‹ Eléments de physiologieChapitre 34 sur 379 · LA LOI DE L*INEICITABIL1TÉ PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

LA LOI DE L*INEICITABIL1TÉ PÉRIODIQUE

soumet la pointe du cœur à une même excitation d'intensité constante, on constate que les premières contractions (8 ou 10) croissent légèrement en amplitude, de la l*^* à la 2*, de la 2" à la 3", etc., puis qu'à partir de la 10* environ les contractions conservent une amplitude constante, supérieure à celle de la première contraction, et par conséquent véritablement maxima, la première n'étant que submaxima. C'est ce qu'on appelle le phénomène de Vescalier, On peut observer le même phénomène dans les muscles striés ; il suffit, pour le produire, de chercher par tâtonnements l'intensité minima de Fexcitant efficace et l'intervalle optimum des excitations. En excitant le muscle strié par une série de courants induits d'abord espacés puis de plus en plus rapprochés, on obtient d'abord des secousses isolées, puis des secousses se fusionnant, puis le tétanos. Avec le cœur, on obtient d'abord des contractions isolées, en nombre égal au nombre des courants induits, puis des contractions se rapprochant et se fusionnant en partie sans jamais produire de tétanos : la courbe myographique ne présente pas de plateau, mais des ondulations correspondant chacune à une contraction interrompue pendant la descente; elle n'a pas le caractère ascensionnel de la courbe du tétanos imparfait. Si les excitations sont plus rapprochées, la courbe conserve le même caractère: le nombre des contractions est inférieur au nombre des excitations; il y a des excitations inefficaces. Le cœur ne se tétanise pas, le muscle strié se tétanise.

Toutefois cette proposition, qui exprime une diftérence absolue entre les deux catégories de muscles, n'est pas vraie dans tous les cas. On peut en effet observer un tétanos de la pointe du cœur en employant des courants induits extrêmement intenses et en opérant à une température élevée, 35° p. ex.

Si on excite par un courant induit d'intensité moyenne un cœur de grenouille, se contractant spontanément, en place sur l'animal, ou enlevé du corps, l'excitation est tantôt efficace et tantôt inefficace. Elle est efficace, quand elle se produit pendant la seconde phase de la systole (descente de la courbe), ou pendant la diastole {pénode sensible). Elle est inefficace, quand elle se produit pendant la première phase de la systole (ascension de la courbe ; période rëfractaire). Il en est de même pour la pointe du cœur, mais comme celle-ci ne se contracte pas spontanément, il faut provoquer une contraction par un i" courant indqit et lancer le 2' courant

M. Arthvs, — Physiologie. 5

aux diftérentes phases de la contraction produite par le 1* Ces faits, dont l'ensemble constitue la loi de VinexcUabilù périodique du cœur, sont d'ordre musculaire, puisqu'ils s'ol servent sur la pointe du cœur.

La phase réfractaire peut être réduite par remploi de coi

rants induits de très grande intensité ou par une tempérs

ture élevée. Pour des courants très intenses, la période réfra4

taire ne correspond plus qu'à une portion, plus ou moiii

étendue, suivant l'intensité du courant, de l'ascension de 1

courbe, cette portion étant toujours la plus voisine du débu

de la systole. Pour ces mêmes courants très intenses, 1

durée de la période réfractaire est d'autant moindre que 1

température s'approche plus de 37°. Ces faits expliquent poui

quoi on ne peut tétaniser le cœur par les courants iaduil

d'intensité moyenne, qu'on emploie d'ordinaire en physic

logie, quelque rapprochés qu'ils soient. Parmi eux, en effel

il en est d'inefdcaces, et ceux qui sont efficaces ne le son

que dans la phase de descente de la courbe, donc à ui

moment où il ne saurait être question de tétanos. On com

prend de même comment la température de 37® est un

condition favorable à la production d'un tétanos. — La loi d

l'inexcitabilité périodique du cœur rend compte d'une diffé

rence qu'on a signalée entre les muscles striés et le muscl

cardiaque. Par des courants continus extrêmement intenses

lancés dans le muscle strié, on en provoque le tétanos; pa

ces mêmes courants, lancés dans le muscle cardiaque, on ei

provoque la contraction rythmique : grâce à sa périod(

(l'inexcitabilité périodique, le cœur remanie l'excitation e

rend le courant continu équivalent à un courant interrompu

— Dans le même ordre d'idées nous avons vu le cœur ré

pondre par une série de contractions rythmiques à l'excita

tion continue exercée à sa surface ou dans sa cavité par iei

agents chimiques, — ou à l'excitation continue exercée d&n:

sa cavité par un liquide soumis à une pression convenable

Le rythme du cœur, série régulièrement alternante d< systoles et de diastoles, est (avec les réserves nécessitées pai la présence de fibrilles nerveuses dans la pointe du cœur, une propriété musculaire; le muscle cardiaque remanie l'excitation continue, pour la rendre adéquate aux fonctions qu'il remplit.

Cette conclusion au sujet de la nature musculaire de cette propriété cardiaque est confirmée par les observations suivantes. — Le ctuur de certains mollusques et le cœur des

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