LES RÉACTIONS CHIMIQUES CALORIFIQUES
Dans les capillaires pulmonaires, le sang cède de la chaleur pour révaporation de l'eau et pour réchauITemcnt de l'air inspiré *. 11 perd de la chaleur, du fait de la dissociation des bicarbonates, qui libèrent de l'ac. carbonique; il gagne de la chaleur, du fait de la combinaison de l'oxygène avec l'hémoglobine. 11 n'est donc pas possible a priori de dire si le sang doit s'échaufîer, ou se refroidir, au niveau des poumons : l'expérience établit que le sang s'y refroidit.
Les quantités de chaleur lik)érées ou absorbées dans les phénomènes chimiques pulmonaires, ne sont pas négligeables. — On a établi que 1 gr. d'oxygène, se combinant à l'hémoglobine, fournit 0''"*,475. Les 750 gr. d'oxygène, consommés par l'homme en 24 h., fournissent 356"*,25. — On a établi que 1 gr. d'ac. carbonique, passant de l'état de combinaison dissociable à l'état gazeux, absorbe 0"*,140; les 850 gr. d'ac. carbonique, éliminés par l'homme en 24 h., consomment 110 cal. La différence 356,25 — 119,00, soit 23T='",25, représente la quantité de chaleur effectivement produite par l'ensemble des phénomènes chimiques pulmonaires : cette chaleur produite compense (l'expérience montre qu'elle ne la compense que pour une part) la perte calorifique due à réchauffement de Tair et à la volatilisation de l'eau.
Au niveau des capillaires de la circulation générale, dans les organes producteurs de chaleur, les réactions chimiques inverses et les phénomènes caloriHques inverses se produisent : dissociation de l'oxyhémoglobine, libérant en 24 h. 750 gr. d'oxygène et absorbant 3o0"',25; combinaison de l'ac. carbonique, fixant en 24 h. 850 gr. d'ac. carbonique et libérant ilU cal.; et par conséquant, somme toute, absorption périphérique de 237'*', 2i>* Cette chaleur, absorbée à la périphérie, compense (l'expérience montre qu'elle ne la compense que pour une part) le gain calorifique dû aux réactions chimiques intra-organiques.
Ce sont là des mécanismes remarquables, grâce auxquels les différences des températures des organes producteurs et
1. Toutefois, la chaleur ainsi utilisée n'est pas exclusivemeut fournie par lo sang pulmonaire, car l'air s'iM-liaulFo déjà et se charge déjà d'hoinidité dans les proniiores voios respiratoires, sans qu'il soit possiblo do lixor la part qui revient, dans ces phénomènes caloritiques, au saog puluionairo, et la part qui revient au sang de la circulation générale ; — sans qu'il soit possible, par suite, de décider si le refroidissemont qui en résulte se niaiiifcstera exclusivement sur le san|^ du cdMir droit, ou à la fois sur le san^^ <lu i^eur droit et sur le sang du cœur gauche.
déperdi leurs de la chaleur sont diminuées; gr&ce auiquelsk température des dilTcrents tissus est sensiblement la même (exception faite toutefois de la surface cutanée). Il n*y i aucun organe qui soit exclusivement producteur, ou exclasivement déperditeur de chaleur. Dans tout organe, se prodiisent des phénomènes calorifiques inverses, dont le signe de la somme algébrique varie suivant les organes, ce quipeimel de considérer des organes qui sont pratiquement prodoeteurs de chaleur, et des organes qui sont pratiquement dèperditeurs de chaleur.
Chez la plupart des homéothermes, le corps est reçoavert de poils ou de plumes, constituant une couche isolante, destinée à diminuer la perte caloriAque par rayonnement ou par conductibilité. Le rôle de cette couche isolante peut être mis en évidence, par Tétude da rayonnement calorifique chez Thomme nu et chei l'homme recouvert de vêtements, chez le lapin normal et chez le lapin rasé. C'est ainsi qu'un lapin normal, dans une enceinte à 15°, rayonne de 3<^*,7 à 4««*,2, pendant que le lapin rasé rayonne de 5<^\6 à 6<»*,8.
La température des homéothermes reste constante, alors que la température extérieure augmente on diminue, alors que la production de chaleur augmente ou diminue. Il existe donc un mécanisme régulateur de k température normale. Nous étudierons ce mécanisme, plus particuhèrement chez Vhomme, dans 2 cas particuliers : dans le cas de refroidissement intense et dans le cas d'échaufîemcnt du milieu ambiant; dans les cas oft il y a lutte de l'organisme contre le refroidissement oh contre Vcchauffement.
Supposons l'organisme en équilibre calorifique, pour une certaine température extérieure : la quantité de chaleur produite dans un temps donné est égale à la quantité de chaleur rayonnée et utilisée par révaporation périphérique, pendant le môme temps. Supposons qnc le milieu ambiant se refroidisse; il se produira nécessairement une augmentation de la radiation, car les quantités de chaleur rayonnées sont proportionnelles