LES NERFS VASO-DILATATEURS
— détermination du débit ou de la vitesse; — détermination du volume de Torgane; — détermination de la température de Torgane, supposé périphérique.
Le phénomène doit être primitif. Nous savons en effet que l'excitation d'un vaso-constricteur, après avoir provoqué une vaso-conslriction primitive, détermine une vaso-dilatation secondaire, par épuisement du système neuro-vasculaire, qu'il convient de ne pas confondre avec la vaso-dilatation primitive due à l'excitation d'un vaso-dilatateur. Donc, pour établir la nature vaso-dilatatrice d'un nerf, il faut absolument avoir recours à des méthodes sensibles, permettant d'apprécier les effets primitifs ; telles sont la méthode d'observation directe, la méthode manométrique, la méthode hémodromométrique. Il faut rejeter absolument la méthode thermométrique : elle conduit à des confusions, car le thermomètre, appareil essentiellement paresseux, convient à indiquer des effets d'ensemble, des effets secondaires, mais non pas des effets primaires parfois fugitifs.
Le phénomène doit être direct^ c'est-à-dire que l'excitation ne doit pas se propager vers les centres nerveux; car si elle atteignait les centres bulbo-médullaires, elle pourrait inhiber les centres toniques vaso-constricteurs, et la vaso-dilatation ne résulterait plus, comme le veut notre définition, d'une action directe sur les appareils neuro-vasculaires. Il faut donc exciter le bout périphérique du nerf sectionné; et si ce nerf présente, au delà du point excité, des anastomoses avec d'autres nerfs, sectionner celles-ci, pour interrompre toute communication avec le système nerveux central.
L'existence des vaso-dilatateurs n'est pas logiquement nécessaire, pour expliquer les modifications du calibre des vaisseaux; dans les régions où ils existent, ils ne possèdent pas de tonus. Donc il convient d'en démontrer l'existence en chaque point de l'économie, pour en faire admettre la généralité.
On a pu établir la présence de vaso-dilatateurs : pour la langue, dans les nerfs lingual et hypoglosse; pour les lèvres, les parois buccales, les fosses nasales, dans le trijumeau; pour l'oreille, dans le nerf auriculo-temporal; pour la parotide, dans le nerf petit pétreux superficiel. Ces premières recherches avaient fait penser que les
vnso-dilaln leurs existent dans les nerfs céphalo-rachidiens, et (jue les vaso-constricteurs (existent dans les nerfs sympathiques. On peut étahlir que cette systématisation est inexacte : en excitant, chez le chien, le nerf sympathique cervical, on provoque une vaso-dilatation intense des parois buccales; — en excitant le grand sympathique dorsal, entre les 2° et 3^ ganglions dorsaux, on provoque une vaso-dilatation auriculaire; — en excitant le grand sympathique dorsal inférieur, on provoque une vaso-dilatation de la pulpe digitale, chez le chien.
La recherche des nerfs vaso-dilatateurs d'un organe présente souvent de grandes difficultés, parce que ces nerfs sont mélangés le plus souvent, dans un même cordon nerveux, avec les vaso-constricteurs du même organe : l'excitation de ce cordon peut dès lors produire simplement des effets vaso-constricteurs, qui ne représentent que la somme algébrique des effets inverses vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs. Si, par exemple, on excite les nerfs grands splanch niques, on provoque toujours une vaso-constriction abdominale : ces nerfs contiennent donc les vaso-constricteurs abdominaux; — mais ils contiennent aussi les vaso-dilatateurs abdominaux, bien qu'en aucun cas l'excitation directe de ces nerfs ne provoque de vaso-dilatation primitive. Dans de semblables circonstances, on peut souvent démontrer, l'existence des vaso-dilatateurs par l'étude des réflexes vaso-dilatateurs : dans le cas du grand splanchnique, en particulier, on a recours au réflexe dépresseur. Si on excite le bout central du nerf dépresseur, chez le lapin ou chez le chat, au niveau de la partie inférieure du cou, on provoque une vaso-dilatation intense des viscères abdominaux ; cette vaso-dilatation ne se produit pas, si les splanchniifues ont été sectionnés : donc ces nerfs contiennent des vaso-dilatateurs abdominaux.
