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L'ABSORPTION DIGBSTIVE DES GRAISSES

paraît bien établi, de la diminution du nombre des bactéries intestinales dans l'alimentation lactée, et le fait de Tabsence de fermentations intestinales exagérées dans le ras de dépancréatisation. — On peut d'ailleurs, en introduisant des graisses émulsionnées, et notamment du lait ou de la crème, dans une anse intestinale isolée et lavée ou dans l'anse de Thiry, constater l'absorption de ces graisses par les chylifères correspondants.

Ces faits établissent la possibilité d'une absorption de graisses, en l'absence de tout dédoublement préalable. Sans doute, la proportion de graisse absorbée diminue, quand on supprime le suc pancréatique (avec une alimentation mixte, contenant une quantité moyenne de graisse, le chien normal peut absorber 97 p. 400 de la graisse ingérée — avec la même alimentation, le chien dépancréaté n'en absorbe plus que 72 p. 100), mais ce fait peut fort bien s'expliquer par les modifications de l'état physique de la graisse dans l'intestin, après l'ablation du pancréas. Les graisses paraissent devoir être d'autant plus facilement absorbées qu'elles sont en état d'émulsion plus parfaite ; or le suc pancréatique est un puissant agent d'émulsion ; il doit cette propriété : 1° à son état physique visqueux et filant; 2° à sa réaction alcaline (une émulsion n*est pas stable en milieu acide ; elle est d'autant plus parfaite que la réaction est plus alcaline); 3^ h son pouvoir saponifiant (les savons sont des agents puissants d'émulsion). On comprend dès lors que l'absorption des graisses non émulsionnées soit diminuée par suppression du suc pancréatique; nous avons vu que l'absorption des graisses émulsionnées (lait), au contraire, n'est pas sensiblement modifiée.

Le rôle joué par la bile dans l'absorption des graisses est comparable à celui du suc pancréatique. Chez l'animal à fistule biliaire complète, l'absorption des graisses non émulsionnées est réduite (un chien normal absorbant 97 p. 100 des graisses d'un repas déterminé, n'en absorbe plus que 6i: p. 100 après l'opération de la fistule biliaire complète); l'absorption des graisses émul-

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sionnées est au contraire à peine modifiéo. Or la bilf favorise l^'^juulsion dt^s graisses: 1<^ par son t3tal pliysiqut?, visqueux; 2** par son alcalinité; 3" par Tac lion dissolvante qu'exercent les sels biliaires sur les savons calciques (résultant de Faction des sels calciques intestinaux sur les savons provenant de la saponilication pa^ tielle pancréatique), qui peuvent dès lors jouer un rôle émulsif ; 4" par faction favorisante qu'elle exerce sur la saponilication pancréatique (V. p. 204) et par là sur Témulsion des graisses.

En résumé : les graisses sont absorbées pour une part à l'état de graisses neutres ; cette absorption est favorisée par leur état d'émulsion ; le suc pancréatique et la bile favorisent cette émulsion. L'état visqueux de ces sucs est une condition favorable à l'émulsion ; leur alcalinité lutte avantageusement contre l'action anti-émulsive des acides du chyme; la stéapsine du suc pancréatique, en (engendrant des acides gras, qui donnent des savons avec les alcalis dos deux sucs, aide à l'émulsion. Poor une autre ])arl, les graisses sont saponiiiées par le sur pancréatique avant d'être absorbées ; cette part n'estpasi perdue pour l'organisme : Ja bile, en dissolvant les savons do rhaux, les empoche d'échapper par leur étal physique à l'absorption ; la muqueuse intestinale absorbe les acides gras et les savons, pour en faire des graisses neutres.

Le rôle commun do la bile et du suc pancréatique se manifeste bien dans les deux expériences ou observations suivantes. — \^ Chez le lapin, le suc pancréatique se déverse à 35 cm. environ au-dessous de la bile, dans l'intestin ; dans toute la partie où il y a seulement de la bile, les chylifères ne sont pas sensiblement lactescents: ils le deviennent à partir du point où se déverse lesnc pancréatique. — 2° Si, chez le chien, on pratique la/tstv'e cholécysto-intestinalc (ligature du cholédoque, abouchement de la vésicule biliaire dans l'intestin, à une certaine tlistanco au-dessous de l'ampoule de Vater), on conslatc* qu'a[>rès un repas riche en graisses, les chyli-

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•es sont à peine lactescents, dans la partie qui ne connl que du suc pancréatique, tandis (ju'il deviennent tlement laiteux à partir du point exact où se déverse bile.

