LES thyroïdes ET LES PARATHTROIDES
Chez l'homme, le corps thyroïde est formé par une mas£=» ^ unique, dans laquelle on dislingue 3 lobes latéraux, réun î s pas un isthme médian. — Chez les animaux domestiquas (cheval, chien, chat, lapin, cobaye, chèvre, âne, mouton, oiseaux), il y a deux 2 corps thyroïdes distincts, rejetés sur les côtés (lu larynx. 11 n'est pas très rare de trouver, chez ces animaux, des lobes thyroïdiens accessoires, généralement situés sur le trajet des artères thyroïdiennes, plus ou moins éloignés de la masse thyroïdienne principale, dont ils ont la structure et qu'ils peuvent suppléer, au moins partiellement.
De ces thyroïdes vraies, il faut distinguer les parathyroïdes, qu'on a considérées trop souvent comme des thyroïdes accessoires. Les parai hyrvïdes diffèrent essentiellement des thyroïdes, au point de vue histologique, comme au point de vue physiologique. Au point de vue histologique, les parathyroïdes n'ont pas la structure des thyroïdes (adultes ou embryonnaires) et ne prennent jamais cette structure (môme après ablation des thyroïdes). Au point <le vue physiologique, nous établirons ci-dessous des différences absolues. Chez les animaux domestiques (notamment chez le chien, le chat ef le lapin), il existe généralement 2 paires de parathyroïdes les unes, externes, souvent séparées des thyroïdes par u intervalle très net (lapin), en tous cas non contenues dans i gaine fibreuse; les autres, internes, contenues dans cef gaine fibreuse, tantôt accolées aux thyroïdes,- tantôt pt tiellement enfoncées dans les thyroïdes, tantôt plong dans la profondeur des thyroïdes, où l'on ne peut les déc
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Trir qu'en pratiquant des coupes. — Chez certains individus, et exceptionnellement, il peut exister plus de 2 paires de parathyroldes.
C'est pour n'avoir pas nettement fixé ces points d'anatomie, cju'une confusion regrettable a régné si longtemps dans les ëtudes sur les propriétés des thyroïdes et des parathyroïdes. Dans la plupart des opérations chirurgicales de thyroîdectomie, chez l'homme, on a pratiqué la thyroïdectomie glo- Inle, sans distinguer entre les thyroïdes et les parathyroïdes : on a pratiqué la thyràido-paraihyrotdectomie plus ou moins complète.
Les chirurgiens ont observé, à la suite d'ablations de goitres, des accidents remarquables, apparaissant à une époque plus ou moins éloignée de l'opération (quelques semaines à quelques mois). Le malade se plaint d'éprouver, dans les masses musculaires, de la faiblesse, de la fatigue, des douleurs, des tiraillements; en même temps, la face, puis les membres, puis le corps tout entier augmentent de vQlume : le visage et les paupières sont bouffis, les lèvres ;5bnt épaissies ; les plis cutanés s'effacent, la peau devient p41e et sèche, les cheveux tombent, les muqueuses pâlissent ; le nombre des hématies tombe à 4 000 000 et au-dessous; — enfin le malade devient triste, mélancolique, taciturne; le travail intellectuel devient difficile, Tintelligeuce est affaiblie, la parole est lente et hésitante.
Si l'opération a été pratiqu«îe pendant la période de croissance, il se produit un arrêt plus ou moins complet du développement.
Ces phénomènes : état cachectique, altérations cutanées et hématiques, troubles psychiques et éventuellement arrêt de développement, présentant une remarquable identité avec les symptômes de la maladie spontanée dite myxœdème, on a désigné sous le nom de myxœdème post -opératoire, l'état pathologique consécutif à la thyroïdectomie.
L'identité des deux processus pathologiques est encore plus frappante, si l'on tient compte de l'atrophie du
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corps thyroïde, qu'on a signalée, tout au moins, dans certains cas de myxœdème spontané.
Le myxœd(;me post-op«'^ratoire a été également obw*rvé, (•liez le singe, après la thyroïdectomie : Tanimal devientapathique ; la peau du visage et du ventre présente les modifications que nous avons signalées chez Thomme.
Le myzœdème post-opératoire ne se produit plus, oi ne se produit que tardivement, ou ne se produit qu'incomplètement, lorsqu'un fragment thyroïdien a été laissi en place.
Toutefois, on a observé quelquefois, chez l'homme, s^sfi
la suite de la thyroïdectomie, des symptômes d'un tou ^t
autre caract«»re. 11 se produit (et cela en général pe^^vi de temps après l'opération) des tremblements et de a secousses musculaires, des accès de dyspnée et de suffc cation, des convulsions tétaniques, en un mot le syn drôme tétanie. Ces accidents tétaniques, exceptionnel chez l'homme, ont été notés assez fréquemment chez 1 ^ singe; ils sont temporaires ou défînitifs : temporaires. ils précèdent les accidents tfophiques; définitifs, ils s«3 terminent assez rapidement par la mort.
