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LE BAIN FROID

Donc, au moins dans le bain froid, la température centrale de Vanimal est maintenue constante, grâce à un double mécanisme : i^ diminution du pouvoir émissif de la peau^ par suite de son abaissement de température, consécutif à la constriction de ses vaisseaux; — 2** augmentation de la production de chaleur.

Mais il faut se garder de généraliser et d'appliquer ces conclusions au cas d'un animal placé dans Tair; en efTet, la quantité de chaleur perdue par un animal aérien, plongé dans un bain froid, est infiniment plus grande que la quantité de chaleur perdue par lui dans Pair. L'homme dans l'air, à la température ordinaire, 18* p. ex., perd environ 2300 cal. en 24 h. ; l'homme, plongé dans un bain à 18», perd l'^\20 par min., soit 10368 cal. en 24 h., soit environ 4 fois 1/2 plus. Il en est de môme pour les animaux.

CHALEUR PERDUE POUR 1 H. ET 1*« flAK« UN MILIEU A 12*

Cbicn. Cobaye. Lapin.

DansTair 2"»,5^1 Ô'-'^ÔO 3">,55

DansToau 16 ,80 37 ,80 15 ,00

Notons en passant ce fait intéressant, que les mammifères marins, dont la température est 38",8 pour la baleine et 36",6 pour le marsouin, doivent ou produire une quantité énorme de chaleur, ou ôtre remarquablement protégés, contre la conductibilité calorifique, par la nature de leurs téguments. On sait que les oiseaux aquatiques ont les plumes huileuses et ne sont pas mouillés par l'eau, ce qui les protège contre les pertes énormes de chaleur par conductibilité.

Notons encore ce fait du même ordre : les animaux recouverts d'un vernis, qui augmente leur pouvoir tliermo-émissif, perdent, môme dans Tair, beaucoup plus de chaleur que les animaux normaux. Ex. pris chez le lapin : calories perdues en 1 heure et pour 1 kilogr., dans Tair ii iO\

Aproj»

Normal. Aprôs tonte. vcrniHRngc.

Lapin fi V^O r»,U8 7,3«

ft 1,13 r>,90 8,0'2 *

c '1,31 MO 7,fô

Moyonno (le 8 oxpérioiiccs 1,16 î>,07 7,58

Dès lors, il serait possible, au moins théoriquement, que les modifications do la circulation cutanée, chez les

animaux aériens, soient insuffisantes pour lutter contnle refroidissement dans Teau, tout en étant sufAsanU>s pour lutter contre le refroidissement dans Tair, et que. par suite, l'organisme animal lutte contre le refroidissement dans Tair par le seul jeu de ses nerfs vaso-moteurs cutanés. Nous ne pouvons accepter cette hypothèse: on a établi en ofTet que les combustions sont toujours an^ mentées, chez les homéo thermes, sons rinflneoce do refroidissement de Tatmosphère. Ex. :

La quantité d'ac. carbonique produit ponr 1 h. et 1 kg. à des températures de 0«, IS®, et 35®, est donnée par le tableau suivant : .

Petits oiseaux 18««,98 13«'.03 8^,«

Gros — 1 ,15 4 ,45 3 .©

Cobaye 3 ,5-i 2 ,53 2 ,09

Souris n ,K) 16 ,71 8 ,99

En résumé : ranimai lutte contre le refroidissement par refroidissement de la peau (constriction vasculaire) et par augmentation de la production de chaleur.

On doit se demander où et par quel mécanisme est produit cet excès de chaleur. La question n'est pas résolae complètement : on a surtout <Hudié le rôle du système musculaire dans ce phénomène.

On a démontré que les alTusions d'eau froide sur la peau du chien déterminent, en même temps qu'une vaso-construction cutanée, une vaso-dilatation musculaire : en effet, dans ces conditions, la pression sanguine et le débit sanguin augmentent dans les veines musmlaires dos membres. Il est donc logique de localiser dans les muscles une part tout au moins de l'excès (les combustions qui se produisent, sous l'influence du refroidissement cutané, d'autant plus que, pour certains viscères, et on particulier pour le rein n»n n'a i»a5 examiné la circulalion d(îs autres viscères), il y a vasoconstriction.

C'est un fait d'observation courante que, sous Fin- (luence du froid, le tonus musculaire est augmenté.

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