Hes expériences ne démontrent pas que la présence lultanée de la bile et du suc pancréatique est une idition nécessaire de l'absorption des graisses : on voit graisses absorbées et les chylifères lactescents, 3Z un animal ne possédant plus qu'une seule sécréd; niais elles démontrent, sous une forme frappante, suractivité de l'absorption en présence du mélange i deux sécrétions.

-a quantité de graisse absorbée varie avec la nature la graisse ingérée : cette quantité est d'autant plus .nde que le point de fusion est moins élevé. Si un en de 20 kg. reçoit 100 gr. de graisse, il en absorbe k 98 gr., si c'est de l'huile d'olives ; 90 à 95 gr., si c'est la graisse de porc; beaucoup moins, si c'est de la isse de mouton; 12 gr., si c'est de la tristéarine pure. Chez un homme porteur d'une fistule du canal thoraue, le chyle était fortement laiteux, 2 h. environ après [gestion d'une ration contenant de l'huile; il était leine opalescent, 6 h. environ après l'ingestion d'une ion contenant des graisses fusibles à 00°. ^es faits conduisent à l'hypothèse suivante (ce n'est 'une hypothèse). L'absorption des graisses fusibles à e température inférieure à celle du corps se ferait lisemblablement sans transformation préalable ; celle s graisses fusibles à une température supérieure ne ferait qu'après saponification préalable; — si cette pothèse est exacte, le suc pancréatique serait indispenble à l'absorption de graisses fusibles à température ivée, telles que le blanc de baleine ; les expériences de rification directe n'ont pas été faites.

)o a cherché et on doit chercher à ramener les phénooes de Tabsorption intestinale au simple jeu des forces ysiques. — Nous rappellerons ici quelques notions élémenres relatives à la diffusion et à l'osmose.

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Si dans une éprouvette on dispose l'une au-dessus de l'autre, et sans les niélanj^er, une solution de chlorure de sodium et de l'eau distillée, le sel dissous dans la liqueur inférieure passe peu à i)cu dans la liqueur supérieure : il v a diffusion, et le mouvement du sel continue jusqu*à ce qu'il y ait égalité de salure dans toute la masse liquide. — La vitesse de diffusion dépend de la nature de la substance dissoute : elle est grande pour les cristalloîdes (elle varie pour chacune d'elles), elle est petite et souvent nulle (il n'y a pas de diffusion) pour les colloïdes. S'il s'agit d'un mélange de plusieurs substances dissoutes, chacune difTuse suivant ses lois propres, de sorte que, pendant que s'accomplit h diffusion, la composition varie pour chaque tranche liquide.

Au lieu de superposer, pour observer la dilTusion, deux liquides de composition différente, on peut les séparer pu une lame de papier parchemin, membrane perméable, dislyseur. Les phénomènes sont semblables à ceux qu'on peut observer dans l'éprouvette ; mais on peut les analyser plas exactement. Supposons que de part et d'autre du dialysear soient deux solutions de chlorure de sodium de conceotntion inégale : de l'eau passe de la liqueur la moins concentrée dans la liqueur la plus concentrée; du chlorure de sodioa passe de la liqueur la plus concentrée, dans la liqueur II moins concentrée; et ces mouvements en sens inverses se oootinuent, jusqu'à ce qu'il y ait égalité de composition des desx liqueurs. — Si les liqueurs séparées par la membrane diilysante contiennent des mélanges de sels, l'eau passe, de k liqueur qui, dans un volume déterminé, contient le moins de molécules chimiques, dans celle qui en contient le pitf; chaque sel passe, dans un sens ou dans l'autre, selon $a pr^ portion dans les deux liqueurs, et ces mouvements continoeili jusqu'à ce qu'il y ait identité de composition. Si les liquem contiennent à côté des cristalloîdes, des colloïdes, ces de^ nières ne dialysent pas.

On peut obtenir des membranes dialysantes plus ou moiv perméables; nos dialyseurs ordinaires sont perméables iH sels, imperméables aux colloïdes, mais on peut imagiBcr des membranes (jui ne seraient perméables qu'à certtiil sels. A la limite, on a la viemhvane hémi-perméable, qui eit imperméable aux cristalloîdes comme aux colloïdes et < laisse passer (jue le dissolvant. A travers une telle membni^ l'eau passe de la licpicur qui, sous un volume donné, oontiMt le moins de molécules chimiques, dans celle qui en contientli

