‹ Êléments de physiologie. v.2Chapitre 21 sur 136 · LE DE LA DIGESTION INTESTINALE · texte numérisé non relu

LE DE LA DIGESTION INTESTINALE

Rôle du suc pancréatique dans 1a digestion. — Pour étudier l'action exercée sur les aliments par le suc pancréatiqué, on a eu recours à diverses méthodes. La plus simple consiste à instituer des digestions êe »êtro à l'aide d'un suc pancréatique artiGciel. Celui-ci est obtenu par la méthode ordinaire des infusions, Le pancréas découpé en fragments est mis en macération dans un liquide antiseptique dans la proportion de 4 gramme de pancréas pour 90 4 40 grammes de liquide. Celui-ci est formé, soit de glycérine pure (Wittich), soit d'une solution d'acide borique à 4ou 5 p. 400 (Herzen). Le tout est placé pen» dant une heure, environ, dans une étuve à 36°.

On peut encore procéder à des ingestions artificielles d'aliments, dans la région paacréutique de l'intestin, au moyen d’une bouche duodénale ménagée à l'origine de l'intestin grêle. Enfin, Les aliments peuvent être poussés dans une fistule duodénale instituée à la manière de Thiry. L'opération comprend les lemps suivants : 1° réséquer une anse intestinale comprenant l'insertion du canal paneréatique; 2 rétablir par une suture la continuité de l'intestin réséqué 3° ouvrir l'extrémité pancréatique de l'anse libérée, sur un orifice münagé dans La plaie abdominale et fermer, par une suture, l'extrémité libre. On obtient aiosi un cocum indépendant, ouvert au dehors et duns lequel on peut emprisonver les divers principes immédials, pour éprouver l'action du sue pancréatique. Cette action s'exerce puissamment sur tous les principes organiques de l'alimentation,

æ, Action du sue pancréatique sur les hydrates de cxrbones. — Le pouvoir saccharifiunt du suc puncréatique, découvert par Valentin en 1844, est très puissant ct très rupide. En quelques instants, on obtient, n vitro, la secharification de l'amidon eru. {| convient de remarquer que chez les jeunes animaux à la mamelle, le suc pancréatique contient peu d'amylase ot que son pouvoir transformateur est très faible et ne se constitue que très lentement, Il en résulte que les féculents sont mal tolérés par les jeunes animaux, après La Jactation, et peuvent devenir l'occasion de ces diarrhées graves qu'on obsenvé notamment chez Les veaux. De x l'indication d'apporter quelques précautions dans le sevrage et de substituer progressivement le régime nouveau au régime du lait.

Par contre, la digestion pancréatique des hydrates de carbone acquiert une importance considérable chez tous les viseaux granivores. Ces animaux étant à pou près dépourvus de glandes salivaires ou n'ayant que des glandes à mucus disséminées sous lo derme buccal, la digestion des féculents relève exclusivement du suc pancréatique. Aussi, après l'atrophie du pancréas, qu'on peutobtenir sur des pigeons, par la ligature du canal excréteur, la digestion des féculents ne se fait pas, ét les animaux succombent dans le marasme (Langendorf}, Ws succombent aux effets d'une alimentation insuffisante.

b, Action du sue pancréatique sur les principes albuminoïdes, — La peptonisation des principes azotés opérée pur le suc pancréatique offre tn cerluin nombre de circonstances particulières, Elle a lieu en milieu alcalins elle est arrêtée par les acides et elle ne souffre pas de l'accumulation des peptones formées. Réserve faite de ces circonstances tout à fait opposées à celles qui caractérisent la peptonisation gastrique, la digestion paneréatique des albuminofdes constitue un processus identique, au fond, à celui de la diges= tion opérée par l'estomac. À la place des acide-albumines, on trouve les termes

sis DE LA DIGESTION INTESTINALE.

tp, 441) donne un liquide très imparfait et résultant d'une sécrétion anormale,

Quant au sue entérique qu’on pourrait obtenir pur une fistule établie en un point quelconque de l'intestin, il est forcément mélangé de bile et de suc pancréatique.

Le procédé de Colin est assurément le meilleur; mais on peut également se sérvir de la méthode des infusions qui semble avoir donné un suc entérique artificiel de bonne qualité à quelques auteurs (Ellenberger, Hoffmeister).

Caractères du suc entérique, — Il constitue un Liquide muqueux, clair,

salé, alcalin, et congulable par la chaleur. D'après Schmidt il confient : éau, 180; substances urganiques, 3 ; sels 15, Parmi les substances organiques figure le ferment inversif où fnvertine découvert par Cl. Bernard.

