LA LUTTE CONTRE LE REFROIDISSEMENT
aux différences de te m pt'^ rature entre le corps rayonnant et le milieu ambiant. Si, dans ces conditions, l'organisme ne se refroidit pas, ou bien la radiation calorifique n'est pas auqmcntéCy ou bien la production calorifique e$t augmentée.
Pour que la radiation calorifique ne soit pas augmentée, il suffirait que la température de la peau s'a- Imissât du même nombre de degrés que le milieu extérieur. Or la température de la peau s'abaisse, quand la quantité du sang qu'elle reçoit diminue : en effet, à l'état d'équilibre calorifique, pour une température déterminée de la peau et du milieu ambiant, la quantité de chaleur perdue par la peau est égale à la quantité de chaleur empruntée au sang par la peau, et cette dernière quantité est proportionnelle, toutes autres conditions égales, à la quantité de sang reçue. Si donc la quantité de sang qui arrive à la peau diminue, la quantité de chaleur cédée par le sang à la peau diminue ; dès lors, la perte surpassant le gain, la température de la peau s'abaisse (et par suite la radiation diminue), jusqu'à ce qu'elle atteigne une valeur, pour laquelle il y a égalité entre les quantités de chaleur reçues et perdues. Une ▼aso-constriction cutanée détermine donc nécessairement une diminution de la perte caloriOque ; de sorte que, théoriquement tout au moins, grâce à ce mécanisme vaso-constricteur, la radiation calorifique pourrait rester constante, dans un milieu dont la température s'abaisse : la température centrale resterait constante par simple modification de la température cutanée, sans que l'organisme doive nécessairement produire un excès de chaleur. La température cutanée serait sacrifiée pour sauver la température centrale.
Ce sont là des considérations théoriques qui se vérifient dans la pratique, au moins dans une certaine mesure. On sait que la peau, exposée au froid, pâlit par constriction de ses artérioles et affaissement de ses veines. Si on plonge une main dans l'eau froide, on la voit pâlir; on voit même généralement la seconde main
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pâlir, bien qu'elle ne soit pas refroidie. Si on tondit l^f H« avec de la glace une partie quelconque du corps, on constate un pâlissement général et un abaissement é« - ,^, la température de la peau. Cette réaction à distott l'^\ montre que la vaso-constriction périphérique générait 1 o provoquée par un refroidissement localisé, met en jw le système nerveux vaso-moteur par mécanisme refleie. Y a-t-il en outre, au point refroidi, action directe di froid sur les fibres musculaires lisses des vaisseanxt C'est ce qu'on ne saurait dire actuellement.
On a cherché à déterminer calorimétriquemenl l» grandeur de la perte calorifique cutanée et ses variations, sous l'influence du refroidissement du miUen ambiant. Mais cette détermination ne saurait fournir d^ résultats satisfaisants; en efTet, la quantité de chalenr perdue par la peau se divise en 2 parts : Tune est rayonnée et peut être mesurée par le calorimètre; l'autre est employée à l'évaporation de Teau, et ne penl être mesurée par le calorimètre. Or, cette dernière part varie avec la température extérieure, car la quantité d'eau évaporée, au niveau de la peau, varie nécessairement avec la température ; par conséquent, si le calorimètre nous renseigne sur la quantité de chaleur rayonnée, il ne nous fournit pas de renseignement exacts sur la quantité totale de chaleur perdue par la peau; négliger la chaleur employée à vaporiser l'eau, ce serait négliger une fraction importante de la chalear totale, et fausser de façon trop considérable les résultats.
La détermination peut toutefois se faire avec exactitude, dans le cas particulier où l'évaporation cutanée est nulle, c'est-à-dire dans le cas où le sujet est plongé dans un bain.
Supposons un homme, plongé dans un bain froid à température donnée, et déterminons, par Télévation de la température de l'eau, de minute en minute, les quantités de chaleur perdues par le sujet; nous aurons des renseignements précis sur les variations de la radiation calorifique, sous l'influence du refroidissement.