DE LA RÉVOLUTION SANGUINE. — SA DURÉE
Larévolution sanguineembrasse le trajet parcouru par un globule sanguin par tant d'un point quelconque du cercle circulatoire et y retournant. Sa durée a & déterminée par Hering (1820). Ce physiologiste injecte chez locheval, par Le bout centraldela jugulaire,unesolution deferrocyanure de potassium;auboutde trente secondes, le sel apparait dans le sang de l'autre jugulaire, et décèle sa présence au contact du perchlorure de fer. Plus tard, Vierordt apporta à cette méthode des perfectionnements permettant de déterminer avec plus de précision lemoment exact de l'arrivée du ferrocyanure dans la jugulaire. A cet effet, le réactif révés Jateur (perehlorure de fer) est distribué dans une série de verres à essais disposés sur le bord d'un disque animé d'un mouvement uniforme et de vitesse connue. L'apparoil est placé près du vaissoau ouvert et disposé de manière à recevoir le sang qui s'écoule goulte à goutte et tombe dans les verres à essai, Vierordt a
DE LA CIRCULATION LYMPHATIQUE, 295 ææouvé ainsi que la révolution sanguine a une durée de 15"2 chez le chien et A 0 7 secondes chez le lapin.
D'une manière générale, cette durée, chez les différentes espèces, est égale au Ææmps que le cœur met à exécuter vingt-sept battements.
Les vaisseaux lymphatiques ne forment pas un système clos h la façon du ==ærcle circulatoire : ils constituent les voies d'un courant céntripète dont les æ-æcines procèdent de tous les-points de l'organisme et dont les troncs prinei- > aux, au nombre de deux, se déversent dans le système veineux. Ils semblent <enstituer un appareil de dérivation chargé de restituer au sang l'excédent du pplisma transsudé au niveau des capillaires et à travers leur mince paroi.
Les vaisseaux lymphatiques sont diflicilés à mottre en évidence et la détermiation du système entier a réclamé une série de découvertes. En 1622, Gaspard Zn =alli découvrit les chylifères (veines lactées) sur le mésentère des animaux
en digestion. En 1640, Pecquel vit ces canaux converger sur le réservoir qui porte son nom et découvrit le canal thoracique. Enfin, on 1851, Rudboek, on
Htolinde, Bartholin, à Copenhague, Jolyffe, à Cambridge, trouvèrent des vais-
ææaux lymphatiques dans presque tous Les issus et en établirent l'universalité
et l'importance.
Lalÿmphe emprunte à son origine méme ses principaux caractères chimiques. Ælléa la composition générale du plasma sanguin, mais elle est moins riche on Principes organiques. D'après les analyses de C. Schmidt et de Nasse, elle Contiendrait 95 p. 100 d'eau et 4 à $ p. 100 de matières solides dont 3 p. 400 environ, de malières albuminoïdes. Parmi ces dernières figurent le fibrinogène et ln substance fibrino-plastique. La lymphe comme le sang, est spontanément “cougulable.
Lis gaz de la lymphe sont les mêmes que ceux du sang, mais leur proportion Istoute différente, D'après Hammarsten, l'extraction de ces gaz donnerait, pour 100 centimètres cubes de Lymphe : 0,1 d'oxygène, 40 centimètres cubes de 00 et4®,5 d'azote.
Les lencocytes de la lymphe sont les seuls éléments figurés de ce liquide; ils Nédifirent pus de ceux du sang d'où ils procèdent, en grande partie, par dia- RGuautEnns sont fournis par lee ganglions et entrainés au passage par
Lourant de la cireulation lymphatique.
Origine de la lymphe.— Le liquide en mouvement dans les vaisseaux lym=
ques es emprunté au plasma qui remplit les mailles du tissu conjonctif et lonnélemitieu profond qui enveloppe et sollicite les éléments anatomiques. La Emiphé est done fournie par le sang, et résulte du mouvement de filtration abpère à travers les capillaires sanguins. Sur ce point essentiel, il ne milyasoir de désaccord, mais les divergences se produisent quand il s’agit depidciser Le rôle des capillaires sanguins. On les a considérés comme de pures Menbranes osmotiques et on admettait que la lymphe se constitue par une
simple Mtration du plasma. Cette interprétation a pour elle un grand nombre de laits élablissant que l'intensité de la circulation lymphatique est placée sous
* Ja dépendance des conditions qui agissent sur la circulation cupillnire et sur la transsudation du plasma. C'est ainsi que la ligature des veines augmente l'écoulement de la lymphe (Tomsa, Paschutin}. Le fait est facile à vérifier sue le cheval où on peul aisément établir ane fistule sur un des gros trones lymphu= tiques qui accompagnent la carotide,
Or, l'écoulement de la lymphe augmente sensiblement si on place une ligature sur la jugulaire, et il reprend su valeur ordinaire dès qu'on enlève la ligature. Si on fait manger l'animal, l'intensité de l'écoulement atteintson maximum, et on a le droit de supposer que cette accélération est due à la dilatation des capillaires qui accompagne l’activité des museles masticateurs, Par contre, la ligature de la eurotide entraîne une diminution marquée dans le débit de la fistule.