Son action sur les aliments. — Grâce à celte dernière diastase le suc entérique transforme le sucre de canne, le multose et le lactose, en sucre interverti, mélange de dextrose et de Lévulose. 11 a aussi la propriété de sacehavifler l'amidon ce qui implique la présence d'un ferment analogue à la disstass salivaire (Colin, Frerichs, Bidder et Schmidt).

L'influence du suc entérique sur les albuminoïdes est très incertaine; elle est tour à tour aflirmée ou nie, par les divers auteurs, ot nous dovons on | conclure que ce liquide contribue très faiblement à la peptonisation.

Comme tous les liquides alealins, il est capable d'émulsionner les corps gras. Colin en a donné une démonstration directe en enfermant 160 grammes d'huile d'olives dans une anse de l'intestin grêle isolée, sur un choval, entre deux compresseurs. L'autopsie, pratiquée une heure après, it voir que l'huil sonnée élait presque entièrement 4 l'état d'émulsion. Mais ce résultat ne saurait. atteindre les conclusions acquises, dans le chapitre précédent, sur lé rôle de La bile et du suc paneréatique,

Progression et modifications du chyme dans l'intestin. — Chez les carnivores. le chyme pénètre lentement dans l'intestin grêle qui, de cette manière, peut concentrer toute son action sur de faibles quantités d'aliments ct en achevèr la transformation digestive.

Ainsi favorisée par la distribution du chyme et la lenteur de son accès dans le duodénum, la digestion intestinale atteint une grande puissance et épuñse tous ses effets dans l'intérieur même de l'intestin grèle, Ce point a été mis hors de doute par les essais de Macfadyen et Nencky à l'aide de fistules établies h l'extrémité de l'iléon et permetlant d'analyser le chyme au moment de sa pénétration dans le gros intestin. |

Chez les solipèdes, le chyme issu de l'estomac se partage très rapidement entre toutes les parties de l'intestin gréle ct le cœcum, Il a d'ailleurs une très grande mobilité qu'il doit à la proportion considérable des liquides, quile composent, et dont la valeur altéint, en moyenne, 9% p, 100. La progression du chyme est donc très rapide et les mouvements péristaltiques qui le poussent jusque dans le cœcum, revélent, dans l'intestin grêle, un caractère particulier de puissance et dé rapidité. Cette circonstance n'est pas sans danger, our elle peut dévenir l'occasion d'une invagination, accident dont l'issue est le plus communément fatale. Lés mouvements péristaltiques sont beaucoup plus lentset plus faibles dans le gros intestin où d'ailleurs, et par là même, la progression du chyme est singulièrement ralentie. Mais ce ralentissement a uno autre cause.

Par la disposition qu'il affecte chez les solipèdes, le cwcum introduit une résistance qui diminue la vitesse du chyme cten modifie la répartition, Retenus,

156 DE L'ADSORPTION.

Leur densité, Par exemple, la pression osmotique d'une solution de sucre à 4 p. 100 est égale à 5% millimètres de mreure.

Mais jusque là, nous ne possédions qu'une relation empirique éL il appartenait à de Viès (1884) de montrer Les liens profonds de la pression osmotique avec la structure moléculaire des solutions,

De la plusmolyse et de l'isotonte, — Loi de l'équimotéeutarité, — La cellule végétale, disions-nous plus haut, est un véritable osmomètre, et c’est un osmomètre à courant unilatéral. En sorte que, si on la plonge dans des solutions appropriées, l'osmose intervient et entraine dans le protoplasma des changements de volume qui dépendent exactement des solutions employées et qui, s'ils étaient facilement appréciablés, deviendraient caractéristiques de ces solution: je si la solution d'épreuve n'entraine aucun changement dans le protoplasma des cellules observées, c’est qu'elle a La même pression csmolique que le suc cellulaire qui imprègne ce protoplasma; elle lui est toronique, De même, deux solutions salinos qui imposent dos changements iden- Liques au proloplasma sont isotoniques entre elles, et on aperçoit la possibilité de trouvor dans In collule végétale et dans ses changements un critère permettant de juger les solutions, de les comparer entre elles et de déterminer les degrés de lour concentration respective pour lesquels elles sont isotoniques, Or, le critère cherché, de Vriés le trouve dans la plasmolysr, c'est-à-dire la rétraction subie par Le protoplasma végétal on présence d'une solution plus concentrée que le suc cellulaire. Mais la plasmolyse a tous les degrés possibles et elle passe par un nombre infini de phases, depuis l'instunt où le protoplasma commence à se détacher, en quelques points, de La membrane d'enveloppe, jusqu'au moment où la masse cellulaire, complètement rétraetée, flotte librement dans sa capsule de cellulose,

