LE FRISSON
C'est an fait d'observation banale que le froid (air froid, bain froid, douche froide, etc.) provoque le frisson, c'està-dire une série de secousses musculaires convulsives. Il y a là une source de chaleur, comme nous l'avons précédemment établi.
L^exagération de la tonicité musculaire et le frisson sont produits par l'intervention du système nerveux central, provoquée par l'action exercée par le froid à la périphérie : ce sont des réactions réflexes. Ces deux mécanismes, et surtout le frisson, peuvent intervenir de 2 façons dans la lutte contre le refroidissement : préventivement et curativement ; préventivement, sous l'influencé du froid agissant à la périphérie, et avant tout abaissement de la température centrale ; curativement, quand la température centrale s'est abaissée au-dessous de la normale : c'est ainsi que si l'on abandonne à la température ordinaire un chien anesthésié par le chloral, p. ex., on voit sa température interne descendre à 32° et même à 30° ; puis, quand commencent à se dissiper les effets anesthésiques, on voit se produire un petit frisson, grâce auquel l'abaissement de température se produit moins rapidement; puis un frisson de plus en plus intense, grâce auquel la température reste d'abord stationnaire, puis augmente progressivement, jusqu'à reprendre sa valeur normale.
Des organes autres que les muscles prennent-ils part à la lutte contre le refroidissemment, comme producteurs de chaleur? G*est possible; mais la démonstration expéripientale n'en a pas été faite. Toutefois, dans le cas d'un animal refroidi, dont la température centrale est inférieure à la normale, on a pu démontrer rinfluence qu'exerce, dans le réchauffement, le foie, comme producteur de chaleur. Voici les faits. — On peut, en plongeant un animal (chien ou lapin) dans un bain froid à 5** ou 10**, le refroidir progressisivement et amener sa température centrale à 30% p. ex. Supposons que l'expérience soit faite sur le lapin, et que l'animal, refroidi à 30°, soit retiré du bain, essuyé et enveloppé de couvertures; des thermomètres ou des aiguilles thermo-électriques
plongés dans la peau, dans une masse musculaire, dans le foie et dans le rectum, renseignent sur le mode de réchaufTement. On constate que, dans une i** phase, la peai se réchaufTe, jusqu'au voisinage de 30% les parties profondes conservant sensitjlcmcnt leur température basse; et qu«. dans une 2^ phase, pendant laquelle il ne se produit pat de frisson, le foie se réchaulTe, les muscles conservant d'abonl leur température basse et ne se réchaufTant eux-mêmes que progressivement et secondairement, sans avoir jamais présenté l'exagération de tonicité ou le frisson : c'est là qb type de réchaufTement, qu'on peut appeler le type hépatiqm, dans lequel la chaleur produite est essentiellement, simn exclusivement, produite par le foie. — Supposons qne l'expérience soit faite sur le chien, refroidi à 30® : on constate que dans une 1'" phase, la peau se réchauffe, jusqu'au voisinage de 30"*, les parties profondes conservant sensiblement leur température basse; et que, dans une 2* phase. pendant laquelle il se produit de violents frissons, les muscles et le foie se réchauiïent simultanément : ce sont d'abord les muscles qui présentent un échaufîement plus rapide qoe le foie; c'est ensuite le foie qui présente un échauffement plos rapide que les muscles : c'est là un type de réchauffemenL qu'on peut appeler type musculo-hépatique, dans lequel la chaleur est h. la fois produite par les muscles et par le foie. De ces faits, on peut conclure que le foie prend une part essentielle chez le lapin, importante chez le chien, dans la production de chaleur, pour la lutte contre le ^efroidi9S^ ment, ou plus exactement dans la lutte pour le réchaaOèment. En est-il de même quand l'animal lutte préventivement contre le refroidissement? C'est possible; mais nous devons nous abstenir de l'affirmer, en l'absence de toute démonstration.
L'org/inisme n'est pas toujours victorieux dans sa lutte contre le refroidissement; son pouvoir régulateur lhe^ mi(|uo peut être mis en défaut, et il est des cîrcoDitanc(\s dans lesquelles la régulation de la températare n'est que partielle ou temporaire.
Il no s'agit ici que de la temf)ératurc des parties profondes, et non do la température de la peau. En effet, b température cutanée est essentiellement variable et suit (de loin sans doute) les oscillations thermiques da