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CHAPITRE XXXIX

Sommaire. — Les centrée corticaux de la vision. — Ablations limitées ou étendues, unilatérales ou bilatérales de Técorce occipitale, chale chien et chez le singe. Observations anatomo-cliniques chez rhomme. Conséquences de l'excitation électrique du lobe occipital; interprétation du phénomène observé. Parallèle physiologique des sphèrei occipitale et rolandique.

Un mot sur les centres corticaux de Faudition,

I. Si on enlève, chez le chien, Vécorce grise d'un lobe occipital (droit, p. ex.), Tanimal semble ne pas voir de rœil du côté opposé (gauche dans le cas choisi). En réalité, la vue n'est pas totalement abolie, dans Tœil opposé à la lésion : une observation attentive de l'opéré montre qu'il y a une sorte d'hémianopsie. A gauche, les 3/4 externes du champ visuel (et par suite la vision distincte) sont supprimés; le quart interne (une vision indistincte dans ce quart externe) est conservé. A droite, le quart externe du champ visuel est supprimé ; les 3/4 internes (et par suite la vision distincte) sont conservés. — Chez le chien, les fibres du nerf optique gauche se répandant dans les 3/4 internes de la rétine, correspondant aux 3/4 externes du champ visuel, proviennent de la bandelette optique droite; et les fibres se répandant dans le quart externe de la rétine, correspondant au quart interne du champ visuel, proviennent de la bandelette optique gauche. — Si on enlève, chez le chien, l'écorce grise des deux lobes occipitaux, il y a cécité absolue des 2 yeux.

On a prétendu que ces troubles de la vision, consécutifs aux ablations des écorces occipitales, ne sont pas définitifs et peu-

LBS ABLATIONS DU LOBE OCCIPITAL 733

^eot s'amender. A la suite d'une opération unitatérale ferce occipitale droite), et de Tablation de Toeil du même ^ié (œil droit), ou à la suite d'une opération bilatérale, on a "u le chien, inhabile & se diriger pendant les jours qui suient l'opération, recouvrer peu & peu, et au moins dans une srtaine mesure, le pouvoir d'éviter les obstacles. Le fait est cact, mais il ne correspond pas à une restauration de fonc- 9n: — dans le cas d'ablation occipitale unilatérale, le chien, habile à l'origine & se diriger à Taide du quart de son amp de vision indistincte qui lui reste, a fait peu à peu D éducation et a appris à s'en servir; — dans le cas d'abla- »n occipitale bilatérale, le prétendu amendement ne bserve que si l'ablation a été peu étendue, on peut dire si blation a été incomplète : dans ce cas, le chien avait con- Tvé une partie de son champ visuel indistinct, dont il ne ^ait se servir après l'opération, mais qu'il a appris à utier dans la suite. Quand l'ablation bilatérale a été assez "gement pratiquée, la cécité est totale et définitive.

Si on enlève systématiquement, chez le chien, des nés limitées de récorce grise d'un lobe occipital, on nstate Texistence de lacunes dans les 3/4 internes du lamp "visuel de Toeil opposé (l'observation de l'animal t simplifiée, si on enlève l'œil du même côté); ces cunes sont d'autant plus étendues, queTablation a été as largement pratiquée, et elles correspondent à des gions déterminées du champ visuel, toujours les êmes, quand l'ablation a été pratiquée sur les mêmes gions occipitales.

Aux régions antérieures du lobe occipital correspond une :une, dans la partie inférieuure du champ visuel; aux ^ons postérieures, une lacune dans la partie supérieure; X régions moyennes, une lacune dans la partie moyenne (et tamment dans la partie de vision distincte); aux régions ternes, une lacune dans la partie interne aux régions ternes, une lacune dans la partie externe du champ. On peut isi, en pratiquant une ablation convenable, déterminer une îune correspondant à la seule vision distincte (on a un scone central : l'animal se dirige convenablement, mais ne stingue rien nettement); ou à la seule vision indistincte (on

a un scotome périphérique, une diminution du champ visuel: l'animal distingue nettement les objets, mais a peine à se diriger, sans heurter les obstacles latéralement placés). ^

Les choses se passent donc, comme si les rétines se proje- 1^ talent, géométriquement, sur les lobes occipitaux : les 3/4 |4 internes d'une rétine se projetant sur le lobe occipital du côté opposé, le 1/4 externe sur le lobe occipital du même côté; les régions inférieures de la rétine se projetant en |>^ arrière, les régions supérieures en avant, la tache jaune se projetant au centre du lobe occipital. On a traduit ces faits, en disant qu'il existe deux rétines : une rétine ocwteireel une rétine cérébrale, résultant de la projection géométrique de la première sur la couche grise du lobe occipital.

Les fibres de projection se retrouvent dans la partie postérieure de la branche postérieure de la capsule interne, car la section ou la destruction de cette région détermine la cécité du côté opposé (ou plus exactement la suppression des 3/4 externes du chartip visuel de l'œil opposé et du quart interne du champ visuel de Tœil du même côté, c'est-à-dire une sorte d'hémianopsie, analogue à celle qui succède à l'ablation d'une écorce occipitale).

Des expériences de même nature, faites sur le singie, ont fourni des résultats en apparence difîérents, en réalité identiques à ceux obtenus sur le chien. — Si on enlève l'écorce occipitale droite, p. ex., le singe distingue les objets, qu'il dispose de ses 2 yeux, ou seulement d'un seul. Mais en étudiant son champ visuel, on reconnaît que le singe opéré est affecté d^hémianopsie vraie : la moitié des 2 champs visuels, du côté opposé à la lésion (gauche dans l'exemple choisi), est supprimée, donc la moitié des 2 rétines du côté de la lésion (droite danâ l'exemple choisi) semble avoir perdu son excitabilité. L'animal dispose donc encore de la moitié de son point de fixation et peut distinguer les objets ;il supplée d'ailleurs à son hémianopsie par des mouvements de la tête, et peut, grâce à eux, éviter les obstacles situés dans la lacune de son champ visuel. Chez le singe, la moitié droite de chaque rétine reçoit ses nerfs de la bandelette droite et inversement. Les choses se passent dono,

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