‹ Eléments de physiologieChapitre 202 sur 379 · TEMPERATURE · texte numérisé non relu

TEMPERATURE

Peau.

Tissu

cellulaire

soas-cntand.

Muscle.

Foie.

Rectum.

Ces résultats montrent combien le mammifère aérien résiste mal au refroidissement, quand il est plongé dans un bain froid : sa température s'abaisse progressivement, et la

mort survient, après une période de dlminuation de Urales les fonction's vitales, quand la température interne est descendue au voisinage de 20°. Chez Thomme, on a signalé des températures de 26° et môme de 24% mais non inférieures : la mort se produit vraisemblablement, pour loi, un peu au-dessous de 24% tandis que le lapin résiste jusqu'à 18°, le chien jusqu'à 20°.

Lorsqu'un animal a été refroidi par le bain froid et qu'il est retiré du bain, 2 cas peuvent être disUngaés, selon (|uc rabaissement de la température interne est petit ou grand. — 1° Si cet abaissement de température ne dépasse pas quelques degrés, sans qu'il soit possible de fixer un nombre, car les choses varient selon l'espèce (disons seulement, pour fixer les idées, 4®, p. ex.), l'animal, retiré du bain, réagit efficacement, en fabriquant de lachaleur supplémentaire, d'autant plus efficacement qu'il est plus apte à fabriquer cette chaleur supplémentaire : le chien revient rapidement à la température normale, grâce à sa double réaction musculaire et hépatique signalée précédemment (p. 466); le lapin par contre, qui ne possède pas de réaction musculaire, mais seulement une réaction hépatique, ne recouvre sa température normale que lentement et péniblement. — 2° Si l'abaissement de la température centrale est grand, sans qu'il soit possible de fixer un nombre, car les choses varient selon l'espèce (disons seulement, pour fixer les idées, 15°, p. ex.), la réaction ne se produit plus : c'est ce que les physiologistes expriment en disant que les tissus refroidis ont perdu les propriétés physiologiques, grâce auxquelles ils fabriquent, chez l'animal normal, un excès de chaleur (c'est là le simple énoncé d'un fait, ce n'est pas une explication). Dès lors, la température s^abaisse progn.'ssivement, môme dans l'air à 15®, et lamort8li^ vient. Pour ramener à la vie un animal fortement refroidi, il est nécessaire de diminuer le rayonnement calorifique, en recouvrant l'animal de couvertures chaudes.

LA LUTTB CONTRE L'ÉCHAUPFEMENT 471

Pour lutter contre réchauffement, Torganisme dispose des procédés inverses de ceux qui lui servent à lutter contre le refroidissement. Si on suppose un animal en ^îquilibre thermique, pour une température donnée du milieu ambiant, et si on imagine que cette température s'élève, la radiation calorifique sera diminuée, puisqu'elle est proportionnelle à la différence des températures de la peau de l'animal et du milieu ambiant, et que cette dilTérence est diminuée; si donc la température de la peau reste constante, si la production de chaleur reste constante, l'animal doit s'échauffer. Il ne peut conserver sa température constante qu'aux conditions suivantes : 1" la température de la peau s'élève de façon que la différence des températures de la pean et du milieu ambiant reste la même qu'avant réchauffement de l'air; 2 la production de chaleur diminue; 3" une partie de la chaleur produite est^sorbée.

V Sous l'influence de réchauffement du milieu ambiant, la peau présente une vaso-dilatation évidente, manifestée par sa rougeur, produisant une élévation de sa température. Cette vaso-dilatation est essentiellement produite par un mécanisme réflexe, car elle est généralisée, alors même que l'action thermique a été localisée. Cette vaso-dilatation constitue un moyen préventif de lutte contre réchauffement, se produisant avant que la température interne se soit modifiée. Elle peut se produire aussi, comme moyen curatif, quand, sous une influence quelconque (travail musculaire, inspiration d'air chaud, ingestion d'aliments chauds), la température du sang dépasse la normale.

2" Sous l'influence de réchauffement du milieu ambiant, la quantité de chaleur produite diminue ; on sait que, dans ces conditions, l'intensité des combustions diminue : la quantité d'oxygène consommée et la quantité d'ac. carbonique produite diminuent. Cette réduction des oxydations se produit certainement, pour une part tout au moins, dans les muscles, dont la tonicité est diminuée; mais il est impossible de dire si cette réduc-

tion ne porte que sur les oxydations musculaires, ou si elle intéresse les oxydations accomplies dans d'autres

organes.

Ces 2 modes de lutte contre réchauffe ment pourraieDl suffire à maintenir constante la température du corps, quand la température ambiante s'élève, tout en restant notablemenl inférieure à la température du corps. Ils sont manifeitoment insuffisants, quand la température ambiante devient égale ou supérieure à la température du corps : — puisque, pour une température extérieure égale à la température do corps, le rayonnement calorifique est nul et que la ehalenr produite dans l'organisme, réduite sans doute, mais non supprimée, ne peut servir qu'à échaufTer l'organisme; — puisque, pour une température extérieure supérieure à U température du corps, Torganisme absorbe de la chaleur, en quantité faible sans doute, quand il est pourvu d'une pelure ou d'un plumage peu conducteurs; et que la température do curps doit augmenter, du fait de cette chaleur absorbée el surtout de la chaleur produite dans Torganisme. Ces considérations établissent la nécessité d'un mécanisme supplémentaire de lutte contre réchauffement.