L'influence de la pression artérialle sur l'écoulement de la lymphe se manifeste encoré dans l'expérience suivante de Colson. Si, sur uu chien, on réalise l'oblitérution de l'aorte, l'écoulement de lymphe par le canal thoracique ne tarde pas à se ralentir et même à s'arrêter, mais il reprend son cours accoutumé dès qu'on interrompt a compression de l'aorte, Cette expérience est particulière= ment démonsirative parce qu'elle embrasse le département le plus considérable de la circulation Iymphatique, L'ensemble de ces faits purait bien établir que l'écoulement de lalymphe dépend étroitement de la pression artérielle et plaide en faveur de l'explication physique donnée plus haut sur l'origine de ce liquide. Mais Heïdenhain s'est efforcé de faire prévaloir l'hypothèse de li séerétion consistant à admettre que l'endothélium des capillaires sanguins règle le passage du plasma ct pur conséquent la production de la lympho, La théorie d'Heidenhain,accucillie avec empressement par quelques physiologistes, tels que Hamburger et Barlow, se réclame d'un certain nombre de faits dans lesquels l'écoulement et la constitution de la lymphe paraissent échapper à l'influence prochaine de la circulation sanguine.
Les substances crislalloïdes (sel marin, sucre, urée) injectées dans le sang, augmentent l'écoulement de la lymphe suns accroître la pression artérielle. Dé plus, les mêmes substances se retrouvent dans la lymphe du ounal thoracique à un degré de concentration plus élevé que dans le sang (Hcidenhuïn, Barlow). D'autres substances comme ln peptone, l'extrait de muscles d'écrevisse, considérées comme des ymphagogues par Heidenhain, augmentent aussi l'écoulement de la lymphe tout en délerminant l'abaissement de la pression artérielle {Heïdenhain),
L'écoulement de la Iymphe recueillie sur un cheval par un des lymphatiques du cou augmente dès qu'on fait murcher l'animal, bien que la pression artérielle subisse un abaissement considérable à ruison-de la dilatation de tous les eapile lairés musculaires (Hamburger).
La lymphe continue à s'écouler plusieurs heures après la mort par une fistuile pratiquée sur le canal thoracique (Heidenhain, Wertheimer)
Enfin, la pression osmolique de la lymphe serait parfois supérieure à celle du sérum sanguin (Humburger, Barlow).
Nous sommes persuadés que tous ces faits pourraient se concilier avec le théorie physique de la Bltration. IL est d'autre part évident qu'ils n'umoin= drissent pas lu valeur de ceux qui plaident directement en faveur de celte
dical, et rester stationnaire, Ces chiffres relativement élevés donnent une idée précise des forces qui poussent le plnsma dans le système lymphatique.
Vitesse de la circulation lymphatique. — Elle est très fuiblo ot voici unc élégante expérience de Ranvier qui montre bien la lenteur relative dépla cements dela lymphe. Sur l'oreille d'un lapin vivant, on fait une injectior interstitielle de bleu de prusse, à l’aide d'une seringue à pointe très fine et très acérée, enfoncée dans l'épaisseur du dérme.Le réseau lymphatique correspondan estinjecté en même temps que les troncs qui accompagnent l'artère et la veini auriculaires. Or il faut deux ou trois minutes pour que ces troncs soient décoloré: et, qu'au bout de ce temps, on retrouve le bleu de prusse dans les ganglions Les expériences de S. Techirwinsky plaident dans le mémo sens. Si on inject du salicylate de soude (4 gr. p. 40 kil. d'animal) dans la jugulaire d'un chien celte substance, révélée par le perchlorure de fer, n'apparait dans la Tymplu recueillie par une fistule du canal Choracique, qu'au boul de quatre à septani nutes, Mais on retrouve le sel dans les lymphatiques de La patte deux où troû minutes après l'injection. Enfin la Iymphe du canal thoracique donne encore li réaction du salicylate de soude six heures après l'introduction de ce sel dant les veines.
Mais cesfaiténe donnent pas une mesure exacte de la vitesse de lalsmphe, Cett mesure a été obtenue par Colin dans des expériences instituées sur le bœufel fondées sur une méthode consistant à déterminer la quantité de lymplie éco: lée en un temps donné pur une fistule du canal thoracique, Les résultats obtenus font connaitre le débit du canal et il ne reste plus qu'à diviser le débit observé par le nombre qui mesure la surface de section de ce vaisseas 1 résulte des chiffres obtenus pr Colin que la lymphe aurait, dans Le canal thoracique, une vitesse de 1%,07 par minute; soit 48 millimètres par seconde, Si on admet que le sang marche dans l'aorte avoc une vitesse de 400 milli: mètres (chiffre généralement adopté), on voit que la marche de la lymphe est environ trente fois plus lente que celle du sang.
Mesure du déversement de la lymphe dans le système veineux. Les expériences instituées pour mesurer le débit du canal thoracique répondèn! précisément à la question posée. Colin a fait un grand nombre d'essais consistam ämesurerdirectement sur les diverses espèces domestiques la quantité de lymptis livrée en vingt-quatre heures parunefistule du canal thoracique. En dépouillans les nombreux résultats obtenus par ce physiologiste, on peut estimenque quantité de lymphe versée dans le sang veineux est de 5 grammes par kilog.æ= par heure, soit pour un cheval de 500 kilogrammes, une somme totale 00 kilogrammes par jour. Exceptionnellement, une vache du poids de 480 kil grammes donna dans les vingt-quatre heures 05 kilogr. 386 de lymphe.
PUÉNOMÈNES MÉCANIQUES DE LA RESPIRATION. 301 alchée sur ses bords t durovue à son centre d'un lien qui permet de la déplacer