OÉOLUTITION
La déglutition est constituée par F^nsemble de3 actes qui conduisent le bol alimentaire de la bouche dans Tes-
216 LES MOUVEMENTS DU TUBE DiaSSTl^
tomac. Le chemin à parcourir est réprésenti^ par le pharynx et l'œsophage.
Le pharynx communique en avant avec la bouche, en haut avec les fosses nasales; il s'appuie en arrière contre la base du cr≠ il s'ouvre en bas dans le larynx et dans l'œsophage. L*orifîce bucco-pharyngien est limité en haut par le voile du palais, en bas par la partie supérieure de la baie de la langue, sur les côtés par les amygdales et les piliers antérieurs et postérieurs du voile du palais; rorifice nasopharyngien est limité en haut par la base du crâne, en bas par le voile du palais, sur les côtés par les apophyses ptérjgoîdes. Le pharynx représente un carrefour commun aux voies digeslives et aux voies respiratoires qui s'y entrecroisent, les voies respiratoires de postérieures devenant anté* rieures, les voies digestives d'antérieures devenant postérieures. Le pharynx possède une musculature striée formant les trois constricteurs du pharynx; la contraction de cei muscles détermine une élévation et un raccourcissement do pharynx, et un soulèvement de Tœsophage qui est porté ven la bouche et du larynx qui est porté contre la base de la langue. Les constricteurs du pharynx sont innervés par le rameau phar>'ngien du nerf vague.
L'œsophage est pourvu de fibres musculaires formant deux couches : une externe (fibres longitudinales) et uoe interne (fibres circulaires). Ces fibres sont striées ou lisses, suivant l'espèce animale considérée, et suivant la région de Tœsophage. Chez le chien, le rat, le mouton, les fibres soDt striées dans tout Tœsophagc; chez le lapin, il y a d« fibres striées dans toute retendue de Tœsophage; elles sonC mélangées de fibres lisses au voisinage de l'estomac; chef le chat, le cheval et l'homme, la partie supérieure de I'gbsophage contient des fibres striées, la partie moyenne un mélange de fibres striées et de fibres lisses; la partie inf^ Heure des fibres lisses. — Les nerfs destinés aux muscles œsophagiens proviennent du vague; mais ils présentent, chei les diverses espèces, des différences dans leur origine réelle (sont contenus exclusivement dans les racines du vague, chez le cheval et le chien ; h la fois dans les racines du glossopharyngien, du vague et du spinal, chez le lapin), et dans leurs voies de distribution (passent exclusivement par le récurrent; chez l'homme et le lapin, par les nerfs pharyn-
LB TBlfPS BUCCAL DE LA DÉâLUTlTION 2i7
giens et les laryngés externes, chez le cheval, Pane, le chien, le mouton).
La déglutition ne présente pas les mêmes caractères, selon que la substance déglutie est liquide ou solide (pâteuse).
Considérons le cas d'un bol alimentaire pâteux. Le bol est porté par la langue vers le fond de la bouche : la langue gonfle son dos en avant du bol, s'applique contre la voûte palatine par ce gonflement, qui se propageant d'avant en arrière pousse le bol devant lui vers le pharynx. Ce mouvement de la langue ne s'accomplit convenablement que si la mâchoire inférieure est immobilisée par la contraction des muscles masticateurs, qui l'appliquent contre la mâchoire supérieure ; aussi la bouche est-elle généralement fermée pendant la déglutition buccale. Mais cette fermeture de la bouche n'est pas nécessaire ; on peut déglutir sans fermer les lèvres ; on peut déglutir sans serrer les mâchoires; il suffit que la mâchoire inférieure soit immobilisée, soit par la contraction des seuls muscles masticateurs, les mâchoires étant maintenues écartées par un corps solide placé entre les dents; soit par la contraction simultanée des muscles élévateurs et des muscles abaisseurs de la mâchoire inférieure. La cavité buccale est toujours fermée en avant du bol par le dos d'âne de la langue, s'appliquant exactement sur la voûte palatine et contre les arcades dentaires supérieures.
Ce premier temps (temps buccal) de la déglutition, qui précède la déglutition proprement dite (c'est à proprement parler la prédéglutition) , est volontaire; il peut être arrêté à un moment quelconque et le bol peut demeurer à la surface de la langue, tant qu'il n'a pas été volontairement repoussé jusqu'à l'isthme du gosier. Ce n'est qu'alors que commence la déglutition vraie, phénomène réflexe, qui ne s'arrête pas une fois qu'il est commencé.
Au moment, où le bol vient toucher une région du
voile du palais, dont la situation sera précisée, tout ie mécanisme de la déglutition se met en mouvement; mais il est nécessaire qu'il y ait un bol à déglutir; oo peut bien exécuter à vide les mouvements buccaux de la prédéglutition ; les mouvements de la déglutition ne suivent pas. Si on déglutit à plusieurs reprises, coup sur coup, la salive buccale, on éprouve une difficulté inouïe, puis une impossibilité absolue d'exécuter les monrements de déglutition.
Au deuxième temps de la déglutition (temps pharfi^ glen), il se produit des mouvements de la langue, di plancher buccal, du pharynx, du larynx et des occlusions des orifices pharyngiens (de la bouche, des fofiMS nasales et du larynx).
La mâchoire inférieure reste immobilisée au temps pharyngien et par les mêmes moyens qu'au temps buccal. Le muscle mylo-hyoïdien se contracte, soulefôt la langue et rappliquant contre la voûte palatine, et h langue se portant brusquement d'avant en arrière et de haut en bas par la contraction des muscles hyo-glosses, agit comme un piston, pour rejeter le bol dans le pharynx. On constate la contraction du mylo-hyoIdien à h vue et au toucher : au commencement de la déglutitiODi on voit le soulèvement du plancher buccal; on peil reconnaître le coup de piston lingual, en introduisant dans la bouche et au-dessus de la langue, un tube de verre, dont l'orifice postérieur s'ouvre dans la caïilé pharyngienne, dont Torifice antérieur communique aiec un manomètre ; au moment de la déglutition, il se produit une élévation de la colonne manométrique cortex pondant à environ 20 cm. d'eau. On peut encore, aa introduisant le doigt dans la bouche, jusqu'au delà de II dernière molaire, immédiatement au-dessus de la ligne mylo-hyoïdienne, sentir à la fois la contraction da muscle mylo-hyoïdien sous-jacentaudoigt etle broaqae recul de la langue adjacente au doigt. Enfin on pêirt établir le rôle important des muscles mylo-hyoîdieas dans la déglutition en sectionnant leurs nerfs : le chien