3° I/organisme lutte contre réchauffement, par augmentation de l'évaporation d'eau, à la surface de la peau et dans les voies respiratoires. Normalement, une quantité importante d'eau s'éYai)ore à la périphérie (peau et voies respiratoires) ; on peut admettre comme moyenne très approximative, que cette évaporation consomme, chei riiomme adulte de poids moyen, au repos dans une enceinte à 15", environ 5()0 cal., par 24 h. Quand la température extéri(;ure s'élève, l'évaporation cutanée esl plus active ; c'est là un phénomène physique bien connu, et, de ce fait, la quantité de chaleur absorbée pour celle éva[)oration augmeiite. Mais l'organisme intervient aclivemenl pour augmenter cetUî évaporation, et, selon les espèces, il intervient en augmentant Tévaporation cutanée par la sudation [tupe à sudation, homme, cheval, Ane), ou l'évaporation respiratoire par la polypnée {type à polypnée, chien).

LA SUDATION 473

Dans un chapitre spécial (p. 485), nous étudions la sécrétion sudorale et son mécanisme. Rappelons seulement ici que la sudation se produit dans 2 circonstances : !• quand la température extérieure s'élève (quand, p. ex., elle atteint 35" à 40o); 2o quand la température interne s'élève au-dessus de la normale (travail musculaire, inspiration d'air très chaud, ingestion d'aliments ou de boissons chauds). Dans le 1®' cas, la sudation est un moyen préventif; dans le 2« cas, un moyen curatif, contre réchauffement interne ; dans le 1" cas, elle est la conséquence d'un réflexe provoqué par une action produite à la périphérie par la chaleur, et réfléchie par le système nerveux sur les glandes sudoripares; dans le 2* cas, elle est la conséquence de la mise en activité autochtone des centres sudoripares par le sang surchautTé.

La quantité de chaleur consommée pour évaporer la sueur est importante : la chaleur de vaporisation de Teau à 37° étant égale à 581 cal.

Le tableau suivant indique les quantités de sueur produites par l'homme dans diverses circonstances et les quantités correspondantes de chaleur (on suppose la vaporisaiion faite à 37% température du corps).

QUANTITÉ QUANTITÉ DK CHALKUR DE SUEUR COKHESPONDANTE

Mouvements modérés

pour 1 bcurc. pour i heure. pour 21 iicurcs.

Mouvements modérés ) ^ «„ . , .^ ,,v.,... ««

dans appartement chaud j ^"^^ -^^''^'^ ^^""^'^^

Mouvements violents > - .^ . .,. inA n»

dans appartement chaud } ^ *^ ^ '^^ ^^ '^

Mouvements, violents en plein soleil d'été

Si l'on admet que ror^anismo fabrique environ 100 cal. à l'heure (2400 en 24 h.), la sudation en plein soleil consomme environ 12 1/2 p. 100 de cette chaleur.

La consommation de chaleur par Tévaporation sudoraie est l'une des raisons, mais seulement V%me des raisons, pour lesquelles Thomme résiste bien à des températures très élevées dans l'air sec, où Tévaporation est rapide ; tandis qu'il résiste mai à des températures élevées dans l'air saturé d'humidité. L'homme maintient sa température constante, pendant 1 h., dans une étnve sèche, à 60" ; il ne peut la maintenir que quelques minutes dans une atmosphère humide, à 44*.

Dans le chapitre consacré à l'étude de la ventilation pulmonaire (p. 315), nous avons fait connaître les phénomènes de polypnée thermique et leur mécanisme, chei le chien. Rappelons seulement ici que la polypnée se produit dans 2 circonstances : l** quand la températore extérieure s'élève (quand, p. ex., elle atteint 40*") ; 2* quand la température interne s'élève au-dessus de la normale (travail musculaire, inspiration d'air très chaud, ingestion d'aliments ou de boissons chauds). Dans le 1* cas, la polypnée est un moyen préventif; dans le 2* cas, un moyen curatif, contre réchauffement interne ; dans le i^^ cas, elle est la conséquence d'un réflexe provoqué par une action produite à la périphérie par la chaleur, et réfléchie par le système nerveux sur Tappareil musculaire de la ventilation pulmonaire ; dans le 2* cas, elle est la conséquence de la mise en activité autochtone, suivant un mode spécial, du centre respiratoire par le sang surchauffé. Nous venons de répéter mot pour mot, au sujet de la polypnée, ce que nous avons dit, quelques lignes plus haut, au sujet de la sudation : n*estril pas légitime de dire que l'évaporation polypnéique est Tévaporation sudorale des animaux qui n'ont pas de glandes sudoripares, — ou encore, que les animaux polypnéiques suent par les voies respiratoires.

On a mesuré par la balance la quantité d^eau perdue par la polypnée, chez un chien de moyenne taille, et on a rapporté cette quantité à 1 h. et à 1 kg. de poids du corps : on a trouvé 11 gr., ce qui correspond, à la température du corps du chien, 38*»., h 6*^,3* Or, un chien de

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