LES EXCITATIONS ÉLECTRIQUES DU NEURONE
^ant de pile très faible, inefficace, et si on augmente, par additions infiniment petites, Tintensité de ce connût, on peut arriver à faire passer dans le nerf des Courants assez intenses pour le désorganiser, sans avoir amais pu observer la moindre excitation. Au contraire, •oute variation brusque de l'intensité d'un courant tra- ''ersant un nerf, produit une excitation, au même titre fue l'établissement et la suppression du courant.
Donc, pour produire une excitation du nerf par le courant constant, il faut des courants brusquement éta- )lis ou supprimés, ou brusquement augmentés ou liminués. — 11 faut encore que la durée du passage du ourant ne soit pas infiniment courte : c'est ainsi qu'un ourant durant moins de 0,0015 de seconde, quelle que oit son intensité, est inefficace.
Il existe un certain nombre d'appareils, que décrivent îs physiciens, permettant d'interrompre et de rétablir î courant : ce sont les appareils dits interrupteurs. Ces ppareils, ou tout au moins certains d'entre eux, perlettent d'obtenir des ruptures ou des fermetures de couant plus ou moins nombreuses : chaque ouverture et haque fermeture produit une excitation du nerf, qu'on onstate par la contraction du muscle. Si les interrupions sont suffisamment espacées, on a des secousses lusculaires; si elles se rapprochent suffisamment, on a ne contraction tétanique.
Les courants d'induction sont, on le sait, des courants pparaissant brusquement, durant très peu de temps et isparaissant brusquement. La brusquerie de l'appariion et de la disparition de ces courants les rend émiemment propres à exciter le nerf. On devrait s'attendre
voir le courant d'induction produire 2 excitations : ne d'ouverture et une de fermeture. En fait, il ne se roduit qu'une contraction musculaire pour un courant iduit. Cela tient à la très petite durée du courant iduit : les deux excitations se confondent en une seule, t la contraction est unique. Les physiologistes utilient le plus généralement, pour les excitations cou-
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rantes des nerfs, dans la pratique, ces courants d'induction, qui leur sont fournis par la bobine de Rhumkorff, appelée le plus souvent chariot de du Bois Reymond. Cet appareil est disposé de façon à produire des intierrup lions fréquentes, et à obtenir des courants d'induction plus ou moins intenses. Si le nerf est traversé par une série de courants d'induction, il se produit une série de secousses dans le muscle, si les courants sont assez espacés ; un tétanos, si les courants sont assez rapprochés.
Le nerf est excitable dans toute son étendue : l'un des excitants précédemment indiqués produit une réaction musculaire, quel que soit son point d'application.
Pour que l'excitation du nerf soit efficace, c'est-à-dire, dans l'exemple choisi, pour qu'elle provoque la contraction du muscle, deux conditions doivent être remplies : 1^ le nerf doit être continu, depuis le point excité jusqu'à ses terminaisons dans la plaque terminale; 2^ il doit posséder dans tout ce trajet, son intégrité complète, anatomique et physiologique.
Si le nerf a été sectionné entre le point excité et ses terminaisons, l'excitation est inefficace, alors même que les deux bouts sectionnés sont rapprochés et mis en contact intime; si le nerf a été désorganisé dans son trajet entre le point excité et ses terminaisons, par exemple par un choc, suffisant pour rompre l'arrangement normal de ses parties constituantes, sans le rompre mécaniquement ; ou si, en un point de ce trajet, le nerf a perdu momentanément ses propriétés physiologiques, par suite de l'action d'un poison protoplasmique, tel que la cocaïne, p. ex., l'excitation est inefficace.
