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LES CAUSES DE LA CIRCULATION VEINEUSE

diminue de volume; un vide tend à se faire dans la cavité médiastine, et par suite une aspiration se produit vers elle : cette aspiration agit sur le diaphragme, la paroi costale, le poumon et aussi sur le sang des gros troncs veineux ; à mesure que le sang remplit l'oreillette droite, le vide produit par la contraction cardiaque tend à se combler; les viscères aspirés, tendant par leup élasticité à reprendre leur position première, aspirent eux-mêmes du sang vers le cœur, de sorte que finalement Taction porte sur le sang seul.

Cette action, exercée par la contraction du cœur sur les organes voisins, peut se reconnaître sur les graphiques obtenus en mettant en communication avec un manomètre la cavité aérienne respiratoire, pendant un arrêt de la respiration : à chaque contraction ventriculaire, il y a aspiration d'air; à chaque diastole ventriculaire, il y a expulsion d'air. Il s'établit par là, dans les voies aériennes, un mouvement cardio-pneumatique, intéressant à signaler.

Les poumons, même pendant l'expiration, ne sont pas à l'état statique : ils reviennent sur eux-mêmes; si on ouvre le thorax; ils attirent donc les parties voisines, et leur action se fait sentir sur le cœur : ainsi, même pendant l'expiration, les poumons tendent à aspirer du sang vers le cœur. Mais, pendant l'inspiration, les poumons étant encore plus distendus, leur aspiration est plus grande : c'est à ce moment qu'ils font sentir plus efficacement leur action sur la circulation veineuse. Si on met un manomètre en communication avec la jugulaire, on voit la pression baisser dans la veine à chaque inspiration : on voit d'ailleurs, par le simple examen de la région sus-jugulaire, chez les individus à peau mince, ou chez les animaux dont la veine a été dénudée, cette veine jugulaire s'aplatir à chaque inspiration. Cette aspiration du sang des veines n'est possible que si cellesci ne se laissent pas aplatir par la pression atmosphérique : c'est là une condition réalisée pour les grosses veines du cou et pour la veine cave inférieure, mainte-

nues béantes par des aponévroses (aponévrose rervicalc) ou (les muscles (diaphragme, peaucier du cou). C'est à cette disposition anatomique et h l'aspiration thoracique qu'est dû le phénomène de Ventrée de Vair dans les veines^ quand on fait une légère blessure à une veine de la base du cou. — Notons encore que dans l'effort accompli la glotte fermée, dans le cri, dans le chant, la poitrine comprime les poumons et le phénomène inverse se produit : les jugulaires et les veines superficielles sont gorgées de sang.

La pesanteur peut jouer, suivant les régions considérées, un rôle utile ou nuisible pour la circulation veineuse. Dans toutes les régions du corps situées au-dessus du cœur, la pesanteur agit favorablement; les artères, les capillaires et les veines représentent un siphon, dans lequel la circulation se fait admirablement bien. Dans les régions situées au-dessous du cœur, au contraire, la pesanteur gêne la circulation : c'est effectivement dans ces régions qu'on observe les troubles circulatoires par stase veineuse.

Les muscles, en se contractant, compriment les veines qu'ils contiennent ou qui rampent à leur surface et dans leur voisinage ; comme elles sont facilement compressibles, ils les vident de leur sang. Mais ce phénomène ne peut favoriser la circulation veineuse que grâce aux valvules dont sont munies certaines veines. Les valvules sont des replis conjugués par deux et disposés de façon à permettre la progression du sang dans un sens et à l'empêcher dans l'autre sens; dès lors une action mécar nique exercée sur une veine favorise nécessairement la circulation veineuse, car elle ne peut faire progresser le sang que dans le sens cardiopète. Les valvules sont surtout nombreuses dans les veines des membres et plus particulièrement des membres inférieurs; elles n'existent pas dans les veinules d'un diamètre inférieur à 2 millimètres; elles n'existent pas dans la veine porte, les veines rénales, les veines utérines, les veines pulmonaires, les veines du crâne. — Les contractions mus-

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culaires d'ailleurs ne favorisent, de façon continue, la circulation veineuse, que si elles alternent avec des relâchements, pendant lesquels les veines intra et juxtamusculaires se laissent remplir de sang.

Le diaphragme, en se contractant, comprime les viscères abdominaux et en expulse partiellement le sang veineux : c'est un cas particulier qu'on peut à volonté rattacher à l'histoire du rôle circulatoire de la respiration ou à celle du rôle circulatoire des contractions musculaires.

On sait enfin qu'à chaque systole cardiaque, les artères se laissent distendre : les membres et les organes augmentent de volume; si les organes sont enveloppés d'une paroi résistante, la distension des artères détermine une compression des veines, dont le sang se trouve, chassé : c'est ce qui se produit en particulier dans l'œil et dans le cerveau.

