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LA NATURE DE LA CONTRACTION CARDIAQUE

ascidies ne contiennent aucon élément nerveux histologiqiiement démontrable : retirés de l'organisme, ils battent rythmiquement, comme dans l'organisme. — Le cœur de Tembryon de poulet, à la fin du 3° jour, ne contient aucun élémeot nerreux histoiogiquement démontrable; ce cœur bat rythmiquement, dans l'organisme depuis la fin du 2® jour, et, retiré de l'organisme au 3* jour, il continue à battre rythmiquement pendant une heure et plus.

Toutefois si le rythme cardiaque est essentiellement une propriété musculaire, le système nerveux intervient accessoirement dans ce rythme, pour assurer la régularisation du travail du cœur. Si dans un cœur de grenouille extrait de l'organisme et se contractant spontanément, on lance un courant induit au début de la période sensible, on provoque une systole anticipée ; la systole spontanée qui suit se pro> duit avec un retard — retard compensateur ou pause compensatrice — tel qu'elle se produit au moment même ou elle se serait produite si aucune excitation n'avait été lancée dans le cœur : l'excitation n'a donc produit qu'un déplacement de la systole dans le temps. Ce phénomène qui se produit sur le cœur entier, mais non pas sur la pointe (celleci battant rythmiquement sous l'influence d'une excitation continue, telle par exemple qu'une pression exercée dans sa cavité) doit être considéré comme placé sous la dépendance du système nerveux. Le système nerveux règle Vuniformité du travail du cœur.

On a généralisé les résultats obtenus dans ces expériences sur le cœur de la grenouille et on les a appliqués au cœur des mammifères. On a pu d'ailleurs démontrer sur le cœur des mammifères extirpé et irrigué par les coronaires, ou laissé en place et arrêté par l'excitation des vagues, la plupart des faits observés chez la grenouille : excitation du myocarde par des courants d'intensité variée — tout ou rien — contractions rythmiques sous l'influence d'excitants constants, etc.

On a longuement discuté sur la nature de la contraction cardiaque; nous nous bornons aux quelques renseignements suivants.

La secousse musculaire est caractérisée par son myogramme et par la variation négative qui l'accompagne. La courbe de la contraction cardiaque spontanée ou provoquée, chez la grenouille, est une courbe de secousse doiit tous les éléments auraient été amplifiés dans le temps (temps perdu, durée de l'ascension et durée de la descente).

Si) sur un muscle cardiaque au repos, on réunit par un circuit métallique comprenant un galvanomètre, deux points quelconques de la surface, on constate qu'ils sont isoélectriques. Si on pratique une section du muscle cardiaque, et si on réunit par un circuit métallique comprenant un galvanomètre un point de la surface de section et un point de la surface naturelle, on constate que la surface de section est négative par rapport à la surface naturelle. Ces faits, observés sur le muscle cardiaque, s'observent sur le muscle strié.

Sur le cœur isolé se contractant spontanément, ou sur la pointe du cœur excitée par un agent quelconque, on constate une variation négative du courant traversant le circuit qui réunit la surface de section à la surface naturelle, cette variation négative se produisant à chaque contraction : la même chose s'observe pour le muscle strié à chaque secousse.

L'état électrique d'un point quelconque de la surface natu relie du cœur qui se contracte spontanément ou sous Tinfluence d'un excitant, présente une variation négative à chaque contraction cardiaque. Dans le cas de la pointe du cœur se contractant sous l'influence d'un excitant, la variation négative se propage dans tous les sens, à partir du point excité. Dans le cas du cœur se contractant spontanément, la variation négative se propage de la base vers la pointe : si donc on réunit par un circuit métallique comprenant un galvanomètre deux points de la surface du cœur, l'un voisin de la base, l'autre voisin de la pointe, on constate une double oscillation électrique : le point voisin de la base devenant d'abord négatif, puis positif par rapport au point voisin de la pointe.

Ces modifications électriques se produisent sur la pointe du cœur excitée, au moment de l'excitation, sans retard appréciable, donc avant la contraction de la pointe; sur le cœur se contractant spontanément, un peu avant la systole. On sait que, pour le muscle strié, le phénomène électrique précède de même la contraction.

En résumé, les phénomènes mécaniques et électriques de la contraction du cœur de la grenouille établissent que cette contraction doit être assimilée à une secousse. En ce qui concerne les mammifères, la question est controversée. Nous avons, en parlant des ondulations du plateau systolique ventriculaire, indiqué cette opinion que ces ondulations sont la preuve de l'existence d'un court tétanos à 3 ou 4 secousses non complètement fusionnées. Cette opinion est combattue :

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