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LE CERVEAU EST L'ORGANE DES FONCTIONS PSYCHIQUES

I. Dans la série des vertébrés, le rapport du poids hi cerveau au poids du corps croit, en même temps que •ïolt ce qu'on est convenu d'appeler l'intelligence des tnimaux.

Chez les poissons, le cerveau représente en moyenne 1/6600* lu poids du corps (avec des variations de 1/250*, chez la carpe, . 1/37 500% chez le thon). — Chez les batraciens et chez les repilesyle cerveau est plus développé ; il représente en moyenne /1300* du poids du corps (avec des variations énormes : 1/160*, liez le lézard ; 1/380*, chez la salamandre ; 1/800*, chez la cou- Buvre; 1/2250% chez la tortue grecque ; 1/5700*, chez la tortue narine).

Chez les oiseaux et chez les mammifères, on a donné les lombres suivants, représentant le rapport du poids du cereau au poids du corps :

Ouistiti 1/28

Rat des champs 1/31

Homme 1/40

Souris 1/43

Chauve-souris 1/48

Gibbon 1/48

Taupe 1/93

Macaque 1/96

Rat 1/136

Lapin 1/140

Loup 1/230

Ane 1/254

Mouton 1/351

Éléphant 1/500

Porc 1/512

Cheval 1/648

Bœuf 1/750

Mésange 1/12

Serin 1/16

Moineau 1/25

Pie 1/44

Perroquet 1/45

Choucas 1/46

Pigeon 1/91 à 1/217

Canard 1/107 à 1/257

Aigle 1/160

Faucon 1/202

Autruche 1/1200

Ce tableau est intéressant, mais il montre que les relations du poids du cerveau à l'intelligence sont bien

1. Il est difficile d'apprécier, chez les animaux et môme chez Thomme, le développement plus ou moins grand des fonctions psychiques. — Souvent, chez Thomme, on mesure l'intelligence d'une façon étrange. Un mathématicien distingué, un musicien éminent, sont considérés

LES rONCTlMS DU CBBVKAC

vagues, et suuvcnt en défaut. — On ppul dire qae, li'uats toison 1res générale, notre projiosition est exacte, si aoun considérons des êtres très éloignés, dans U série loolu — gique, comme l'homme et ta grenonille, comme le ■în^^ et le IhoD, etc.; mais elle est ROUvent inexacte, si oca compare des êtres zoolopquemenl voinias.

il. On a détermine le ptÂdê absolu du cnrrau, dont le—: diffÈTenU» races humaines, et on a Irourf les '•*«'"«' ~ < j moyens suivants :

Psiiiieiu lX'i«' I BiTiruia * 133^

Anrergnua UW I Ilaltou . ISI»

BrUiu IMT I flàglt*. HK

BuqnH law >*<><C«l«dMiiflD*..... ■»

Anglai IS» ' Bngalû IIU

Les cerreaux d'Européens présentant une gramle identité; ils sont manitesteoienl plus déreloppÀ <{« ceux des hommes de races inrérieures.

Pour les bommea d'une même race, placés dus la mêmes conditions de yîe çiuténelle el înleUeclueDe. I(* moyennes sont constantes, quand elles portent sor <ui assez grand Dombre d'indiridns. C'est ainsi (jn'ea tiJsant des moyennes de 50 à GO cerveaux de pariâfiu. <"' a trouvé 1358 gi*., 1357 gr.. 1360 gr. 1357 gr. el 1»ÎP

En regard de ces moyennes de gens moyens qnclwques, on a placé les moyennes de «rfoin» hoamet. 41» illustres, ayant brillé, sinon par toutes leurs focoll^ intellectuelles, au moins par certaines d*entre ell^s, ^ on a trouvé 1430 gr., soit environ 70 gr. en plus. Hû >) s'a^t U d'une moyenne (44 cas} : parmi ces c?ne«Bi

' LE^HOMMBS SUPÉRIEURE 709

■'i'hoinmés illustres, il y en avait pesant 125() gr. et même 1200 gr; sur les 44 hommes illustres considérés, ^^ avaient deâ cerveaux d'un poids inférieur à la Moyenne des hommes moyens (le cerveau de Gambetta Pesait 1294 gr.).

^ Sans doute, on a relevé des poids cérébraux énormes •^hez des hommes à très vaste intelligence : Schiller •(1785 gr.), Cuvier (1829 gr.)j Cromwell (2231 gr.) et Lord "Bypon (2238 gr.). — Mais ce sont là des exceptions ; les •Cerveaux des hommes illustres ne dépassent pas la ïnoyenne, d'un aussi grand excès.

