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LA CRITIQUE DE LÀ THÉORIE DE LUDWIO

que celle du phosphate disodique, comme Tont établi des expériences directes; que le passage de l'urine dans lies tubes urinifères est trop rapide pour permettre à l'équilibre final d'être atteint, et que dès lors l'urine peut avoir une réaction acide, sans que les lois physiques soient en défaut.

2* Un homme de 70 kg. élimine 35 gr. d'urée en 24 h, en moyenne ; son sang contient 08^,5 d'urée par litre (et cette urée est également répartie entre le plasma et les globules) ; les 35 gr. d'urée correspondent à 70 litres de plasma, qui auraient dû filtrer à travers les glomérules en 24 h., et dont 68^*S5 auraient dû être réabsorbés, an niveau des tubes contournés, puisque la quantité d'urine est d'environ 1"*,5. Ce sont là des nombres énormes. — Un homme de 70 kg. a 6 litres de sang ; ce sang accomplit environ 3 circulations totales par min.; le CGBur lance donc par min. 18 litres de sang, soit 25920 litres en 24 heures. Les reins représentent 1/200^ du poids du corps. Si on admet que la répartition du sang est proportionnelle au poids des organes, les reins reçoivent 130 litres de sang en 24 heures; ce sang perdrait 70 litres d'eau, au niveau des glomérules, c'est-à-dire plus de la moitié de son volume, et, comme il est formé pûT parties égales de globules et de plasma, il serait rédait à ses seuls globules, ce qui n'est pas vraisemblable. Si môme on admet que la quantité du sang qui traverse le rein est double de celle que l'on vient d admettre, 260 litres p. ex., le sang perdrait encore la ïûoitié de son eau, au niveau des glomérules, ce qui n est pas vraisemblable.

Ces considérations ne renversent pas, sans doute, la ^éorie de Ludwig, mais elles invitent à ne l'accepter ^*avec réserve.

A. Tappui de la théorie de Bowman, on peut faire valoir les faits suivants :

^^ Si on lie les uretiTcs d'un oiseau, on trouve, quel- ^^es heures après l'opénition, des dépôts d'uratos dans *^ ï*ein : ils sont oxclusiveuient localisés dans la partie

contournée des tubes urinifères; ils ne se rencontrent jamais dans la capsule.

2*» On peut, chez les mammifères, mettre en évidence le rôle sécréteur de Tépithélium des tubes contournés pour le sulfo-indigotate de soude ; sans doute^ ce n'est pas une substance spécifique de l'urine, mais les expériences n'en constituent pas moins de précieuses indications. — On sectionne la moelle dorsale supérieure du lapin, de façon à supprimer (par abaissement de la pression sanguine) la formation d'urine, et on injecte dans une veine de l'animal 5 ce. d'une solution saturée à froid de sulfo-indigotate de soude. Après un temps variable, on sacrifie l'animal et on injecte dans les vaisseaux du rein, par l'artère, une solution saturée de chlorure de potassium ou de chlorure de calcium, ou de Taicool, pour précipiter et fixer la couleur bleue, là où elle se trouve. — On peut constater que, quelques minutes après l'injection, l'épithélium seul des tubes contournés est bleu, la lumière de ces tubes contournés et tout le reste du rein est incolore; qu'une heure après l'injection, l'épithélium des tubes contournés est incolore, la lumière de ces tubes contournés est bleue, le reste du rein est incolore. Donc l'indigo, injecté dans le sang, a (Hé pris par les cellules des tubes contournés et déversé dans la lumière de ces tubes; comme la sécrétion aqueuse du rein a été tarie par la section médullaire, l'indigo reste là où il a été sécrété et excrété. On n'en trouve pas dans le reste du rein ; donc son excrétion est limitée aux tubes contournés.

On peut faire la même expérience, sur un animal à moelle intacte, dont la sécrétion rénale aqueuse n'est pas tarie. Quelques minutes après Pinjection, on trouve de l'indigo dans l'épithélium seul des tubes contournés; on n'en trouve pas trace dans la capsule glomérulaire. Un peu plus tard, on trouve de l'indigo dans l'épithélium des tubes contournés et dans la lumière des canaux urinifères, depuis leur origine jusqu'au bassinet; on n'en trouve pas dans la capsule glo* mcruiairo; plus tard encore, on n'en trouve plus dans

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