LE SCHÉMA DES RÉFLEXES
anatomique ou physiologique, entre les régions d'origine médullaire des- nerfs sensitifs et des nerfs moteurs inter- Tenant. Il suffit, d'ailleurs, de conserver un tronçon de moelle très limité, pour observer des réflexes dans son territoire sensitivo-moteur. On peut, en général, découper la moelle en tranches correspondant aux paires nerveuses et observer encore des réactions réflexes; si on sectionne en outre la moelle, suivant son plan de symétrie antéro-postérieur, on noté encore des réactions réflexes, limitées au côté excité, dans la zone sensitivomotrice du fragment conservé.
On peut, en se fondant sur ces observations, faire un schéma des réflexes. Une impression périphérique engendre on influx nerveux, qui pénètre dans la moelle, par les racines postérieures; il chemine, par conséquent, dans un neurone des ganglions spinaux. Un influx nerveux sort de la moelle par les racines antérieures ; il chemine, par conséquent, dans un neurone des cornes antérieures de la moelle. Comment ces deux neurones communiquent-ils dans la moelle?
Le neurone du ganglion spinal, en pénétrant dans la moelle, donne : 1^ des rameaux horizontaux se dirigeant, à travers la substance grise, vers les neurones des cornes antérieures, du même côté et du côté opposé et les entourant de leurs ramifications, sans s'anastomoser avec eux; i" un rameau descendant court, dont les ramifications, dirigées horizontalement, vont à travers la substance grise, se terminer au voisinage des neurones des cornes antérieures; 3* un rameau ascendant, remontant dans le cordon de Goll jusqu'au bulbe, et dont les ramifications, dirigées horizontalement, vont à travers la substance grise, se terminer au voisinage des neurones des cornes antérieures, aux divers étages de la moelle. Donc, un neurone des ganglions spinaux est en rapport, par ses terminaisons, avec les neurones moteurs des divers étages de la moelle. — Entre les terminaisons des neurones des ganglions spinaux et les prolongements des neurones moteurs, il n'est pas nécessaire d'imaginer des neurones intermédiaires; il est toutefois possible que de tels neurones interposés existent» au moins dans certains cas, et notamment pour des réflexes généralisés; nous avons indiqué l'existence de neurones anastomiques dans la
moelle : tels sont, p. ex., les neurones dont les cylindres-axes constituent les faisceaux de Burdach, etc.
Peu importe, d'ailleurs, qu'il existe ou non des neurones ijiterposés; — nous pouvons admettre que Finflux nerveux centripète chemine dans un neurone de ganglion spinal vers la moelle, et que IMnflux nerveux centrifuge chemine dans un neurone de corne antérieure vers la périphérie, sans avoir traversé d'autres neurones. Il y a réflexion de l'influx nerveux; il y a phénomène réflexe. L'ensemble des neurones intéressés dans le phénomène constitue l'arc réflexe.
On a donné de ce phénomène réflexe, un schéma absolument faux, qu'il faut éliminer. On a imaginé que l'arc réflexe le plus simple comprend au moins 5 éléments ; un organe périphérique d'impression, une fibre nerveuse centripète, une cellule nerveuse, une fibre nerveuse centrifuge, un organe périphérique de réflexion. La cellule était dite centre réflexe^ parce que c'était à son niveau que l'influx nerveux se réflé* chissait, de centripète devenant centrifuge. — Cette conception est inacceptable, car jamais un corps de neurone n'est en continuité à la fois avec une fibre d'une racine postérieure et une fibre d'une racine antérieure; d'ailleurs, une fibre nerveuse ne peut être considérée comme un élément anato» mique distinct du corps de neurone.
Dans tout arc réflexe, il y a à considérer au moins 2 neurones : un neurone de ganglion spinal et un neurone de corne antérieure. Donc, l'arc réflexe le plus simple comprend au moins 4 éléments : un organe périphérique d'impression et un organe périphérique de réflexion, réunis par une chaîne de neurones^ comprenant au moins deux neurones, mais pouvant en contenir plus de deux. Dans le cas d'une chaîne à 2 neurones, on peut distinguer le premier neurone (ou neurone sensitif), élément des ganglions spinaux, et le second (ou dernier) neurone (ou neurone moteur), élément des cornes antérieures. Dans le cas d'une chaîne à plus de 2 neurones, on peut encore distinguer le premier neurone, élément des ganglions spinaux, et le dernier neurone, élément des cornes antérieures, facilement accessibles à l'expérimentation, parce qu'ils peuvent être préparés sur une grande étendue, et excités par les moyens dont nous disposons : les neurones intermédiaires, neurones de la substance grise médullaire, échappent généralement h nos procédés d'expérimentation.
Où doit-on placer le centre réflexe? c'est-à-dire le point où