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LES CENTRES VASO-CONSTRICTEURS HO

d'excitations convenables portées en des régions convenables de l'organisme, ne se produisent qu'autant que le point d'excitation et la région vasculaire considérée ont conservé leurs connexions normales avec le bulbe rachidien. Ces faits permettent d'indiquer la voie suivie par l'influx nerveux tonique vasculaire : né au niveau du bulbe (au centre vaso-constricteur), il chemine dans la moelle épinière, qu'il quitte par un grand nombre de racines antérieures, pour passer par les rameaux communiquants dans le sympathique et de là dans les nerfs périphériques. Il existe toutefois des voies accessoires, en particulier pour la tête : si la majorité des fibres vaso-constrictives céphaliques se trouve dans le sympathique cervical, il en existe un petit nombre qui, du bulbe, passent directement dans le tiijumeau, dans le lingual, dans l'hypoglosse : on le démontre en provoquant par la section et par l'excitation directe de ces nerfs des phénomènes vaso-dilatateurs et vaso-constricteurs, alors même que par une section du sympathique cervical, pratiquée 8 jours auparavant, on a déterminé la dégénérescence des fibres vaso-constrictives qu'il contient.

Le centre tonique bulbaire n'est pas le seul centre tonique vasculaire : il en existe d'autres, échelonnés dans la moelle, dans les ganglions sympathiques, et jusqu'à la périphérie, dans les parois des artérioles.

La section de la moelle, pratiquée au-dessous du bulbe, provoque une vaso-dilatation généralisée; mais cette vaso-dilatation ne persiste pas indéfiniment : si on a sectionné la moelle dans la région cervicale inférieure (pour permettre la respiration spontanée de l'animal), on constate la disparition de la vaso-dilatation généralisée, au bout de plusieurs jours. Les choses se passent comme si la section sous-bulbaire ou cervicale inférieure avait inhibé des centres toniques vasculaires, compris entre la section et la périphérie; cette inhibition disparaissant à la longue, la tonicité des vaisseaux réapparaît. Si on sectionne la moelle au niveau de la pre-

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mièrr vertM>nf lombaire, il se produit une vaso-dilala! ion des membres inférieui*s, pei'sistant pendant plusieurs jours, mais finissant par disparaître; si alors on d^îtruit la moelle lombaire et sacrée, ou si on sectionne le nerf sciatique, la vaso-dilatation réapparaît. Les choses se passent comme si des centres toniques, existant dans les régions lombaire et sacrée, avaient été temporairement inhibés par la section de la moelle» au niveau de la 1"* vertèbre lombaire. — Si on sectionne la moelle immédiatement au-dessous du bulbe, la pression générale s'abaisse dans les artères; mais rabaissement de pression est plus considérable quand la section est faite à un niveau inférieur. Les choses se passent comme si la moelle contenait, échelonnés sur une grande longueur, des centres toniques accessoires. — Certains auteurs ont prétendu que ces centres médullaires existent seuls et que le centre bulbaire est une chimère : les sections sous-bulbaires n'agissant que pour inhiber les centres médullaires. Nous n'acceptons I>as cette conclusion, car nous avons vu l'excitation bulbaire provoquer une vaso-constriction généralisée d'une part, et d'autre part nous avons constaté que les réflexes vaso-constricteurs ne se produisent que si les connexions existent normales entre le bulbe et les points d'origine et de terminaison du réflexe. — Nous admettons V existence de centres médullaires toniques vaseulaires à côté d'un centre bulbaire.

Les ganglions sympathiques possèdent aussi un pouvoir tonique vasculaire. Ceci résulte des faits suivants. Si, chez le chien, on sectionne les nerfs de l'oreille et le sympathique au milieu du cou, on constate une vasodilatation intense de l'oreille; cette vaso-dilatation augmente encore, quand on arrache le ganglion cervical supérieur. — Si on enlève, chez le chien, la presque totalité de la moelle (l'opération n'entraîne pas nécessairement la mort immédiate), il se produit une vaso-dilatation généralisée; mais cette vaso-dilatation n'est que temporaire; au bout d'un temps plus ou moins long

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(quelques semaines en général), la tonicitr* vasculaire réapparaît.