C'est cetle première phase, très facile à saisir, c'est le début même de la plasmelyse que do Vrits consulte, pour déterminer lo moment où l'isotonie est obtenue. Toutes les solutions qui provoquent l'apparition de ln plasmolyse sont fsotoniques. Il devient slone possible do préparor, avec les diverens substances solubles, une longue sérin dé solutions isotonlques et de rechercher la loi de leur concentration. Or, les nombreux résultats accumulés par de Vriès, ont mis en lumière une relation simple de la plus haute portée scientifique: Les Litres des solutions isoloniques sont entré eux comme les poids moléculaires des substances dissoules. 11 en résulle qu'à volume égal, Lontes les solutions fsotoniques contiennent le méme nombre de molécules chimiques. Elles sont équimoléculaires, La pression osmotique devient ainsi une pure manifestation de la mécanique moléculaire. Elle est immédiatement fonction du nombre des molécules dissoutes et directement proportionnelle à ce nombre; en sorle que, pour employer l'heureuse expression dé Dastre, « loute molécule quelle qu'elle soit, exerce, en dissolution, la méme pression osmolique. »

Cette loi si remarquable évoque invineiblement le souvenir de la relation analogue qui régit la pression dés gaz et leur volume. Elle appelle un rapprochement avee les principes d'Avogrado relatifs à la constitution et à la cinétique des gaz: Tous les gas soumis à la méme pression contiennent, à volume égal, le même nombre de moléeules, on bien, et par un corollaire facile à saisir, à volurne égal, la pression des gx est proportionnelle au nombre de molécules enfermées dans ce volume. On voit ainsi que la pression osmotique et la pression des gaz obélssent à la même loi que, pour simplifier, on pourmil uppeler la loi de l'équimolécularité. Une si complète analogie était faite pour frapper les meilleurs esprits et Van L'Hofl y a trouvé le point dé départ d'une conception très neuve sur la pression osmolique. L'hypothèse de Van L'Hoë {1887) consisté à admettre que les corps én solution se conduisent comma los gaz el produisent une certaine pression sur Les parois du vase qui les contient, Les molécules de cos corps eireuleraient dans le dissolvant et frapperaient los parois du vase, comme les molécules d'un gaz frappent les parois du récipient où il est enfermé. La pression osmotique aurait dance sa réalité ot sa loi on dehors do l'osmomètre qui ls met en

en,

[LL DE L'ABSONPTION.

gazeux respiratoires ct il absorbe Les gaz avec une rapidité et une puissance rares. Les effets foudroyants dés gaz loxiques, comme l'acide sulfhydrique où des vapeurs de l'acide cyanhydrique, en sont la preuve. Mais le poumon absorbe encore les liquides avee une égale facilité, ot Delafond en a donné une démanstration massive dans des expériences instituées sur lé cheval. A l'aide d'on entonnoirouvert dans la trachée, cet expérimentateur a pu envoyer au poumon et lui faire absorber 25 4 30 Litres d'eau, L'absorption n'a pas d'autre limite que la pression intra-vasculaire qui s'élève avec la masse d'eau absorbée, Mais on a facilement raison de celte résistance, et par des effusions sanguines méthodiquement distribuées, on pourrait réaliser, avec le poumon d'un cheval, La fublo Au tonneau des Danaïdes.

L'extréme perméabilité de ce viscère devait naturellement suggérer l'idée de choisir cet organe. pour l'administration des substances médicamenteuses, à l'aide d'injections intra-trachéales, Malheureusement ces injections ont des effets désastreux et quelque précaution d'antisepsie que l'on prenne, elles entraînent fatalement des pneumonies graves et presque toujours compliquées de gangrène (Cadéac et Male).