• On peut dire, à la vérité, que le cerveau des hommes, ^ui se distinguent par leurs qualités intellectuelles, est plus lourd que le cerveau des hommes moyens; mais c'est là une règle qui comporte de nombreuses et frappantes exceptions.

ni. On a comparé les cerveaux de Vhomme et de la femme : on a trouvé 1355 gr. pour l'homme et 1235 gr. pour la femme : et on a souvent cité ce fait, pour établir la relation indiquée entre le poids du cerveau et l'intelligence, en posant comme principe l'infériorité intellectuelle de la femme. Or, cette infériorité intellectuelle n'est pas démontrée ; l'affirmer, c'est tomber dans l'erreur qui confond intelligence et spécialisation. Le cerveau de la femme est moins lourd que le cerveau de l'homme, parce que le poids de son corps est plus petit. Sans doute, on a comparé le poids de cerveaux de sujets de même poids total, et on a trouvé comme moyennes :

Pour des hommes de 60 à 70*« 1386»'

— femmes — 1281

Pour des hommes de 50 à ùO^e 1370

— femmes — 1245

Mais il ne faut pas oublier que les corps d'un homme et d'une femme de 60 kg. ne sont pas équivalents, car l'organisme féminin est toujours infiltré d'une quantité beaucoup plus considérable de graiàse (qu'il faudrait

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retrancher du poids du corps) que Torganisme masculin.

IV. On peut dire que, pour posséder des fonctions psychiques normales, il faut un. minimum de cerveau^ qui, pour Thomme adulte de poids moyen, est de 1200 gr. environ. — Chez les idiots sans microcéphalie, on a trouvé des poids cérébraux de 1200 gr., de 1150 gr. et même de 975 gr. ; mais on a aussi trouvé des idiots, dont le cerveau pesait 1380 gr. et jusqu'à 1530 gr. — Chez les microcéphales, chez les sujets dont le cerveau pèse moins de 1200 gr., il y a toujours idiotie.

Ces premières considérations ne conduisent pas à des conclusions fermes, au sujet des fonctions psychiques du cerveau. Il s'en dégage, toutefois, quelques indications : il faut un certain développement cérébral, pour que les fonctions psychiques soient normales ; il y a généralement augmentation du développement cérébral, chez les hommes dont certaines fonctions psychiques sont particulièrement développées.

y. On a comparé le poids du cerveau à celui du reste de l* encéphale, ou à celui des couches optiques, et on a constaté, en général, que le rapport de ces poids est d'autant plus grand, que l'animal est plus élevé dans la série. Ainsi, chez les poissons, le cerveau est plus petit qae les lobes optiques; chez la grenouille, le cerveau et les lobes optiques ont un poids égal ; chez le pigeon, les hémisphères sont beaucoup plus développés qae les tubercules bijumeaux (homologues des lobes optiques), et s'étendent presque jusqu'au cervelet. Chez le chien, ils sont plus développés encore et commencent à recouvrir le cervelet; chez l'homme, leur développement relatif est maximum, et ils s'étendent sur toute la masse du cervelet.

Notre proposition est vraie d'une façon générale, mais elle souffre de nombreuses exceptions, quand on examine l'encéphale d'animaux assez voisins.

VI. Certains auteurs ont fait remarquer, à juste titre, qu'il est déplorable de peser le cerveau, c'est-à-dire un

LES LÉSIONS CÉRÉBRALES 71 i

'ï^élange de cellules, de fibres, de tissu conjonctif, etc. ; ^^ qu'il faudrait apprécier, c'est la quantité de ce cer^ ^^au, c'est, tout au moins, le poids du tissu nerveux lui- *^éme. Or les cellules sont dans la couche grise, et celle- ^i est d'autant plus abondante, à poids égaux de cer- ^^au et à épaisseur égale de la couche grise, que le ^^Tveau est plus plissé. On a précisément signalé le cas ^11 mathématicien Gauss, qu'on considère, à titre de Mathématicien, comme très intelligent — on aurait dû ^ire, à moins d'indications précises sur son état psychique, très spécialisé, — dont le cerveau était très plissé, ^ndis que certains idiots l'ont beaucoup plus lisse que les hommes moyens. Ce sont évidemment des indications intéressantes; mais combien d'exceptions à cette ï^gle, et chez l'homme, et chez les animaux : les ruminants, dont l'intelligence est assurément modeste, ont le cerveau bourré de circonvolutions.

VII. Chez l'homme, les lésions des nerfs, de la moelle, du bulbe, du cervelet, des couches optiques, n'altèrent ni la mémoire, ni le jugement, ni la sensibilité, ni la volonté. Ces facultés peuvent, au contraire, être altérées, quand il y a des lésions de la couche grise hémisphérique; ainsi, dans la paralysie générale progressive, on note, entre autres symptômes, des altérations intellectuelles de différents ordres, avec un fond constant de démence; — à l'autopsie, on constate une encéphalite diffuse interstitielle, ayant progressivement conduit à l'atrophie des cellules cérébrales.

Mais il faut remarquer que tous les troubles psychiques ne correspondent pas à une lésion appréciable de la couche grise hémisphérique ; il en est, où l'on n'a pu relever aucune lésion corticale ; et, d'autre part, il est des lésions corticales énormes, qui ne produisent aucun trouble psychique.

En résumé, nous avons examiné un certain nombre de faits, qui s'accordent assez bien, en général, avec l'idée d'une localisation hémisphérique des fonctions psychiques. Mais ces faits, pris chacun en particulier.

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