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LES SELS ET LES PIGMENTS BILIAIRES

substances biliaires; car il serait également négatif, si la quantité de ces substances était trop petite pour ôtre décelée par ces réactifs. D'ailleurs, si le résultat était positif, on n'en saurait rien conclure, car les substances biliaires pourraient provenir d'une résorption intestinale de la bile, déversée dans le tube digestif. — 2° Si on enlève le foie d'une grenouille (survie de 2 à3 semaines), on ne trouve pas, après plusieiïrs jours, trace de substances biliaires dans le sang et dans les tissus; si on lie le canal cholédoque d'une grenouille, on décèle les substances biliaires dans le sang et dans les tissus, au bout de quelques jours (il en est de môme chez les mammifères, à la suite de la ligature ou de l'oblitération du canal cholédoque — ictère). — 3° Si, chez le pigeon, on lie le cholédoque, on reconnaît déjà, après cinq heures, la présence des pigments biliaires dans le sérum et dans Turine, au moyen de la réaction de Gmelin; si, chez le même animal, on lie les vaisseaux du foie, on ne constate plus la présence des pigments biliaires dans le sérum et dans l'urine, pendant toute la durée de la survie, qui peut atteindre huit jours. — Chez l'oie et chez le canard, on peut, en faisant respirer pendant 1 à 2 min. de l'hydrogène arsénié, provoquer le passage de biliverdine dans les urines : il y a eu polycholie et résorption consécutive des pigments biliaires dans l'intestin. Mais si la même expérience est faite sur l'oie ou le canard, dont les vaisseaux hépatiques ont été liés, il n'y a pas passage de biliverdine dans les urines.

On ne connaît rien de la genèse des sels biliaires. On sait que les pigments biliaires dérivent de rhémoglobine ; on en a, entre autres preuves, les suivantes : 1° les pigments biliaires existent chez tous les vertébrés à hématies; — 2° dans les vieux extravasa sanguins, on trouve un pigment idcnti<iue À Tun des pigments biliaires.

Si on lie l'artère hépatique, la sécrétion biliaire n'est pas suspendue; si on lie la veine porte, progressivement, de façon à ne pas tuer l'animal, en permettant l'établissement d'une circulation collatérale porte-cave, ou si on pra-

tique la fistule veineii^^o d'Ëck (abouchement de la veine |ioiie dans la veine cave înTérieure), la sécrétion liiliaire subsiste diminuée. Li bilt* peut donc se former indistinct!^nient aux dépens du sang de l'artère ou de la veine afférentes. La ligature d'une branche de la veine porte, se distribuant à un lobe hépatique, laisse subsister dans ce lobe la sécrétion biliaire diminuée (on a signalé, chef rhomme. une continuation de la sécrétion biliaire dans des cas de thrombose totale de la veine porte).

Pour étudier la sécrétion biliaire, on a recours aux fhitules biliaires. On observe parfois des fistules biliairea, choz riiommc, dans certains cas pathologiques, ou à U suite d'interventions chirurgicales sur les voies biliaires. (hi pratique généralement la fistule chez le chien.

Dans la majorité des cas. on a pratiqué la fistule de U vésicule biliaire : le fond de la vésicule est incisé, attiré à Textérieur, fixé aux bords -de la plaie cutanée; on munit généralement la fistule d'une canule convenable, disposée de façon à obturer complètement la fislule, ou à p(.*rmettre l'évacuation de son contenu. Selon qu'on a lié ou qu'on n'a pas lié le canal cholédrxjuo, la fistule est complète o\\ incomplète. Ia fUituk incomplète, convenable pour recueillir simplement de k liile, ne permet pas de connaître la quantité de la bile formée, ni les lois de sa formation. La fislule compUte est en général préférable à la fistule incomplète; mais elle présente deux inconvénients : l" les produits biliairei n'étant plus déversés dans l'intestin, il en résulte (ainsi qu'il sera établi ci-dessous) une diminution quantitative et qualitative de la sécrétion biliaire; 2* la bile n'ayant plus à s'écouler par le cholédoque, muni d'un sphincter terminal, les lois de son écoulement sont modifiées, et la marche de la sécrétion est changée. Aussi a-l-on cherché à substituera la fistule de la vésicule une fistule conservant les voies normales d'évacuation. On enlèv»*, comme pour les fistules pancréatiques permanentes d'Ileidenhain-PawIow, un coin duodénal, comprenant rami>oule de Vater, et on suture les bords

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