VARIATIONS DE LA THERMOGENÉSE
profondeur du muscle, et l'autre étant laissée & demeure dans un bain à tem- Pérature constante, l'aiguille du galvanométre commence à se dévier dès les premières contractions du biceps, et elle accuse bientôl une élévation de température de 4°. Helmoltx, Heidenhain, Béclard, ete., faisant usage d'appareils extrémement sensibles, ont également observé une élévation de température dans l'épaisseur du gastro-cnémien de la grenouille; une seule secousse musculaire entraine un échauffement de 1 à 5 centièmes de degré (Heïdenhain).
Pour observer l'échauffement du biceps, sous l'influence de la contraction, il suffit de faire usage de thermomètres très sensibles et de les appliquer sous La peau qui recouvre le musele, en protégeant la région contre le refroidissement, par une enveloppe ouatée (Béclard, Chauveau).
L'influence dutravail spontané des muscles sur leur température a été étudiée par CI. Bernard d'une manière fort précise. On place un thermomètre dans la veine faciale d'un cheval, à son embouchure surla jugulaire, eton fait manger l'animal. Aussitôt, le thermomètre aceuse une élévation de température.
L'ensemble de ces faits suffit à démontrer, sous une forme sommaire ét indirecte, l'accroissement do la thermogenèse lié au travail musculaire. À ce point do vue, nous nous bornons ici à constater l'échauffoment subi par les muscles en activité. Mais il y aura lieu, plus tard, de déterminer les lois de cet échauffement dans ses relations précises avec le travail de la contraction.
En regard et en opposition de l'hyperthermie liée à l'activité des muscles, se place l'hypothormie qui accompagne les divers modes du repos. Telle est l'immobilité du sommeil ou celle de l'hibernation. Mais le repos profond des muscles peut étre obtenu artificiellement; les lapins maintenus attachés sur la Hible de viviscotion, ne font plus aucun mouvementet se refroidissent de 2 où 3 degrés (Legallois, CI. Bernard, Richet). L'immobilité puralytique est beaucoup plus efficace. On peut l'obtenir, soit par la section de la moëlle, soit par le éurare (CI. Bernard). Un lapin, dont la moelle avait été sectionnée, présenta six heures après, une température de 24°. Elle était de 40° avant l'opération.
De la production de 14 chaleur dans le travail des autres tissus. — Pour les tissus autres que les museles, les déterminations calorimétriques directes semblent offrir des difficultés insurmontables et on ne peut disposer ici que des indications fournies par le thermomètre ou par la mesure locale des échanges gazeux. Nous dirons sommairement les résultats obtenus eur lesorganes du système nerveux et sur les glandes.
De L'échauffement des nerfs. —Les variations de la température qui pourraient se produire dans les nerfs parcourus par une excitation, ont été recherchées, d'abord, à l'aide de la méthode thermo-électrique. Helmoltz, opérant sur des animaux à sang froid, déclure n'avoir jamais observé une déviation galvanométrique au moment du passage des excitations jetées sur le nerf, Schiff et €. Bernard ont obtenu quelques résultats positifs. Mais on s'accorde aujourd'hui à attribuer la déviation de l’aiguille du gslvanomètre à l'influence de l'électrotonus et, cette cause d'erreur étant inévitable, on a dû renoncer à se servir des appareils thermo-électriques. On y a substitué l'emploi d'instruments spé= ciaux appelés bolométres et fondés sur ce fait qu'un cirouit métallique offre au passage du courant une résistance variable avec sa température (Rolleston, Steward, de Bœck). lei le circuit est formé par un petit fil de platine isol& éléctriquement et enroulé sur un axe de mica. Le tout forme une masse très
RÉGULATION DE LA TEMPÉRATURE. 593 Accroissement de la tonioité musculaire. — On connait la théorie
… du repos, ils continuent à recevoir les excitations du syslème nerveux central qui les maintient en un étal de tension active et sollicite en eux une contraction permanente et d'intensité variable. Il ÿ aurait là une source intarissable et toujours disponible de chaleur, capable de graduer son débit et de livrer les quantités qui lui sont réclamées par le système nerveux, en présence du froid. ‘Quoi qu'on puisse penser de cette conception, l'intervention de l'activité mus- culaire ne saurait plus étre mise en doute, quand alle se manifeste par des actes précis, comme les tremblements musculaires qu'on rencontre sur les animaux qui luttent contre le froid, et que M. Richel a étudiés sous le nom de frisson
Du frisson thermique. — Le frisson Lhérmique se manifeste où peut se nanifester avant l'ubaissement de la température centrale et dès les premières pressions du froid sur la peau. Il se produit avec la plus grande facilité chez me. On l'observe également chez les animaux, notamment chez les petits à poil ras, comme les lévriers d'appartements. On le constate aussi chez chevaux tondus, si on ne prend pus la précaution d'abriter ces animaux dans chaudes habitations, ou de les protéger par d'épaisses couvertures, Dans cos cas, le frisson thermique est d'origine périphérique. Mais il peut être gine centrale et c'est probablement le cas des tremblements qu'on observe certains chevaux, après l'ingestion des boissons, à moins que la muqueuse ale, c'est-à-dire le tégument interne, ne soit apte, comme la peau, à oir Les impressions Lhermiques. C'est un point à examiner, Pour obscrver e certitude le frisson thermique d'origine centrale, il suffit de rofroidir des ux, soit par un bain d'eau froide, soit par le sommoil ehloralique . Pendant le réchauffement, le frisson thermique sé manifeste dès que
la température centrale atteint 30° on 33°, sération des combustions respiratoires. — Les réflexes lhermoont précisément pour effet d'entrainer l'exagération des combustions toires, et partant, un excès dans la thermogenèse, juste suffisant pour ser l'excès de la déperdition dû à l'action du froid. C'est une notion 6 que l'intensité des combustions varie en sens inverse de la tmpéraextérieure. Les expériences de Colasanti sur le cobaye ont montré que intensité peut être doublée sous l'influence du froid. Mais le sens de la m sc renverse lorsque la température extérieure est très élevée, ot à d'un certain degré mal déterminé, d'ailleurs, et variablo avoc les espèces animales, les combustions s'accroissent e la température extérieure. Nous ommes ainsi conduit à enregistrer prématurément l'influence excitante de La h sur la thermogenèse. Mais nous devons réserver l'étude de ce point par-
or,
‘exagération des combustions atteint ses dernières limites sous l'action des froids ; elle a été étudiée surtout par Sigalas (1890) et par Quinquaud Celui-ci, qui expérimentait sur le chien, æ obtenu des résultats très x, mais si nous dépouillons les chiffres qui Les expriment, nous constaque l'accroissement moyen des combustions provoqué par l'eau froide, de 400 p. 100 environ. La température des bains a varié de 6° à 12 et,
tous les cas, les animaux ont subi un refroidissement intense,