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LE DOSAGE DE L'HÉMOGLOBINE

dilué et laqué par addition d'eau en quantité mesurée; et on se sert comme solution titrée d'une solution d'oxyhémoglobine, ou de carboxyhémoglobine, ou même de carmin. Le sang doit être oxygéné (il suffit de l'agiter avec de l'air) à saturation pour que tout son pigment soit à l'état d'oxyhémoglobine, seule comparable colorimétriquement aux solutions types; — le sang doit être dilué, car la quantité de pigment contenue dans le sang normal est trop considérable pour se laisser traverser par la lumière sous une épaisseur mesurable; — le sang doit être laqué, car ce n'est qu'après laquage qu'il devient transparent. On peut comme liqueur de comparaison substituer avec avantage une solution de carboxyhémoglobine à une solution d'oxyhémoglobine, car tout en présentant la même coloration que l'oxyhémoglobine elle est moins altérable qu'elle. On peut même employer une solution ammoniacale de carmin, plus facile à préparer qu'une solution d*oxyhémoglobine pure, et titrée une fois pour toutes en valeur colorimétrique. On peut enfin substituera ces liqueurs des verres colorés en rouge d'oxyhémoglobine et formant une échelle de teintes d'intensité croissante, dont chaque terme correspond colorimétriquement à une épaisseur donnée d'une solution titrée d'oxyhémoglobine.

La méthode colorimétrique n'est pas sans doute d'une rigueur mathématique, car on éprouve une certaine difficulté à apprécier rigoureusement l'égalité de deux colorations; mais elle est d'une exactitude plus que suffisante pour les recherches physiologiques et cliniques, et elle a l'avantage de pouvoir .être pratiquée avec une quantité de sang très petite : 1 centim. cube et même moins.

2" La méthode hématoscopique consiste à déterminer l'épaisseur minima sous laquelle on doit examiner une solution d'oxyhémoglobine ou du sang dilué et laqué pour observer les deux bandes d'absorption caractéristiques de l'oxyhémoglobine. Les épaisseurs de deux solutions pour lesquelles se manifeste le phénomène sont inversement proportionnelles aux quantités d'oxyhémoglobine dissoutes dans un même volume des deux solutions. Pratiquement on se sert de l'appareil appelé hématoscope formé par 2 lames de verre de 60 mm. de longueur en contact à une extrémité, distantes de 300 jx à l'autre extrémité, comprenant ainsi entre elles un espace angulaire dans lequel on fait pénétrer le sang dilué et laqué. On déplace l'appareil devant un spectroscope et on détermine l'épaisseur minima pour laquelle le spectre pré-

sente nettement les 2 bandes, séparées par un intervalle franchement éclairé. On procède de même avec la solution type titrée, et on a tous les éléments pour calculer la teneur en oxy hémoglobine du sang dilué et laqué. Cette méthode est beaucoup moins précise que la méthode colorimétrique, car la détermination du point où commence à se manifester le phénomène des bandes est chose délicate et peu précise. Insuffisante pour la plupart des recherches de physiologie, elle est parfaitement suffisante en clinique ; elle a l'avantage de pouvoir être pratiquée avec des quantités infiniment petites de sang.

3° La méthode par détei*mination de l'oxygène dissociable consiste essentiellement à saturer le sang d*oxygène en l'agitant au contact de l'air, à extraire par l'action combinée du vide et de la chaleur les gaz d'un volume connu de ce sang, et à déterminer la quantité de l'oxygène contenu dans les gaz extraits.

Cette méthode n'est pas parfaite : en effet, la quantité d'oxygène que peut fixer une quantité donnée d'hémoglobine varie avec la température; — une partie de Poxygène est en solution dans la liqueur, non combiné à l'hémoglobine; — enfin les procédés absorptiométriques adoptés par les physiologistes pour doser l'oxygène dans un mélange gazeux sont peu précis. D'ailleurs cette méthode nécessite l'emploi d'une grande quantité de sang : 30 à 40 centim. cubes au minimum (ce qui rend son emploi impossible en clinique) et exige un appareil compliqué et délicat pour l'extraction des gaz.

En résumé, il convient de conseiller l'emploi de la méthode colorimétrique qui réunit les avantages suivants : facilité et rapidité de la détermination, exactitude très satisfaisante, emploi d'une quantité très petite de sang.

On a trouvé chez l'homme dans 400 gr. de sang environ 13 1,'r. d'hémoglobine. — En général la quantité d'hémoglobine contenue dans le sang est proportionnelle, pour une espèce donnée, au nombre des hématies; c'est dire que la richesse des hématies en hémoglobine est en général constante.

La valeur hémoglobinique d'une hématie s'obtient en divisant la quantité d'hémoglobine contenue dans un volume donné de sang par le nombre des hématies con-

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