Ce mélange des fibres antagonistes existe dans la majorité des nerfs périphériiiues; pour trouver des nerfs contenant séparés les vaso-constricteurs et les vaso-dila-
LE MODE d'action DBS VASO-DILATATEURS 125
taleurs d*un organe ou d'une région, il convient, eh général, de remonter vers les centres nerveux. Si on excite le sciatique, on provoque une vaso-constriction digitale ; si on excite les derniers ganglions dorsaux du sympathique, on provoque une vaso-dilatation digitale. Si on excite le sympathique dorsal supérieiu*, on provoque une vaso-dilatation auriculaire; si on excite le sympathique cervical, on provoque une vaso-constriction auriculaire. — Le plus souvent, pour obtenir une vasodilatation, il faut exciter près des centres nerveux; pour obtenir une vaso-constriction, il faut exciter à la périphérie.
Ce fait anatomique, le plus souvent vrai, présente un grand intérêt au point de vue de l'explication du mode d'action des vaso-dilatateurs. Les vaso-dilatateurs semblent disparaître des cordons nerveux, à mesure qu'on progresse des centres vers la périphérie, à mesure qu'on dépasse les ganglions échelonnés sur leur trajet; les choses se passent comme si les vaso-dilatateurs se terminaient dans ces ganglions, et comme s'ils agissaient en inhibant, au niveau de ces ganglions, le pouvoir tonique vasculaire des vaso-constricteurs. L'action vasodilatatrice ne serait donc pas une aition périphérique, portée sur l'appareil terminal, mais une action centrale, une inhibition centrale ou plus exactement ganglionnaire de l'appareil nerveux vaso-constricteur.
Si on excite le sympathique cervical du lapin, on provoque Une vaso-constriction typique de l'oreille du même côté; — si on excite le sympathique dorsal entre le l®*" et le 2« ganglion dorsal, on provoque une vaso-dilatation typique «le l'oreille du même côté. On pourrait supposer qu'au niveau des 2 premiers ganglions dorsaux et du ganglion cervical inférieur, le sympathique reroit de la moelle des vaso-contricteurs auriculainîs, et que les effets observés tiendraient h cette accumulation dv vasii-constricteui-s, à mesunî qu'on remonte vers la tête; — mais cette hypothèse est inacceptable, car l'excitation des racines antérieures et des rameaux communiquants
de la l'o paire dorsale et de la 8° paire cervicale ne provoque pas une vaso-constriction de l'oreille, mais, tout au contraire, une vaso-dilatation ; l'excitation des 2®, 3*^ et 4« paires dorsales provoque la vaso-constriction auriculaire. Donc le sympathique a reçu la majorité des vasoconstricteurs auriculaires au-dessous du i*' ganglion dorsal, et les nerfs vasculaires de l'oreille qu'il reçoit au-dessus de ce ganglion sont en majorité des vaso-dilatateurs. Une seule explication des faits signalés est donc possible : si l'excitation du sympathique dorsal supérieur provoque la vaso-dilatation de l'oreille, si l'excitation du sympathique cervical en provoque la vaso-constriction, c'est que des dilatateurs se sont épuisés au niveau du ganglion 1«^' thoracique et du ganglion cervical inférieur; c'est que l'action vaso-dilatatrice s'exerce au niveau de CCS ganglions.
()n admet que c'est là le mode général d'action des nerfs vaso-dilatateurs : ces nerfs ne sont pas des nerfs directement vasculaires; mais des nerfs inhibiteurs des vaso-constricteurs.
Nous avons signalé la présence de nerfs vaso-dilatateurs dans un certain nombre de nerfs périphériques (nerf tympanique, nerf lingual, etc.), dont l'excitation provoque une vaso-dilatation; nous l'avons signalée dans d'autres nerfs périphériques (nerfs splanchniques), où leur présence, mas((uée par celle des vaso-constricteurs, ne peut être établie que par l'étude de réflexes vaso-dilatateurs; nous Tavons signalée dans la chaîne sympathique, dans les rameaux communiquants, dans les racines antérieures d'un assez grand nombre de nerfs rachidiens. Ces nerfs proviennent, pour une part tout au moins, de la moelle comme les vaso-constricteurs; mais on ne peut en démontrer directem(;nt Texistence ([jms la moelle. En effet, la section de la moelle cervicale provoque une vaso-dilatiition généralisée, puis- (ju'on a sectionné les vaso-constricteuis, nerfs toniques et puisque; les vaso-dilatateuis ne sont pas tcmiques; — Texritation de la moelle provoijue une vaso-cons-