Absorption par l'appareil génito-urinaire, — De tous les organes de ce groupe il n'en est pas de plus intéressant que la vessie, parce qu'elle a été l'objet de nombreuses controverses et a donné lieu & des travaux contradictoires,

Par définition, la vessie est un réservoir parfaitement étanche et l'épithélium vésieal doit être considéré comme imperméable tant qu'il est sain. Dés travaux déjà anciens, comme coux de Fleischer ct Bruckmann, de Paul Bert et Jolyet avaient autorisé cette conclusion, Des substances toxiques, comme la belladone où la sirychuine, peuvent impunément être emprisonnées dans la vessie et y séjourner plusieurs heures après lesquelles on les retrouve intactes et en possession de toutes leurs propriétés toxiques. Ces résultats ont été pourtant contredits par Bazy et Sébastien qui ont obtenu des empoisonnements, en emprisonnant dans la vessie des alcaloïdes divers. Il est vrai queces expérimentateurs se servaient de substances dont quelques-unes, telles que la vératrine ou l'aconts tine, ont des propriétés manifestoment irritantes, et qu'ils les employaient à dosos massives. [ls sortaient évidemment dos conditions d'une bonne expérience. On ne peut pas faire ce reproche aux recherches suivantes de Caréneuve et Lépine, Cazéneuve et Levau, Boyer et Guinard. La méthode employée par ces expérimentateurs est toujours la même; elle consiste à crprisonner duns la vessie une substanco d'épreuve. Celle-ci est introduite, soit au moyen d'une sonde uréthrale, soïtau moyen d'une seringue de Pravas, par piqûre abdominale, La liqueur introduite est maintenue par la ligalure du col. Or, les poisons les plus violents, tels que la strychnine, peuvent séjourner dans In vessie, pendant quinze où vingt heures, sans entrainer aucun signe d'empoisonnement. Et, au bout de ce temps, l'urine recueillie dans la vessie possède la toxicité de la stryel nine etempoisonne l'animal, si on la lui administre par injection sous-cutanée. Dans ces Limites de temps, l'épilhélium vésical résiste au contact importun dé la substance étrangère mise en sa présence, mais il finit par s'allérer devant celte provocation incessante ; il subit une desquamation plus ou moins étendue, ét l'absorption, qui ne trouve plus d'obstucle, se manifeste par l'apparition sowdaine dessymptômes de l'empoisonnement strychinique. Ce dénouement est si Dion l'effet de l'altération épithéliale qu'on en peut précipiter l'apparition, en agisstnt

homme de 60 llogrammes aurait donné 5 kil. 8 de sang, soit 410,8 du poids du corps, I nous paraît avantageux de traduire tous ces chiffres en fractions décimales, On peut dire sous cette nouvelle forme que :

Laumssse du sang équivaut, chez Je chien, à chez le choval, à Dir he te Brut, chez le Inpin, chez le chat, à chez les oiseaux, chez l'hotme, à

On peut inférer de ces chiffres la quantité de sang en cireulation dans le corps d'on animal d'un poids déterminé. Ainsi un cheval de 500 kilogrammes aurait, environ, 27 kilogrammes de sang, tandis qu'on bœuf du méme poids n'en conticndrait que 47 kilogrammes, Enfin on en trouverait # à G litros dans Je corps d'un homme de 60 kilogrammes.

En ce qui touche les animaux domestiques, les chiffres qui précèdent peuvent. servir de base aux praticiens ét aux physiologistes pour régler l mesure dés émissions sanguines, mais il ne faut pas perdre de vue que ces données sont de simples moyennes, et que la masse du sang est sujelte à dos variations considérables pouvant aller du simple au double. Tantôt ces variations sont pures ment individuelles et dépendent de cuuses indéterminées, tantôt elles se raltachent à l’état physiologique de l'animal, état de santé où de maladie; alimentation ou jeûne, embonpoint, pléthore, maigreur, ete, Aussi bien, l'influence de ces facteurs st loin d'être exactement déterminée et le plus sage, dans la pratique des effusions sanguines, est de se tenir très éloigné des données approximatives exposées ci-dessus.

Composition du sang. — Le sang se compose de deux parties : le plasma liquide incolore où d'une teinte légèrement ambréo, et les globules, parmi les» quels les globules rouges, qui donnent au sang sa coloration.