Enfin on doit placer encore des centres toniques vasculaires dans la paroi même des vaisseaux. En effet la vaso-dilatation qui succède à la section d'un nerf vasoconstricteur périphérique ne persiste pas indéfiniment : la tonicité vasculaire réapparaît : sa cause ne peut plus être cherchée qu'à la périphérie. Nous démontrerons ci-dessous que l'excitation de certains nerfs périphériques provoque une vaso-dilatation : on explique généralement ce fait en admettant qu'il se produit par là une inhibition de centres toniques contenus dans la paroi du vaisseau lui-même.

Tous ces faits établissent la multiplicité des centres toniques vasculaires. Nous admettons que le centre bulbaire est un centre de 1?'' ordre, parce que les actions provoquées par sa section et par son excitation sont prédominantes.

La tonicité normale des artères varie : elle augmente ou diminue, et la cause de ces variations peut être centrale ou réflexe. Si on soumet un animal à l'asphyxie, il se produit une vaso-constriction dans la sphère abdominjale : on admet que le sang asphyxique excite le centre vaso-constricteur bulbaire. Si on excite le bout central des nerfs laryngés, des filets nasaux du trijumeau, du sciatique, etc., on provoque une vaso-constriction généralisée, avec augmentation de la pression artérielle. Si on plonge dans l'eau froide une main, on voit quelquefois l'autre main pâlir. On sait enfin que certaines émotions provoquent la pâleur de la face, c'est-à-dire la vaso-constriction de ses vaisseaux superficiels.

On peut établir, en instituant des expériences appropriées, que ces réflexes se produisent essentiellement par l'intermédiaire du bulbe rachidien, et c'est là une des raisons de la localisation dans le bulbe d'un centre vaso-constricteur ; — mais ils peuvent, au moins dans certaines circonstances, se produire par l'intermédiaire de la moelle et des ganglions du grand sympathique.

Nous n'avons encore parlé que des nerfs vaso-constricteurs, dont Tactivité suffirait à produire toutes les modifications de calibre des vaisseaux, selon que leur activité serait plus ou moins grande. A côté de ces vasoconstricteurs, il existe une autre catégorie de nerfs vasculaires, les vaso- dilatateurs , qui représentent un mécanisme de perfectionnement, le frein à côté du moteur.

Mettons à nu, chez le chien, la glande sous-maxillaire, préparons le nerf qui, se détachant du lingual, se rend à cette glande; examinons la coloration de la glande, l'état de sa vascularisation, et recueillons, pour plus d'exactitude, les tracés de la pression sanguine, dans l'artère afférente et dans une veine efférente, au moyen de manomètres branchés sur ces vaisseaux par l'intermédiaire de tubes en T. La section du nerf ne produit aucune modification de la vascularisation ou de la pression. V excitation du bout périphérique du nerf sectionné produit (et c'est- là un effet primitif) une vasodilatation intense : la glande rougit, d'innombrables petits vaisseaux apparaissent à sa surface ; le pouls plus fort dans l'artère se propage jusque dans les veines; le sang devient rouge dans les veines ; la pression diminue dans l'artère et augmente dans les veines. C'est le tableau des phénomènes succédant à la section d'un vaso-constricteur. C'est donc que ce nerf est un vasodilatateur, antagoniste des vaso-constricteurs.

Nous considérerons comme vaso-dilatateur tout nerf dont l'excitation centrifuge provoque une vaso-dilatalion périphérique primitive. Cette définition comprend 3 termes : i^ V excitation produit une vaso-dilatation;29 le phé- ..omène est primitif; 3° le phénomène est direct. (Il n'y a pas lieu de parler des phénomènes consécutifs à la section du nerf ; il ne s'en produit pas : les vaso-dilatateurs ne sont pas des nerfs toniques.)

Pour reconnaître la vaso-dilalalion^ les moyens sont multiples : examen direct de la région, supposée périphérique; — détermination simultanée des pressions artérielle et veineuse;

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