GLOBULES ET PLASMA
Le sang circulant se compose de plasma et de globules; le sang défibriné, de sérum et de globules. On peut, entre les globules et le liquide sanguin, considérer des rapports de volume, de coagulation, de toxicité.
a. Rapports de volume.
Les cliniciens et les physiologistes ont besoin de connaître le rapport des volumes du plasma (ou du sérum) et des globules du sang. Ils emploient à cet effet les procédés suivants.
1° Si on bat le sang extrait des vaisseaux, on en retire sous forme filamenteuse toute la fibrine qu'il peut fournir aux dépens du fibrinogène contenu dans son plasma: cette fibrine peut être lavée, desséchée, pesée. Soit f le poids de fibrine fourni par un vel. v de sang : supposons qu'une portion du même sang ait été brusquement refroidie à 0% au sortir du vaisseau, et abandonnée au repos pour permettre la séparation du plasma et des globules. Prélevons un vul. p' de plasma, ramenons-le à la température ordinaire et, pendant qu'il coagule, battons-le pour réunir la fibrine en filaments : soit f* le poids de cette fibrine lavée, desséchée. Soient p le vol. du plasma, g le vol. des globules contenus dans un vol. v de sang. La fibrine dérivant du. fibrinogène exclusivement contenu dans le plasma, son poids est proportionnel au vol. de plasma dont elle provient; nouspouvons donc écrire les égalités suivantes *.
p = kf et p' = kf '
d'où nous tirons :
formule qui permet de calculer g au moyen des 4 quantités Vf j/ feif que nous avons déterminées.
On a signalé une cause d*erreur dans cette méthode : la fîbrine fixe toujours, quand elle se produit dans le sang, quelques éléments figurés dont on ne peut la débarrasser par lavages; son poids est de ce fait augmenté; — il n'en est pas de même de la fibrine provenant du plasma. Dès lors le vol. des globules calculé d'après la formule donnée est trop petit. En outre la méthode nécessite des manipulations longues et délicates : réfrigération et conservation au froid du sang, lavages de fibrine, dessiccations, pesées. Elle demande à être pratiquée sur une quantité appréciable de sang, car 100 ce. de sang ne fournissent que 1 à 2 décigr. de fibrine sèche, quantité à peine suffisante pour une détermination convenable;
2** Si on abandonne au repos du sang défibriné ou rendu non spontanément coagulable, les globules peuvent se déposer au fond du récipient, surmontés du plasma ou du sérum. Une simple lecture dans une éprouvette graduée fait connaître les volumes respectifs du plasma (ou du sérum) et des globules, lorsque le tassement des globules est achevé. Ce procédé excellent pour le sang de cheval dont les globules se déposent vite, acceptable pour le sang d'homme dont les globules se déposent lentement, est inapplicable au sang du bœuf, du mouton, et en général de la plupart des animaux domestiques dont les globules restent indéfiniment en suspension. Lorsque le dépôt se produit lentement, comme pour le sang humain, un certain nombre de globules se détruisent en se dissolvant dans le sérum. On peut remédier à ces inconvénients en fixant les globules par la liqueur de Mûller (solution à 2 p. 100 de bichromate de potasse et à 1 p. i 00 de sulfate de soude) ajoutée au sang à volume égal, et en activant ou déterminant le dépôt par la centrifugation dans un tube gradué. L'ensemble des appareils employés pour cette opération constitue un hématocrite.
La méthode comporte des causes d'erreur : on ne peut admettre que les globules s'accolent entre eux de façon à expulser la totalité du sérum, étant donnée leur forme : le nombre lu est donc trop grand; — en outre la liqueur de Mùller gonfle les globules : le nombre lu est donc trop grand.