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LES MANOMÈTRES PHYSIOLOGIQUES

Cette disposition présente des inconvénients évidents. Une quantité importante de sang (car la colonne a environ 2 mètres) s'échappe de l'organisme et il en peut résulter des modifications circulatoires et en particulier des modilications de pression. Le sang coagule dans le tube en quelques minutes et le caillot, adhérant aux parois, ne permet plus d'observer les modifications possibles de la pression. Ënlin un tube vertical de 2 mètres de hauteur au minimum est un appareil difficilement maniable.

On peut remédier à ces inconvénients, en introduisant préalablement dans le tube vertical une colonne liquide, capable d'équilibrer sensiblement la pression artérielle : on évite ainsi la perte de sang. Si on choisit comme liquide le mercure, dont la densité est environ treize fois et demie plus grande que celle du sang, il suffit d'employer un tube treize fois et demie plus court, et l'appareil, qui n'a plus que 20 à 30 cm. au maximum, devient maniable. Enfin si, entre le mercure et le sang, on interpose un liquide anticoagulant, sans action physiologique appréciable, on évite la production de caillots, sans modifier les phénomènes circulatoires. On emploie d'ordinaire une solution saturée de carbonate et de bicarbonate de soude, ou une solution à 1 p. 100 d'oxalate de soude.

Grâce à ces perfectionnements, le manomètre à mercure donne d'excellents résultats : on peut prolonger la détermination de la pression pendant une demi-heure au moins : au bout de ce temps, il se fait généralement un caillot (car les oscillations de la pression déterminent un va-et-vient du sang dans le tube de communication au voisinage de l'artère) qui arrête l'expérience. On emploie de coutume, pour établir la communication avec l'artère, des canules spéciales portant un tube latéral qu'on peut ouvrir et par lequel on peut faire passer un courant de la solution antihémostatique pour balayer les caillots : on peut ainsi prolonger indéfiniment l'expérience.

La difîérence de niveau du mercure dans les deux branches du tube manométrique représente en vraie grandeur la valeur de la pression artérielle et de ses oscillations. — Si

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sur uoe branche latérale d'une canalisation; ce n'est que dans le cas d'un canal unique sans aucune ramification, ou dans le cas de canaux multiples* tous simultanément obturés, que la pression devient au niveau des robinets ce qu'elle est à l'origine.

la branche du manomètre communiquant avec l'artère présente un élargissement considérable, et si la surface de séparation du mercure et du liquide antihémostatique se trouve dans cet élargissement, on peut admettre que cette surface de séparation est immobile et qu'il suffit de déter miner la hauteur et les oscillations de la colonne mercurielle dans la branche libre pour connaître la grandeur et les oscillations de la pression.

Pour connaître la valeur moyenne de la pression, abstraction faite des oscillations rapides qu'elle présente, on dispose sur la branche libre du manomètre un rétrécissement capillaire par lequel le mercure se meut très lentement

et grâce auquel les petites oscillations rapides ne se manifestent plus.

Pour transformer le manomètre en appareil enregistreur, on dépose sur le mercure une petite ampoule- flotteur portant une tige

„. „ ,, , . , , A légère verticale, se

Fig. 3. — Schéma du manomètre à mercure ^ , ^ , ' ,

physiologique. coudant a angle

droit hors du manomètre pour venir, par sa pointe, tracer une ligne sur le cylindre noirci. Les élévations et les abaissements de cette ligne représentent les oscillations de la pression en vraie grandeur si le manomètre porte sur sa branche artérielle l'élargissement dont nous avons parlé, et en demi vraie grandeur si les deux branches du manomètre ont même diamètre intérieur.

Les manomètres à eau ou à mercure ne sont pas absolument parfaits : un appareil parfait doit indiquer la vraie grandeur, la vraie durée, la vraie forme des oscillations. Avec le manomètre à eau, les oscillations de la colonne sont fort étendues en un temps très court, et elles ne sont pas encore achevées que déjà la pression a changé : la colonne liquide se trouve ainsi sollicitée par deux forces opposées : la pression sanguine et son propre poids. Avec le manomètre à mercure, les oscillations sont moins étendues; mais le mercure, à cause de sa grande densité, est lent à se déplacer,

LES SPHYOMOSGOPËS

et les oscillations de sa colonne ne traduisent pas rigoureusement, ni surtout sans retard, les oscillations de la pression. C'est pour cela que, dans certaines recherches spéciales tout au moins, on a substitué les sphygmoscopes aux manomètres. Supposons que le tube introduit dans Tartère et contenant le liquide antihémostatique communique avec un doigt de gant en caoutchouc également rempli de liquide, et que ce doigt de gant soit enfermé dans un espace fermé contenant de Tair et communiquant avec un tambour enregistreur. Sous l'influence de la pression artérielle, Tampoule de caoutchouc se distend et comprime Tair qui va soulever la membrane du tambour; les oscillations de la pression se traduisent par des oscillations de la membrane de caoutchouc et par suite de la membrane du tambour.

La méthode fournit des renseignements précis sur la vraie durée et la vraie forme des oscillations; elle n'en donne pas la vraie grandeur : pour obtenir celle-ci, il faut faire une graduation empirique de rap|>arcil ; d'ailleurs, le plus souvent, il importe plus de connaître le sens des variations de la pression que la vraie, grandeur de ces variations. — Le manomètre métallique ou anéroïde 0*est qu'un sphygnioscope. Il est essentielleiuent formé par un flacon métallique divisé en deux (-om|)arliuicnts par une membrane gaufrée comme celle du baromètre anéroïde; le compartiment inférieur, rempli de liquide, communiquant avec l'artère, représente la cavité du doigt de gant du sphygnioscope; la membrane anéroïde représente le doigt

Fig.

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