'énergie de la sécrétion, c'est-à-dire probablement avec l'énei^e de la formation de leurs éléments spécifiques. La température s'élève aussi dans les muscles au moment de leur activité; à la chaleur qu'on présume se former déjà dans le corps en repos, il Faut donc ajouter ici non-seulement la production du travail mécanique; mais encore de la cbaleur produite en plus.

Aucune chaleur ne se forme dans les tissus cornés du corps, dans lesquels aucune oxydation ne parait plus avoir lieu. Pour savoir s'il se forme de la chaleur dans le sang, il faut d'abord savoir si des oxydations s'y effectuent.

La formation de chaleur dans les parenchymes (abstraction faite des glandes et des muscles), est-elle régie directement par des nerfs particuliers ; — c'est là une question qui n'est pas encore décidée et qui sera traitée dans la troisième partie.

Outre ces sources directes de chaleur, il en est d'autres dont il a été déjà question. Il a été prouvé notamment que dans le corps en repos toutes les àutgfis formes de force vive sont à peu près complétemeot transformées en chaleur. Cette transformation s'opère, soit directement par le frottement des organes qui se meuvent d'eulh Blêmes (muscles), soit parle frottement de ceux qui sont mus p^nmi iCDoent par les premiers (tendons, os, sang dans les vaisseaux, eU.). De'roéme, dans le corps à l'état de travail, une grande partie du travail mécanique est transformée parle frottement en chaleur.

Le travail musculaire augmente donc la formation de chaleur dans les corps de deux manières : 1^ par l'augmentation de chaleur 4^0doite dans le muscle lui-même à la suite de son activité ; 2^ par le frottement du nuicle et des parties qu'il meut contre ce qui les entoure.

n. — TEMPÉRATURES bO CORPS.

Les divers organeidu corps sont en rapport les uns avec les autres, soit directement par contact, soit indirectement par le sang qui les parcourt. Les quantités de chaleur formée dans chaque partie se distribuent ainsi à peu près également dans le corps tMt entier, même là où aucune chaleur ne peut se foijnar.U résulte de cette égale distribution et des pertes de chaleur di^fll ii^va être parié, une tempé- TÊÈÊre presque constante de tout le cory, laquelle se soutient chez rhomme entre 36 et 38"^ cent. Elle est à peupfèB la même chez les

^ CHALEUR ANntALE.

mammifères, un peu plus élevée chez les oiseaux. Ces organismes û température constante sont dits à sang dumi ou homœothermes. Chez les autres animaux la génération de chaleur est tellement faible, que la température ne peut être constante et ne s'élève que de quelques degrés au-dessus de celle du milieu qu'ils habitent (air ou eau). On les nomme animaux à sang froid ou pœkiloihermes (à tempénture variable).

Dépense de chaleur.

Comme le corps humain est presque toujours entouré de miUeux plus froids que lui, il leur abandonne nécessairement une certaine quantité de chaleur. Cette perte s'effectue : i° par rayonnement de li surface libre du corps ; 2"^ par conduction. Dans ce dernier cas elle se transmet :

a. Aux objets plus froids que le corps et qui sont en contact avec sa superficie, principalement Tair et les têtemenis.

h. Aux matières introduites dans le corps et plus froides que tai, c'est-à-dire Tair et les aliments. On exprime cette dernière perle en disant que le corps abandonne de sa chaleur avec toutes -ses déjections (air expiré, sueur, urine, excréments), qui ont toutes la même température que lai. Il est évident que cela revient au même, en admettant que recettes et dépenses soient égales en quantité et chaleur spécifique, ce qui a lieu généralement.

c. Elle se transmet, enfin, aux matières excrétées liquides qui pendant leur évaporation sont en contact avec le corps; la chaleur transmise à ces matières devient aussitôt latente ; — on désigne ordinairement cette dépense sous le nom d'évaporatilari aqueuse.

Comme la perte de chaleur a lieu principalement par la superficie du corps, la grandeur de cette perte dépend par conséquent de la grandeur de cette superficie; il est donc clair que les individus de petite taille, dont la surface du corps est plus grande par rapport à sa masse, dépensent relativement plus de chaleur que les individus de plus forte taille.