On peut se proposer de déterminer la pression et la vitesse du sang dans une veine ; nous ne disons pas dans les veines, car ces éléments mécaniques varient considérablement d'une veine à l'autre. La pression dans une veine est la résultante de causes agissant en sens inverse : de causes positives (pression cardiaque et compression exercée sur les veines à valvules) et de causes négatives (résistances à l'écoulement du liquide par frottement, pesanteur, etc.), toutes causes dont la grandeur varie d'un organe à l'autre.

La pression veineuse se mesure avec des manomètres analogues à ceux employés pour mesurer la pression artérielle. Mais il faut brancher ces manomètres sur la veine, au moyen d'un tube en T, pour ne pas interrompre la circulation dans la veine. Si en effet on abouchait à plein canal le manomètre dans une grosse veine terminale, recueillant la totalité du sang d'un département vasculaire (veine rénale, par exemple), on réaliserait les conditions dans lesquelles la pression atteindrait la valeur de la pression artérielle (robinet fermé sur une canalisation sans voies collatérales). De même, si on abou-

chait à plein canal le manomètre dans une veine à valvules, la pression pourrait atteindre une valour énorme, dans le tronçon en rapport avec le manomètre, si des pressions musculaires ou autres étaient exercées sur les tronçons veineux situés en amont.

La pression du sang dans les veines est toujours peu considérable ; pour la mesurer avec une certaine précision, il convient d*employer des manomètres à eau (ou à liquide anti-hémostatique). On peut, par un calcul simple, transformer ensuite les valeurs de la pression obtenue en valeurs mercurielles : il suffît de les multiplier par le rapport des densités de Teau ou du liquide anti-hémostatique et du mercure.

On a ainsi trouvé, dans les gros troncs veineux, en se plaçant dans des conditions convenables pour ne pas avoir à tenir compte de la pesanteur (position horizontale du sujet), des pressions de 5 à 40 millimètres de mercure. Au voisinage du cœur cette pression baisse encore et peut devenir négative, sous les influences cardiaques et respiratoires que nous avons analysées. La pression est de O"»*»,! à 0™"*,6 de mercure dans les gros troncs jugulaires de la base du cou.

La vitesse du sang a été mesurée par les procédés hémodromométriques précédemment décrits (p. 102). On a obtenu une vitesse de 20 centimètres par seconde dans la jugulaire du chien, c'est-à-dire de 1/2 à 2/5 de la vitesse du sang dans les artères; d'où cette conclusion : la section des gros troncs veineux est 2 fois à 2 fois 1/2 plus grande que celle des gros troncs artériels.

On a signalé la présence de quelques fibres musculaires dans les veines; on peut prévoir dès lors que les veines possèdent une certaine contractilité. En fait, on a constaté quelquefois de faibles contractions des veines jugulaires du chien. Ces faits, intéressants à signaler, n'ont d^ailleurs aucune importance circulatoire. L'étude des vaso-moteurs des veines n'est pas faite; on a essayé de démontrer l'existence de ces nerfs; mais la démonstration n'est pas satisfaisante.

LES POULS VBINBDX i37

Les veines peuvent être le siège de phénomènes pulsatiles, de pouls veineux. On en distingue deux catégories, suivant les veines qui en sont le siège : un pouls veineux central et un pouls veineux périphérique.

Le pouls veineux central s'observe dans les grosses veines de la base du cou, dans les jugulaires : c'est une pulsation perceptible à la vue, perceptible aux fins et délicats leviers enregistreurs, imperceptible au toucher. En inscrivant cette pulsation en même temps que le choc du cœur, on constate qu'elle se produit avant le choc, pendant la contraction auriculaire : on doit l'attribuer à une onde, provoquée par la contraction auriculaire, et refluant de l'oreillette vers les gros troncs veineux.

Dans quelques cas pathologiques rares, il se produit, dans les jugulaires, un pouls veineux plus fort que le précédent, se manifestant au moment de la systole ventriculaire (on le peut désigner sous le nom de pouls veineux jugulaire pathologique, pour le distinguer du pouls veineux jugulaire normal). On l'observe dans les cas d'insuffisance tricuspidienne, le sang du ventricule droit refluant dans l'oreillette au moment de la systole ventriculaire, et produisant une onde centrifuge, en venant heurter la colonne sanguine contenue dans les gros troncs veineux.

Le pouls veineux périphérique s'observe dans 2 conditions. — 1° Quand les artérioles sont fortement dilatées, soit par suite de la paralysie des vaso-constricteurs, soit par suite de l'action des vaso-dilatateurs, le cours du sang cesse d'être régulier dans les capillaires et dans les veinules : les saccades artérielles et le pouls se transmettent jusqu'aux veinules. On observe en même temps le pouls capillaire : la région où ce pouls capillaire se produit (région sous-unguéale par exemple) présente alternativement des colorations rouge et blanche. On observe souvent le pouls veineux périphérique pendant l'anesthésie (surtout pendant Tanesthésie chloralique) et sous l'action du nitrite d'amyle. — 2® Quand une artère est en contact avec une veine, ou quand une artère

pénètre dans une cavité close, contenant des veines (crâne, œil), rartèrc transmet ses pulsations aux veines, non plus à travers les capillaires, mais à travers la paroi artérielle et la paroi veineuse.

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