‹ Eléments de physiologieChapitre 278 sur 379 · LE 19BUR0ME · texte numérisé non relu

LE 19BUR0ME

tympan : on peut supposer que ce sont ces filets qui provoquent les contractions de la langue. Ce qui justifie cette hypothèse, c'est que l'expérience ne réussit plus, quand on a sectionné la corde du tympan, et, par conséquent, empêché la régénération des fibres motrices dans le lingual.

On prépare le muscle couturier de la grenouille et le nerf qui y pénètre ; par un coup de ciseaux, parallèle à la direction des fibres musculaires, on sépare le quart inférieur du muscle en deux languettes : ces deux languettes reçoivent des fibrilles nei'veuses, distribuées de telle façon, que quelques-uns au moins des cylindresaxes fournissent des fibrilles à la fois aux deux languettes. Si on excite électriquement Tune des languettes, on constate que quelques fibres musculaires se contractent dans l'autre languette. Ceci ne peut s'interpréter qu'en admettant que l'agent électrique a excité les terminaisons nerveuses motrices dans la languette excitée; que les phénomènes d'excitation se sont propagés dans le sens cellulipète dans ces fibrilles; que les fibrilles nerveuses émanant du même tronc cylindre-axile ont été excitées et que l'excitation s'est transmise dans celles-ci dans le sens cellulifuge. Donc, dans un même neurone, on démontre la conductibilité équivoque.

La même démonstration peut se faire avec le muscle vaste interne de la grenouille. Ce muscle est divisé en deux parties musculaires, séparées par une intersection tendineuse complète : des fibrilles d'un même cylindreaxe se rendent dans les deux parties charnues. Si on sectionne le muscle, suivant cette intersection tendineuse, on constate que l'excitation d'une partie provoque la contraction de quelques fibres de l'autre partie. L'explication est la même que dans le cas du couturier.

Le malaptérure électrique, poisson capable de produire des décharges électriques, a un organe électrique double, dont chaque moitié est innervée par un seul cylindre-axe, fortement subdivisé vers la périphérie. La mise en activité de ce cylindre-axe, son

LA VARIATION NÉOATIVB 651

on, provoquent la décharge de l'organe élec-

Si on isole une des subdivisions périphé-

si on la sectionne et si on excite son bout cen-

provoque Une décharge de tout Torgane. Donc

tion, née au point excité, s'est propagée dans le

llulipète, puis dans le sens cellulifuge dans un

îylindre-axe.

, l'étude des phénomènes électriques du nerf, au t en activité, conduit à cette même conclusion : difications consécutives à l'excitation se prode part et d'autre du point excité, quel que lerf en expérience. Si on sectionne un nerf, et si dit un circuit conducteur entre la surface natulUerf et sa surface de section, on peut mettre en e l'existence, dans ce circuit, d'un courant élecdit courant de repos, allant de la surface natuositive) à la surface de section (négative). Un galître, placé sur ce circuit, permet de connaître ace d'un courant, le sens et l'intensité de ce cou- - Si ce nerf est excité électriquement, physiqueîhimiquement, ou mécaniquement, on constate courant de repos est diminué d'intensité. Il existe un courant de môme sens que le courant de oaais moins iritense : il y a variation négative du nerveux. Cette variation se produit, lorsque le t excité; elle est propre au nerf et se manifeste Elle est même le seul phénomène, actuellement s'accomplissant dans le nerf et permettant d'en lître l'excitation. Or, dans un fragment de nerf, l par deux sections planes, la variation négative ifeste aux deux extrémités, quel que soit le nerf : it mixte, c'est-à-dire formé d'un paquet de neuaoteurs et de neurones sensitifs, qu'il soit excluit moteur, ou exclusivement sensitif. Donc les ations qui accompagnent l'excitation du neu- 3 produisent en amont et en aval du point excité; îtte conclusion : le neurone propage Vexcitation I deux sens.

652 LE NEURONE

Les différents points d'un neurone, excité en un certain point, entrent successivement, et de proche en proche, en activité : l'excitation, ou comme on dit l'influx nerveux, se propage dans le neurone. Avec quelle vitesse?

On prépare un couple neuro-musculaire, formé par le nerf sciatique et le muscle gastro-cnémien de la grenouille; le muscle est adapté à un myographe, dont la pointe inscrivante est appliquée sur le cylindre noirci; le nerf repose sur une paire d'électrodes impolarisables, très voisines l'une de l'autre, ces électrodes faisant partie d*un circuit de pile, dans lequel on a disposé un interrupteur et un électroaimant inscripteur, dont la pointe, destinée à indiquer par un crochet le moment du passage ou de la rupture du coarant, est placée contre le cylindre noirci, sur la même génératrice, que celle du myographe. Sur cette même génératrice, s'appuie la pointe d'un électro-aimant inscripteur, situé dans un circuit de pile, contenant un diapason vibrant, capable de faire 200 vibrations par seconde, et, par suite, d'interrompre et de rétablir 200 fois le courant par seconde. — Le cylindre enregisteur étant mis en mouvement, on ferme le courant : il se produit une secousse musculaire. L'examen du graphique montre que la secousse se produit en retard sur l'excitation : les oscillations de la pointe du 2*^ électro-aimant donnent une courbe, dont deux points correspondants voisins sont séparés de l'espace dont s'est déplacé le cylindre pendant 4/200* de seconde. Ceci permet de mesurer en 1/200" de seconde, le temps perdu de la contraction. Ce temps perdu est la somme des grandeurs suivantes : 1° temps perdu de la naissance de l'excitation au point excité, soit a; 2** temps de la propagation de l'excitation de ce point aux terminaisons juxta-musculaires, soit 6; 3*" temps perdu de la contraction musculaire proprement dite, soit c.

On recommence l'expérience, en posant les électrodes impolarisables en un autre point du neurone, distant da premier d'une longueur qu'on peut mesurer, soit l. On note un autre temps perdu total, lequel correspond à la somme des grandeurs suivantes : 1** temps perdu de la naissance de l'excitation au point excité, soit a (car rien ne nous permet de supposer que ce temps perdu diffère, suivant le point excité); 2" temps de propagation de l'excitation de ce point aux terminaisons juxta-musculaires 6', différent de b, car la

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