Cfœz le chien, l'ablation d'un seul corps thyroïde no produit aucun accident; l'ablation des deux corps thyroïdes entraîne la mort, généralement du 6« au 9« jour après l'opération. Quelquefois, la mort ne survient que tardivement, vers le îîOo jour. Exceptionnellement, l'animal survit, tantôt sans présenter «aucun accident, tantôt (în présentant de temps en temps, et généralement sous une forme atténuée, les accidents que nous allons décrire, tels qu'on les obsei-ve chez les chiens qui meurent après thyroïdectomie double : ces faits exceptionnels sont attribués par les physiologistes, à une thyroïdectomie incomplète (lobules aberrants ou opération partielle).
Après la thyroïdectomie totale, chez le chien (et aussi chez le chat), on observe tout d'abord de rabattement puis des contractions librillaires, comparables à celle du tétanos, «*nfin des ron tract ions musculaires, de
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spasmes et des crises tétaniques, de plus en plus rapprochées et intenses, se terminant par la mort.
Dans les cas exceptionnels où le chien ne présente pas d'accidents, à la suite de la thyroïdectomie double, ou ne présente que des accidents atténués et espacés, on aurait observé quelques troubles trophiques tardifs : épaississement de la peau, chute des poils (de 9 mois à 2 ans après l'opération) .
L'ablation totale des corps thyroïdes, pratiquée chez le mouton, la chèvre, Tâne, le cheval, le porc, la poule, le pigeon, ne produit jamais d'accidents tétaniques. Produit-elle des accidents trophiques? C'est possible, mais on ne les a pas nettement observés.
L'histoire de la thyroideetomie chez le lapin doit retenir l'attention, car elle met sur la voie d'une distinction à établir entre les fonctions des thyroïdes et des parathyrofdes. Le lapin possède une paire de parathyroïdes, nettement distinctes des thyroïdes, dont elles sont le plus souvent séparées, recevant un vaisseau propre. Quand, chez le lapin (chez le rat et la souris), on enlève les thyroïdes, en laissant en place ces parathyroïdes externes, on n'observe pas d'accidents tétaniques; quand on enlève à la fois les thyroïdes et les parathyroïdes externes, on observe toujours les accidents tétaniques, tels qu'ils ont été décrits chez le chien ; quand on enlève les parathyroïdes, en laissant en place les thyroïdes, on n'observe pas d'accidents tétaniques. Il suffit môme, pour ne pas engendrer d'accidents tétaniques, de laisser en place soit une parathyroïde externe, soit une thyroïde ; les accidents apparaissent, quand, après un intervalle de quelques jours à quelques mois, on enlève l'organe laissé en place, parathyroïde ou thyroïde. Ces faits ont conduit à penser que les thyroïdes et les parathyroïdes peuvent se suppléer dans leurs fonctions physiologiques ; et cette opinion a encore été appuyée par l'obsei^ation de rhypertropiiio, que présentent les parathyroïdes conservées, après l'ablation des thyroïdes. Les parathyroïdes seraient-elles donc des thyroïdes accessoires?
Cette conclusion est inexacte, ainsi qu*il résulte des faits suivants :
La structure des parathyroïdes est absolument différente de celle des thyroïdes, même quand ces organes se sonf,t hypertrophiés, à la suite de Tablation des thy — roïdes. Sans doute, il ne faut pas conclure de la diffé — rence histologique à une différence nécessaire de fonc — tions ; mais il y a là une indication, invitant à la prudenc^= dans les conclusions.
D'autre part, nous n'avons tenu ci-devant, aucunrcompte des parathyroïdes internes, qui existent toujours plus ou moins dissimulées, dans la profondeur des thy — roïdes. Or, dans toutes les opérations où Ton n'a paprovoqué d'accidents, une parathyroïde, soit extem soit interne, avait été conservée; et l'on doitse demande si les accidents tétaniques ne sont pas la conséquence de la seule parathyroïdectomie totale. — Les pan thyroïdes externes s'hypertrophient à la suite de l thyroïdectomie, mais cette hypertrophie peut être attri buée à la parathyroïdectomie interne, qui accompagn toujours la thyroïdectomie.
On ne peut, chez le lapin, enlever les parathyroïde internes, généralement enfouies dans les thyroïdes, e laissant en place ces dernières; mais on y peut gêné ralement réussir chez le chien, où les parathyroïde internes se distinguent le plus souvent nettement à 1 surface des thyroïdes. A la suite de cette opéralioim (parathyroïdectomie totale, sans thyroïdectomie). le^ chiens présentent les accidents tétaniques typiques : secousses, convulsions, tétanie. La mort survient plus ou moins vite après l'opération, en général de 3 à 10 jours après. Il n'y a survie, sans accidents, ou avec accidents espacés et atténués, que lorsqu'un lobule parathyroïdien a été laissé en place. Dans les cas où l'ablation des thyroïdes, avec conservation d'une parathyroïde au moins, est matériellement possible, chez le chien, on n'observe aucun accident tétanique primitif ou tardif. — On observe des faits analogues chez le chat.