Pour obtenirisolément ces deux parties, plasma et globules, il importe d'ems pêcher la coagulation qui engage une partie du plasma dans la conslitution du caillot. À cet effet, on recueille le sang, à sa sortie du vaisseau, dans un vase entouré d'un mélange réfrigérant. Dans ces conditions, le sang reste liquide æt il suffit de l'abandonner au repos. Les globules, plus lourds que le plasma, tombent lentement et s'accumulent dans la partie inférieuro du vase où ils fon ment une couche de coloration rouge et d'une hauteur sensiblement égale à sb moitié dé Ia hauteur totale. Le plasma peut alors être recueilli par décantation dans un autre vase où il ne turde pas à se coaguler. 11 donne, ainsi, un caillet blanc qui, sauf la présence des globules rouges, est identique à celui qui accom= pugne la coagulation ordinaire. Le caillot est surtout constitué par de) a fibrine en sorte que le sérum n'est pas autre chose que du plasma dépourvu de fibrine. On obtient cette dernière en opérant le batlage du sang, c'est-h-dire en agitant Le liquide dès sa sortie des vaisseaux à l'aide d’une baguette de verre,

Des globules où éléments figurés du sang. — Le sang contient deux sortes de globules: les globules rouges et les globules blancs. Les globules rouges où hématies ont ln forme de disques biconcaves d'un diamètre variant entre 7

5,00 p. 100 du poids [12 F Ai cr

TERIIT

2,00 tous LE]

sant de s'arrêter sur les conditions de ce phénomène, IL est de notion courante que le sung asphyxique roste liquide et poisseux. On attribue ce résultat à l'influence de l'acide carbonique. C'est, sans doute, pour Ia même raison que Le sang veineux est moins conguleble que le sang artériel. Eufn, le sung des vaisseaux capillaires et des veines sus-hépatiques serait inconguluble, sans qu'il soit possible de préciser la condition qui intervient ici.

Conditions de la coagulation, — Le sang né se congulé jamais à l'intérieur des vaissenux sains. Lorsque la coagulation a lieu sur le vivant, alle est toujours localisée, et procède invariablement d'une altération des parois vasculaires (phlébite où artérite}, La présence du caillot (thrombose), à pour effet de solliciter, dans la lunique interne du vaisseau intéressé, un mouvement de végétation qui aboutit à la résorplion du coagulum et à l'oblitération définitive du vaissenu, Ce processus w été longtemps méconnu et considéré comme répondant à l'organisation du euillol.

© Lorsqu'on place une ligature eur un tronc artériel ou veineux de manière ä y suspendre le cours du song, la coagulation ne se produit que tardivement, et lorsque la tunique interne, imporlunée par la constriction, commence & s'onflammer. En un mot, le sung ne se congule que dans les vaisseaux modifiés par l'inflammation. IL y a là le point de départ d'une méthode fort élégante pour déterminer l'oblitération lente des vaisseaux et permettre l'établissement d'une cireulation collatérale. {1 suffit de les embrasser dans une ligature d'a tente sans opérer la constrietion. L'influence irritante de la ligature s0 propage bientôt à La tunique interne, et,dès cet instant, le caillot se constitue par appo= sition de couches successives qui diminuent progressivement la lumières vaisseau et finissent par la remplir entièrement. C'est par ce procédé quel'oblis tération lente de la veine porte a été réalisée, la première fois, par Oré,

L'action des parois vasculaires intactes eur la Quidité du sang a été établie par une vieille expérience d'Hewson souvent répétée depuis par beaueoup. d'auteurs, Sur un cheval, on interceple entre deux ligatures un segment de lu jugulure, et on en opère la résection. Or, le sang, ainsi emprisonné ct maine tenu enfermé dans un vaisseau désormais inerte et incapable de s'enflammér, se conserve indéfiniment à l'état liquide. Pour en déterminer la congulation, il suffit de faire intervenir un corps étranger si discrètement que ce soit: Par exemple, une simple piqûre d'épingle traversant la paroi du vaisseau provoque immédiatement la coagulation. Cette expérience nous apprend, du mémo coup} que la présence de l'air n'est pas, comme on l'a soutenu longtemps, indispensable & la cosgulation, mais que le contact d'un corps étranger est uen des conditions nécessaires de ce phénomène.

Mode chimique do la coagulation. — Commont se forme la fibrinel C'est la toute ln question. Los travaux de Denis (de Commerey)et de À. Schnitdt y répoudent d'une manière satisfaisante.

Denis a d'abord établi la préexistence dans le sang d'une substance albumis noïde particulière: la plasmine, On l'obtient à l'état de précipité aïbuminotde, en traitant le plasma par du sel marin en poudre, Reprise ot dissoute dans) l'eau, la plasmine se comporte comme le sang complet et se coagule. Denis et a conclu que la coagulation est due au dédoublement de la plasmine en fibrinie concrète formant le caillot et en fibrine dissoute. A, Schmidt est venu ensuite.

sta montré la complexité de la plasmine. Celle-ci est formée de l'association de: |

Page 1