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is, jusqu'à ce que les deux li(}ueurs contiennent le même nbre (le ces molécules, indôpendamuicnt de leur nature, is un même volume. Il se produit un équilibre aqueux \ ravers la mem^)rane hémi-perméable, et un équilibre chi- ]ue quantitatif, mais non qualitatif, /absorption intestinale n'est pas une simple fîltration, erminée par la pression exercée par les contractions intesales sur le liquide contenu dans l'intestin, car il est des , où le liquide ne pénètre pas tel qu'il est, où il subit soit î concentration, soit une déconcentration. D'ailleurs, la ission exercée sur le contenu intestinal par les mouvents péristaltiques de la paroi ne saurait déterminer que déplacements de ce contenu, car ces contractions ne t jamais jusqu'à l'oblitération de l'intestin et ne se prosent pas simultanément dans toute l'étendue de l'intestin. 'absorption intestinale n'est pas une simple osmose, com- Bible à la dialyse à travers une membrane hémi-perméable, les substances dissoutes sont absorbées comme l'eau ; — comparable à la dialyse à travers une membrane de parche- I, car les colloïdes sont absorbées comme les cristalloïdes. <a paroi intestinale joue un rôle actif dans Vaôsoiytion. — efTet : les graisses non solubles dans l'eau, non diÎTusibles, it absorbées en nature; nous les avons vues dans l'épaisir de la paroi, sous forme de fines gouttelettes. — La paroi estinalc fait des transformations chimiques ; reconstitution protéiques aux dépens des protéoses, synthèse des graisses c dépens d'acides gras et de glycérine aux dépens de rons.

>rtains physiologistes ont cherché à démontrer que l'abrption intestinale des cristalloïdes échappe, au moins dans rtains cas, aux lois physiques de la diffusion et de Tosmose. Mais les expériences qu'ils citent peuvent être interprétées ! façon à rentrer dans le cadre de la physique, au dire de lelques antres physiologistes. La question est à l'étude; il nvient de réserver provisoirement toute conclusion à ce sujet. Comme l'intestin grêle, le gros intestin (caecum, côlon, ctum) peut absorber des substances dissoutes colloïdes et Istalloldes. La muqueuse digeslive dans toute son étendue ut absorber, mais l'absorption normale se fait essentielleînt dans l'intestin grêle : dans les voies digestives ausiphragmatiques, les aliments ne séjournent que quelques liants; dans l'estomac, l'absorption est peu intense; dans gros intestin, les matières ne contiennent plus (luc des

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traces «le substances al)S()rl)al)les. Toutefois, dans les comiilioris normales, on piMit constater une absorption \kit Ip gros intestin : on trouve en effet dans Turine de Turobiline et des sels d'acides sulfo-conjngués, produits de fermentations, qui s'accomplissent dans le gros intestin.

Les poumons sont les organes de l'absorption des gaz et des vapeurs, oxygène, vapeurs anesthésiques, gaz toxiques.

La peau des mammifères n'absorbe pas en général : ploDgé dans un bain salin, Thomme n'absorbe ni eau, ni sels dissous, pourvu que sa peau soit saine et intacte. Toutefois des échanges gazeux, fort réduits sans doute, mais faciles i manifester, se produisent au niveau de la peau. On peut faire absorber par la peau des substances volatiles à la te» pérature du corps, surtout quand ces substances (iode, iodoforme, acide salicylique, chloroforme, mercure) sont protégées contre Tévaporation par une enveloppe imperméable. — Chez les animaux aquatiques à peau mince et lisse, tels que la grenouille, la peau est le siège d'échanges gazeux et peut-être d'échanges salins assez énergiques.

Thérapeutiquement^ on utilise la propriété d'absorption di tissu cellulaire sous-cutané; physiologiquementj celle delà cavité péritonéale. — La méthode des injections hypodermiques permet de fiiire pénétrer dans le sang des substaocet dissoutes, introduites sous la peau. La substance passe dire& tementdans les vaisseaux sanguins, au moins pour une large part. Si, par exemf)le, chez un chien, on sectionne la cuisse, en ne respectant que l'artère et la veine fémorales, et si on injecte, sous la peau de la patte, de la strychnine, on provoque des convulsions : la strychnine a nécessairemenl pénétre dans le corps par la voie veineuse, seule conservée. Cette méthode s'emploie en thérapeutique pour la morpbioe, pour le& sérums préventifs; en physiologie pour la voMphine, le curare, et en général les alcaloïdes. — Quelquefois on fait, en vue de recherches expérimentales, des injeetiom intra-péritonéales ; on pourrait de même faire des i^jectioBS intra-pleurales.

Si la plupart des organes et tissus permettent TabsorpliOQ, cette propriété n'est pourtant pas générale. Si on introduit dans la vessie un alcaloïde, capable de se manifester pir une réaction physiologi(iue caractéristique, atropine, pilocarpine, strychnine, etc., ou un sel facile à mettre en éfidence, iodurc de potassium, etc., on constate qu'ils ne soat pas absorbés.

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