‹ Èléments de physiologieChapitre 91 sur 190 · MATÉRIELLE · texte numérisé non relu

MATÉRIELLE

Il a été dit au chapitre précédent qu'une certaine somme de phénomènes d*oxyrialion est absolument nécessaire à l'entretien de l'organisme et qu'elle forme le minimum de transformation des matières. Un examen plus approfondi des causes de cette nécessité fait voir que ces phénomènes d'oxydation sont indispensables au rétablissement des travaux nécessaires, notamment à la production de chaleur, à certains travaux mécaniques, mouvement du cœur, mouvement respiratoire, mouvement intestinal , etc. Le minimum de transformation des matières dépend donc, pour ainsi dire , du minimum de transformation des forces.

Les phénomènes d'oxydation nécessaire qui ont lieu dans les glandes paraissent faire exception ici ; il semble en effet, au premier coup d'oeil, que la formation des produits d*oxydation (des éléments spécifiques des sécrétions) soit plus essentielle q«e la mise en liberté de forces (formation de chaleur) qui l'accompagne. Mais ce point de vue télëologique manque complètement de base. Les fins de l'organisme sont aussi bien remplies par les forces mises en liberté que par les produits des phénomènes chimiques. H en est du reste de tous les parenchymes comme des glandes; partout les produits d'oxydation (éléments spécifiques parenchymateux) ont leur utilité comme le travail produit.

lies deux ordres de phénomènes ont évidemment l'un sur l'autre une influence réciproque. On a vu déjà qu'une plus grande activité dans la transformation des matières provenant d'un surplus d'alimentation entraine une plus grande activité dans la transformation des forces. Il resfe à considérer le cas où une transformation de forces plus active, une augmentation de travail , exigent que l'organisme reçoive plus de matières. Cette assimilation supérieure nécesîlire se nomme consommation du travail.

Les travaux de l'organisme, dont l'accroissement a le plus d'iiufiortance et se présente le plus fréquemment, sont : i"^ le travail mécanique des muscles soumis à la volonté (ou le travail tout simplement) exécuté d'ordinaire par la volonté : dans des cas pathologi-

%fi TinVAUX DU CORPS.

ques, par des crampes, etc.; S® la production de chaleur accrue par la dépense de chaleur provenant de la b^sse température du milieu. (Voy. le chap. suivant.) Dans les deux cas, les modifications matérielles sont plus actives , la dépense s'élève, notamment Févacuatiou de l'acide carbonique, et l'entretien du poids du corps exige un su^ plus d'alimentation, une consommation de travail. Le sentiment du besoin de nourriture, la faim, est porté également à un plus haut degré.

Les divers travaux, comme on le verra plus loto avec phs de détails, ont pour base les oxydations de divers déments du corps. Pour pouvoir juger quels sont les meilleurs aliments dans un genre de travail déterminé, il faut nécessairement savoir quels sont les éléments principalement oxydés dans ce cas. La voie la plus directe pour arriver à cette connaissance serait l'étude des organes dans lesquels s'effectuent les oxydations et les travaux , l'étude des muscles par conséquent. Mais comme cette partie de la physiologie est encore peo développée, on se contente d'étudier les excrétions qui correspondent à une augmentation de travail. On a surtout à examiner id Turée comme indice de l'oxydation des substances azotées, et l'acide carbonique comme expression des phénomènes d'oxydation en général.

Une opinion basée wr des données incertaines , sur celle-ci,, par exemple, que l'activité musculaire augmente la sécrétion de l'urée, a eu cours pendant longtemps. D'après ses défenseurs, les éléments du corps non azotés ne seraient employés qu'à la production de chaleur ; les éléments azotés, au contraire, qui composent les parties de l'organisme douées de formes particulières, contribueraient seuls à la production de travail mécanique, et ne formeraient de la chaleur qu'après un dédoublement amenant des produits privés d'azote. On fondait là-dessus une classification téléologique des aliments. La» aliments azotés étaient dits plastiques^ les aliments non azotés respiratoires. (Liebig.) On nonunait aussi les premiers dytiamogènes ou kbiésogènes, comme seuls producteurs de mouvement, et les seconds themiogènes , comme seuls producteurs de chaleur. (Bischoff et Voit. ) Mais depuis qu'il est prouvé que le travail mécanique n'augmente point la sécrétion de l'urée, cette manière de voir a perdu son point d'appui , et les arguments qu'on lui opposait ont recouvré leors droits. Il suffit de citer les meilleurs. (Traube.)

1. Un travail mécanique important peut être produit lors mémo que ralimcntation est peu azotée (végétale, par exemple) ; la plupart des bétes de somme sont herbivores, et les abeilles, qui ne se nourris-

BILAN BES FOHCËS. tiS

sent que de miejl, sont sans cesse en mouvement. Pour mettre ce fait d'accord avec la théorie précédente, il aurait fallu supposer que le travail mécanique du corps est très-peu de chose à côté de la chadeur produite, lors même qu'il atteint une haute valeur, ce qui est aujourd'hui contesté.

2. Les animaux à sang-froid, et de même les hommes et les animaux dans les zones brûlantes, chez lesquels, par conséquent , la production de chaleur est très-faible, ne preiuient en général qu'une nourriture végétale très-pauvre en azote.

3. Les carnivores, bien qu'usant fort peu d'aliments non azotés, produisent cependant une quantité de chaleur suffisante, sans avoir besoin de se procurer, par un Iravail mécanique quelconque, les produits de dédoublement non azotés nécessaires.

4. Enfin il est prouvé que les substances albuminoïdes consommées dans un temps déterminé, calculées d'après 4'évacuation de rurée, sont loin de suffire pour expliquer le travail produit pendant le même temps, lors même qu'on exagère leur chaleur de combustion (Fick et Wislicenus) ; on peut ajouter, pour fortifier cet argument, que dans les pays montagneux les habitants ne prennent que du lard et du sucre pour toute provision quand ils font des toyages très-fatiguants.

On ne peut donc provisoirement désigner aucus ^favail pour lequel Tttsage d'aliments d'une espèce déterminée (azotés, jMhtBxemple) soit directanent nécessaire.

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