‹ Eléments de physiologieChapitre 100 sur 379 · OU BOL ALIMENTAIRE · texte numérisé non relu

OU BOL ALIMENTAIRE

La préhension des aliments difTère selon qu'ils sont solides ou liquides et selon Fespèce animale considérée. Dans le cas de Phomme, les aliments solides, portés à la bouche, sont saisis et entraînés par Faction combinée des lèvres, de la langue et des dents. Les liquides sont versés dans la bouche, d'où l'emploi du verre à boire; — on peut aussi humer les liquides : on exerce un petit mouvement d'aspiration et le liquide est entraîné avec l'air, en faisant un bruit particulier; — dans la succion, les lèvres s'appliquent autour du mamelon ; la cavité buccale est fermée en arrière par le contact intime de la langue et du palais; le jeu simultané de la langue qui s'abaisse et se retire en arrière, de la mâchoire inférieure,

du plancher buccal et des joues détermine un vide (3 à 10 mm. de mercure) qui aspire le liquide. La succion est un phénomène réflexe compliqué, mettant en activité harmonique un grand nombre de parties; elle est régie par un appareil nerveux, constitué par des flbres centripètes (fibres de la V et de la 3"* branche du trijumeau, distribuées aux parois de la cavité buccale, et fibres du glosso-pharyngien) ; des fibres centrifuges (fibres du facial pour les lèvres, de Thypoglosse pour la langue, du nerf masticateur pour la m&choire inférieure et le plancher de la bouche), et un centre, qu'on localise dans le bulbe rachidien, région d'origine des nerfs centripètes et centrifuges considérés.

La mastication résulte .du fonctionnement simultané des dents qui broient les aliments, et de la langue, des joues et des lèvres qui les ramènent sous les arcades dentaires. — Les mouvements de la mâchoire inférieure sont de trois ordres : 1° mouvements A^éUvation (par la contraction des masséters, des temporaux et des ptérygoïdiens internes) et mouvements A* abaissement (passifs, par la détente des muscles élévateurs et chute de la mâchoire sous rinfiuence de son propre poids, se produisant seuls quand la bouche s'ouvre modérément; — actifs, par la contraction des ventres antérieurs (les digastriques, des génio-hyoïdiens et des mylo-hyoldicns, l'os hyoïde étant immobilisé et abaissé par la contraction des muscles omoplato-hyoïdiens, sterno-hyoïdiens, thyrohyoïdiens et sterno-thyroïdiens, ces mouvements actifs se produisant quand la bouche s'ouvre largement); 2° mouvements de glissement latéral ou de latéralité (par l'action combinée des ptérygoïdiens internes); 3" mouvements de glintment antéro-postéHeur (par la contraction des ptérygoîdieos internes), et de glissement antéro-postérieur (par la contraction des ptérygoïdiens externes). Les différents muscles qui interviennent dans la mastication sont innervés : les masséters. les temporaux, les ptérygoïdiens internes et externes par la branche masticatrice du trijumeau ; les muscles génio-hyo!- (liens, thyro-hyoïdiens, omoplato-hyoïdiens et àterno-hyoldieos par l'hypoglosse. Les mouvements de la mâchoire sont doDC essentiellement sous la dépendance du nerf masticateur, accessoirement sous celle de l'hypoglosse.

Les mouvements de la langue sont infinis, grâce à ses innombrables libres intrinsèques et extrinsèques. Une analyse peut- être schématique distingue des mouvements de raccourcissement et d'élargissement (muscles longitudinal et

LA '«R^HBNSION BT; LA ]iA3TIGATj[QN 215

hyo-gloss6),d'allongemepietde rétrécissement (muscle transverse), de creusement en gouttière longitudinale et de saillie en dos d'âne, de projection et de rétraction, d*abaissement et de soulèvement, de latéralité. Tous ces mouvements sont sous la dépendance de Thypoglosse : si Tun des nerfs hypoglosses est paralysé ou sectionné, la pointe de la langue au repos est dirigée du côlé sain, par tonus des fibres longitudinales ; la pointe de la langue projetée au dehors est dirigée du côté paralysé, par tonus du génio-glosse du côté sain qui entraîne la pointe de la langue du côté opposé.

Les mouvements des joues qui interviennent dans la mastication sont sous la dépendance du muscle buccinateur, innervé par le nerf masticateur; les mouvements accessoires des lèvres sont sous la dépendance du muscle orbiculaire des lèvres, innervé par le facial.

Les mouvements de la mastication sont donc souâ la dépendance de muscles appartenant aux sphères de distribution de la branche motrice du trijumeau (mouvements de la m&choire dans la mastication normale et mouvements des joues) et de l'hypoglosse (mouvements de la langue et mou^ vements d'abaissement actif de la mâchoire); le facial n'a aucun rôle fondamental; sa double section ou sa paralysie double ne gênent la mastication que fort peu, et seulement parce que des parcelles alimentaires peuvent s'échapper par la bouche qui ne se ferme plus par la constriction de l'orbiculaire des lèvres.

La mastication est tantôt un phénomène volontaire, tantôt tm phénomène réflexe : l'impression originelle naît dans la cavité buccale et est conduite vers les centres par les fibres centripètes du trijumeau et duglosso-phâryngien. — On place le centre de la mastication au niveau du bulbe, point d'arrivée et d'origine des fibres intervenant dans la mastication : trijumeau, glosso-pharyngien et hypoglosse.

La formation du bol alimentaire résulte de l'action cominnée de la langue et des joues, qui mélangent les matières alimentaires avec la salive, dont l'écoulement est provoqué par les phénomènes de mastication et de gustation.

Page 1