Un grand nombre des dépenses de chaleur ici indiquées sont de nature Irès-varfaible, et leur variabilité sert à entretenir la constance de la température du corps, (Vof. plus basi)

tENPÊtUTURE DtJ CORPS. ^7

Températures locales.

Pour des raisons faciles à comprendre, l'équilibre mentionné plus haut entre les tempëratureis des différentes parties du corps ne peut jataais être complet; certaines différences persistent toujours. Ces différences, que l'on peut facilement déduire des circonstances données et que l'expérience constate entièrement, sont principalement les suivantes : 1*^ pluà tme .partie du corps produit par elle-même de chaleur, plus aussi elle est chaude (toutes circonstances restant d'ailleurs égales). La plus grande chaleur se trouve donc dans les glandes pendant la sécrétion et dans les muscles pendant leur activité; les tissus cornés sont les plus froids ; 2^ plus un organe, par sa position ou d'autres circonstances, est forcé d'abandonner de la chaleur par rayonnement ou conduction, plus il est froid. Tels sont Tépiderme, surtout quand il est couvert de sueur en évaporation, puis les poumons, les origines du canal digestif, etc.; les parties protégées, par eiemple, l'arrière-bouche, le creux axillaire^ sont naturellement plus chaudes que les parties libres ; S"" comme le sang est le milieu d'égalisation le plus important pour les difTérentes parties du corps, sa température peut être considérée comme la température moyenne ; eafait, les cldffres que nous avons déjà cités à ce sujet sont empruntés aux observations sur la chaleur du sang. On peut tirer de là d'autres conclusions :

a. Dans les organes qui produisent beaucoup de chaleur et dont la température dépasse par conséquent celle du sang (glandes, mus*» des actifs), le sang veineux qui s'en écoule est plus chaud que le sang artériel qui*| arrive; c'est l'inverse qui a lieu pour les organes qui produisent moins de chaleur ou qui la transmettent au dehors (le sang des veines dans les poumons, par exemple, est plus froid que le sang artériel).

b. Un organe dont la température est inférieure à celle du sang, devient d'autant piu&cbaud qu'une plus grande quantité de sang lui arrive dans runitédê temps. La température de semblables organes, par exemple de la peau, augmente donc, chaque fois que la pression générale du sang s'élève, quand l'activité du cœur augmente, surtout à la suite d'un élargissement des artères adductrices (par exemple après la section des nerfs vaso-moteurs), les influences inverses abaissent au contraire la température. Àin^i la rougeur d'une place de là peau est r^ulièrement accompagnée de chaleur, la pàletur de froid*

S28 CHALEUR AMIllALB.

On doit toujoui*s avoir en vue ce^ rapports (cette topographie de la température), toutes les fois qu*il s'agit de mesurer la température générale du corps. Conune ce n'est que par exception que l'on peut déterminer directement la chaleur du sang, on choisit les places qui sont le moins exposées aux pertes de chaleur ; on introduit donc le thermomètre dans la bouche, le rectum, le vagin, le creux axillaire, où on le laisse le plus longtemps possible. On emploie toujours pour les mesures absolues de température le thermomètre à mercure. Quand il s'agit de comparer la température de deux endroits du corps ou la température du même endroit à des moments différents, il vaut mieux procéder par voie thermo-électrique. (Yoy. ch. x.)

Conservation de la température moyenne chez les anmaux à

sang chaud,

La température moyenne de Thomme et des animaux à sang chaud parait être une condition indispensable pour l'accomplissement des phénomènes vitaux les plus importants. Ce qui le prouve, c'est que la moindre élévation ou le moindre abaissement de température au delà de limites données entraînent déjà de grands dangers. On s'en aperçoit facilement aux nombreux phénomènes semblables à une fermentation qui se passent dans le corps. Par une température de 42® cent, le sang peut se coaguler dans les vaisseaux (Weikart) ; à 49®, les muscles deviennent rigides* (Yoy. le chapitre suivant.) En conséquence, l'organisme possède plusieurs moyens de tenir la température dans ses limites régulières, en voici les principaux :

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