LE DIABÈTE LÉGER
La diminution du pouvoir glyco-fîxateur de Torganisme, dans les cas de diabète léger, vraie pour la glycose, n'est pas vraie pour la lévulose. A un homme qui, à la suite d'une ingestion de 50 gr. de glycose, élimine 10 gr. de sucre urinaire, on peut faire ingérer 50 gr. de lévulose, sans provoquer de glycosurie. Le même fait s^observe chez les animaux à dépancréatisation partielle : ils ont perdu partiellement la propriété d'utiliser la glycose ; ils n'ont pas perdu, au moins au même degré, la propriété d'utiliser la lévulose : leur foie ne contient que peu de glycogène, à la suite de l'absorption de glycose ; il en contient beaucoup plus, à la suite de l'absorption d'une mênie quantité de lévulose.
Ces faits établissent que, dans le diabète léger expérimental (ablation partielle du panci^éas), il s'agit d'une utilisation imparfaite de la glycose absorbée, et non d'une exagération de la production de la glycose hépatique; car la lévulose étant retenue dans le foie, sous forme de glycogène normal, on ne comprendrait pas Tabsence de glycosurie après ingestion de glycose, s'il s^aglssait d'une hyperglycogénèse.
IV. La glycosurie du diabète grave ou maigre (outre la glycosurie, le diabétique présente de la polyurie, de l'azoturie, de la polydypsie, de la polyphagie, de Tamaigrissement) subsiste même avec une alimentation exclusivement protéique et grasse, même pendant le jeûne ; elle augmente d'ailleurs par l'alimentation ; elle augmente surtout par l'ingestion d'hydrocarbones. Ex. :
ALIMENTATION DU DIABI^TIQUE (31 hCUrOS)
Protéiqnes
Graisses.
Hydrocarboncs
SUCRE URINAI
(24 houros)
Of
Ofir
52Br
in
On peut reproduire le diabète grave (glycosurie et auti^es symptômes) par l'ablation totale du pancréas,
410 LE GLYCOOÈNE ET LA 6LTG0OÉNÈSE
chez le chien et chez le chat. Il se produit, après celle opération, rapidement (en quelques heures) de Thyperglycémie (le sucre du sang atteint 3, 4 et plus p. 1000) et une glycosurie considérable. La glycosurie persiste, diminuée sans doute, mais importante, après 7 jours de jeûne; avec une alimentation exclusivement protéiqae et grasse, elle est plus considérable que pendant le jeûne; elle augmente encore à la suite de ilngestion d'hydrocarbones, la totalité, ou à très peu près, de ces hydrocarbones passant dans les urines, sous forme de glycose.
Certains auteurs ont prétendu séparer, de façon absolue, le diabète grave, dans lequel la glycosnrie persiste après suppression des hydrocarbones alimentaires, du diabète léger, dans lequel la glycosurie n'existe qu'après ingestion d'hydrocarbones, et en faire deux maladies essentiellement distinctes. — Nous ne saurions admettre cette conception. A priorij ne serait-il pas étrange que l'ablation presque totale du pancréas produisit une maladie et que l'ablation totale du pancréas en produisît une autre, dont la nature et le mécanisme seraient différents? L'étude méthodique du diabète grave permet d'ailleurs d'établir qu'il n'est qu'une exagération du diabète léger.
L'accumulation du sucre dans le sang et son élimination par les urines, chez le diabétique maigre, penl s'expliquer par 2 hypothèses : ou bien rutilisation (combustion, transformation et fixation sous forme de glycogène ou de graisse) du sucre introduit ou formé dans C organisme est normale et sa production est exagérée; ou bien la production du sucre n'est pas exagérée et son utilisation est diminuée.
L'utilisation du sucre dans l'organisme peut se faire sous deux formes : 1° combustion avec production d'ac. carbonique et d'eau; 2" fixation sous forme de glycogène ou de graisses. Il n'est pas vraisemblable que les phénomènes de combustion soient modifiés, chez le diabétique maigre, car il élimine une quantité normale d'ac.