On a souvent considéré comme une propriété spéciQquedu neurone, cette conductibilité. Ce n'est pas exact. On peut démontrer l'existence de phénomènes de conductibilité dans des éléments autres que les neurones. — Si on excite une fibre musculaire en un point limité, on peut constater qu'une onde de contraction, née au point excité, se propage de part et d'autre de ce point, à une distance plus ou moins grande, suivant l'intensité de l'excitation. — Si on observe au
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*^icroscope, un de ces protozoaires du groupe des orbito- ^ites, munis de longs prolongements protoplasmiques (cils ^ibratiles), et si on sectionne un de ces prolongements, on ^oit se produire, au niveau de la blessure, un épaississement ^u cil, et cet épaississement se propage lentement, comme ^ De onde qui chemine, vers la base du cil, qu'elle n'atteint ^'ailleurs généralement pas, ayant diminué, puis disparu, en ^« propageant. — On admet même, mais sans en pouvoir <ionDer,dans la majorité des cas, de démonstration, que la conductibilité est une propriété générale du protoplasma; toute excitation produite en un point limité d'un élément anatoinique, se propage aux régions voisines du même élément, à des distances d'autant plus grandes que l'excitation a été plus forte. La conductibilité du neurone ne saurait donc être considérée comme une propriété caractéristique du neurone, puisqu'on la démontre dans plusieurs autres éléments, puisqu'on l'admet dans tous. Toutefois, la conductibilité du neurone est maxima : aucun autre élément organisé ne possède la propriété de transmettre, dans ses dilTérentes parties, l'excitation, au même degré que le neurone.
Le neurone possède une autre propriété, qui est beaucoup plus caractéristique (sans l'être toutefois de façon absolue) que la conductibilité. 11 peut communiquer l'excitation aux éléments anatomiques avec lesquels il est en rapport, que ces éléments anatomiques soient ou ne soient pas des neurones. C'est ainsi que le neurone en rapport avec la fibre musculaire, possède la propriété de communiquer l'excitation à cette fibre; d'autres neurones peuvent transmettre l'excitation à des neurones voisins. Le neurone possède la propriété cf émettre Vexcitation; il est doué d'un pouvoir émissif pour Vexcitation, Pour les autres éléments anatomiques, l'excitation née dans une cellule et propagée dans cette cellule, ne se communique généralement pas aux cellules voisines; pour les neurones, une excitation née dans un neurone, se propage généralement aux éléments voisins. Cette propriété toutefois n'est pas, non plus, absolument caractéristique; on sait que si l'on excite en un point très limité la pointe du cœur, séparée de la base ventriculaire, la contraction se produit dans toutes les parties de cette pointe, l'excitation s'étant ainsi propagée de fibre musculaire en fibre musculaire.
Si on excite le neurone, en employant des courants aussi faibles que possible, mais suffisants pour provoquer une
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réaction musculaire, ort constate que ce même courant, appliqué au muscle directement (après curarisation, c'est-àdire après suppression physiologique des flbres nerveuses qu'il contient), est inefficace. Il faut augmenter beaucoup rintensité du courant, agissant directement sur le muscle < curarisé, pour le rendre efficace. Donc, un même excitant, appliqué sur le nerf ou sur le muscle, produit un effet beaucoup plus considérable, quand il est appliqué sur le nerf. La conductibilité nerveuse n'est donc nullement compajable aux conductibilités physiques. Le neurone est excité et il réagit : comment, on l'ignore d'ailleurs; on sait seulement que cette réaction du neurone a pour conséquence une excitation des éléments qui sont en rapport avec lui, plus intense que si l'excitant avait agi directement sur ces éléments. — 11 y a là un caractère spécial de l'activité du neurone, qu'on ne retrouve pas dans les autres éléments anatomiques.
Nous avons pris comme type, le neurone dont les extrémités cylindre-axiles sont en rapport avec des fibres musculaires. Dans un tel neurone, l'excitation physiologique normale se transmet du corps neuronique aux extrémités du cylindre-axe : la conduction est cellulifuge. Mais il est d'autres neurones, dont les terminaisons cylindre-axiles sont en rapport, à la périphérie, avec des appareils, destinés à recevoir les impressions des agents extérieurs, neurones pour lesquels l'excitation naît aux terminaisons cylindre-axiles et se propage suivant le cylindre-axe, jusqu'au corps de la cellule : tels sont les nerfs dits sensitifs. La conduction y est cellulipète.
Dans les cas de fonctionnement physiologique normal, la conduction est donc toujours cellulifuge dans les neurones moteurs, toujours cellulipète dans les neurones sensitifs, parce qu'elle naît dans les premiers au voisinage immédiat de la cellule, et dans les seconds aux extrémités du cylindre-axe. Mais est-elle nécessairement cellulifuge dans les premiers et cellulipète dans les seconds? Si, par exemple, on excite expérimentalement le cylindre-axe en un point déterminé, l'excitation se propai^e-t-ellc uniquement vers les terminaisons, s'il s'agit d'un neurone moteur, et vers la cellule, s'il