LE PANCRÉAS
Le pancréas joue un rôle dans les phénomènes intimes Lie la nutrition : il intervient dans les phénomènes de Consommation et d'utilisation des hydrocarbones. Le chien, auquel on enlève la totalité du pancréas, présente, aussitôt après l'opération, tous les symptômes du diabète ^rav6 : polyurie, polydypsie, polyphagie, hyperglycémie 5t glycosurie, azoturie, amaigrissement. On observe les mêmes faits, chez les autres mammifères dont le pancréas peut être enlevé en totalité, tels que le chat et le singe. Quand l'ablation du pancréas est partielle, soit qu'on l'ait voulue telle (chien, p. ex.), soit qu'elle ne puisse être faite totale (porc, p. ex.), le diabète est plus ou moins léger, suivant la quantité de glande conservée, et, pour une quantité de glande égale à 1/10« environ de la glande normale, il n'y a aucun symptôme appréciable. — Dans un certain nombre de cas de diabète çrave, chez l'homme, on a constaté, à l'autopsie, des lésions pancréatiques. -- Chez les oiseaux domestiques [pigeon, canard), l'ablation du pancréas ne produit pas le diabète; elle le produirait au contraire, chez les )îseaux de proie (faucon, busard).
Le diabète expérimental est-il la conséquence de la suppression de Vécoulement du suc pancréatique dans Vinestin? — Non, car si, chez le chien, on enlève toute la portion du pancréas accolée au duodénum, en n'en conservant que les cornes, qui ne possèdent pas de canal excréteur débouchant dans le duodénum, on n'observe pas de diabète.
Le diabète expérimental est-il la conséquence du traumatisme opératoire? — Non, car le traumatisme opératoire est le môme, quand on enlève les 9/10®* ou quand on enlève la totalité du pancréas; or le diabète ne so. inani-
feste que pour Tablation totale. La démonstration peut recevoir une forme frappante : on enlève le corps et une corne du pancréas, et on insère la seconde corne sous la peau de l'abdomen, en lui conservant son pédicule vasculaire, jusqu'à ce que se soient établies des communications vasculaires pancréatico-cutanées ; on sectionne alors le pédicule vasculaire de la corne pan créatique. L'animal porteur de cette greffe sous-cutané< du pancréas^ sans connexions nerveuses ou vasculaireî normales, n'est pas diabétique ; mais il le devient, quanc
on enlève cette greffe, bien que l'opération soit insigni fiante et n'intéresse que des filets nerveux cutanés D'ailleurs, si des lésions ou traumatismes du systèm nerveux peuvent provoquer des glycosuries, ils ne pro duisent jamais le diabète : la glycosurie nerveuâe es temporaire et résulte d'une exagéraration de la produc tion du sucre aux dépens du glycogène, et non, comm le diabète, d'une diminution ou d'une suppression d pouvoir utilisateur de la glycose, ainsi que nous Tavon établi chapitre XX, p. 410.
. Le diabète est la conséquence de la suppression fonction nelle de la glande pancréatique.
Par quel mécanisme se produit le diabète expérimental^: Deux hypothèses sont possibles : ou le pancréas es le point de départ d'excitations qui, réfléchies par les système nerveux, agissent sur les organes consommateurs et utilisateurs de la glycose; — ou le pancréas modifie la composition ou les propriétés du sang qui le traverse (organe hématopoïé tique). La i"^ hypothèse doit être rejetée, puisque le diabète ne se produit pas, chez le chien à greffe pancréatique sous-cutanée, dont toutes les connexions nerveuses normales du pancréas ont été détruites; le pancréas est un organe hématopoîétique.
Ici encore 2 hypothèses sont possibles : ou le pancréas fabrique et déverse dans le sang une substance capable d'agir sur la glyco-régulation de Forganisme; — ou il retient, détruit ou neutralise une substance, contenue dans |Ie sang,