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LYMPHATIQUE

Sommaire. — La circulation capillaire. — Observatiou au microscope.

Pression et vitesse dans les capillaires. La circulation veineuse. — Causes principales et causes accessoires.

Action du cœur, do la respiration, de lu pesanteur, des contractions

musculaires. Pression et vitesse du sang dans les veines. Pouls

veineux, j^a durée de la circulation.

Les circulations locales. — Les circulations pulmonaire, canliaquo

cérébrale.

La circulation lymphatique, — Causes de la circulation lymphatique.

Cœurs lymphatiques des animaux à sang froid.

I^es capillaires physiologiques sont les petits vaisseaux, au niveau desquels se font les échanges nutritifs : anatomi(iuement, ils se distinguent des artères et des veines : ils sont formés par une couche unique de cellules.

On peut observer au microscope la circulation capillaire sur des membranes minces et transparentes, mésentère du lapin, aile de la chauve-souris, membrane iuterdigitale, poumon et langue de la grenouille, queue du têtard, etc. Le sang se meut dans les capillaires d'un mouvement uniforme, sans saccade (excepté dans le cas de vaso-dilatalion intense). Dans les capillaires assez gros pour admettre de front plusieurs hématies, on constate qu'elles ne touchent pas la paroi, mais constituent une colonne centrale, entourée d'un manchon de plasma, dans lequel s'observent quelques leucocytes. Les héma-

M. Arthls. — Physiologie. 9

lies situées au centre du capillaire sont entraînées du mouvement le plus rapide; les hématies situées à la périphérie de la colonne centrale sont entraînées du mouvement le plus lent; les leucocytes contenus dans le manchon de plasma progressent beaucoup moins vite que les hématies. Ces variations de vitesse aux divers points du tube capillaire auraient pu être prévues, d'après les lois de la mécanique. Partni les leucocytes contenus dans le manchon de plasma périphérique, on en voit quelques-uns s'accoler à la paroi, s'y fixer quelques instants, puis se laisser de nouveau entraîner par le courant; d'autres adhèrent définitivement en un point déterminé et s'insinuent à travers la paroi, pour passer dans les espaces péri-vasculaires {diapédèse). Dans les petits capillaires, n'admetlant qu'une seule hématie, la zone plasmatique périphérique n'existe naturellement plus; les hématies s'effilent au besoin pour les traverser et se contournent au niveau des éperons.

H est impossible de mtîsurer directement la pression (lu sang dans les capillaircîs. On peut admettre qu'il y a là une chute brusque de la pression, car on note une difîérence importante de pression entre les dernières artérioles et les premières veinules. Cette chute brusque et considérable de la pression est en rapport avec la nature physiquement capillaiie des capillaires sanguins. — On a cherché h connaître indirectement cette pression, en mesurant la pression qu'il faut exercer sur une meml)rane pour la faire pâlir, par conséquent pour en chasser la nappe sanguine capillaire, qui lui donne sa teinte rosée normale : on a trouvé une pression de 100 à i;iO millim. d'eau, soit 8 à 12 millim. de mercure pour la in(îmbrane interdigitale de la grenouille, et une pression de 20 à 5() millim. de luercunî (moyenne 35 mm.) pour la région sub-unguéale de l'homme.

La vitesse du sang dans les capillaires p(*ut se mesurer dans h's membranes minces, au moyen du micromètre oculaire. On suit au inicr()S('()|)e la marche d'une hématie et on note le temps qu'elle emploie à pai'courir

une certaine distance. On a ainsi trouvé 0™™,5 par sec. chez la grenouille et 0,8 de millim. chez les mammifères. — Les vitesses étant en raison inverse des surfaces des sections, si Ton admet une vitesse de 400 mill. par sec. dans l'aorte et 0™™,8 dans les capillaires, on en peut conclure que la somme des surfaces de section des capillaires est 500 fois plus grande que la surface de section de l'aorte.

Les capillaires ne sont pas contractiles : ils n'ont pas de fibres musculaires. Ils n'ont pas de fibres élastiques; mais ils possèdent une certaine élasticité, comme en possèdent tous les tissus ; ils se laissent distendre, quand la pression augmente dans les artères; ils reviennent sur eux-mêmes, quand la pression diminue. Dans ces conditions, leurs mouvements sont purement passifs.

Anatomiquemcnt, les veines présentent une membrane résistante et élastique, contenant quelques fibres musculaires et quelques fibres élastiques : ces éléments histologiques y sont d'ailleurs rares et ne jouent aucun rôle fondamental dans la physiologie des veines, qui ne sont que des canaux de retour absolument passifs. A quoi servirait une membrane élastique, puisque le cours du sang a été régularisé avant les capillaires ; à quoi servirait une membrane musculaire, puisque Tirrigation des organes a été réglée par les artériolcs 1

Le mouvement du sang dans les artères est sous la seule dépendance de la contraction cardiaque ; le mouvement du sang dans les veines reconnaît une cause fondamentale et des causes accessoires.

La cause fondamentale est la contraction cardiaque, qui engendre la pression artérielle : cotte pression décroît du cœur aux capillaires, subit une chute considérable au niveau des capillaires, mais ne tombe pas à 0, ainsi qu'on peut l'établir expérinientaleiiient, soit en déterminant la pression nécessaire [>our vider les capillaires

et les aplatir, soit en déterminant manométriquement la pression dans les veinules. Cette pression est la cause fondamentale de la progression du sang dans les veines : on la retrouve dans toutes les veinules, et constamment.

Les causes accessoires sont les unes ifitra-thoraciques, les autres extra-thoraciques. Parmi les premières, les unes sont cardiaques (aspiration cardiaque), les autres sont respiratoires (aspiration thoracique). Parmi les secondes, il faut signaler l'action de la pesanteur^ les contractions inusrAilaii'es^ V expansion artérielle.

Le cœur aspire le sang des troncs veineux aboutissant dans Toreillette droite. — Supposons qu'on place un manomètre dans la jugulaire externe, chez le chien ou ht cheval, et, pour éviter de compliquer le phénomène à observer, pour supprimer l'aspiration thoracique, dont nous indiquerons le rôle, supposons qu'on ouvre la cavité thoracique et qu'on pratique la respiration artificielle. On note, à chaque contraction cardiaque, un abaissement d(î la colonnci manométrique, <lonc une diminution de la pression intra-juguhiire, par aspiration cardiatiue. En inscrivant en même temps les battements du cœur, on constate que l'abaissement de la pression veineuse se produit au moment de la contraction ventriculaire. Ces faits sont contrôlés par l'examen des graphiques fournis jjar les sondes cardiographiques : au moment de la contraction du ventricule droit, on note un abaissement do la pression dans l'oreillette droite. — L'observation prouve que la pointe du cœur ne s'élève pas pendant la systole ventriculaire; or le ventricule diminue de longueur pendant sa systole, donc la base ventriculaire, c'est-à-din^ la cloison auiiciilo-veiilriculaire s'abaisse; "omine les oreillett(»s sont maintenues en place par les veines, aux^iuelles elles sont suspendues, elles doivent se laisseï- distendn^ par Tattrartion vrnti'iculaire,(4 un vide a tendance à s'y produire : d'où les jdiénoinènes d'aspiration.

Le cœur agit encore autrement; en S(» contractant il

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