LIVRE III.~IIAGNÉTISIIE ET ÉLECTRICITÉ
d« nK«(rer qa*en effet ee plan d^épreore est chargé 4*électri€ité vitrée, tandis que les balles divergent par rélectrlcité résinevse. On dit qael(iiie(éis qu*on corps est dmnê ta êphère d'activité ou hors de la êpkère d^ac^ Hvité d*un corps électrisé , suivant qu*il en ressent ou n*en ressent pas I*lnfluence : mais il faut remarquer que ces expressions, dont on peut se servir sans inconvénient, sont bien moins r^Uves aa corpe électrisé luimême qu*aa corpe que Ton soumet k son infloence : Hgonreusement, la sphère d'activité d^un corps électrisé s*étesd à Tiniai, et la distance à laquelle nous pou* vons rendre ses effets sensibles dépend de la mobilité des appareils que nous emplofoas.
On peut encore disposer Texpérience àffsi manière suivante : o& (fig, SS8) est un êseiiatêur (on nomme ainsi une tige de cuivre terminée comme le représente la figure ; le plus souvent elle peut se tirer et s'allonger oomme une lunette); on suspend à chacune de ses »trémités un double pendirie à fil de lin ou de métal , et on le place sur un isoloir $ ; alors on approche un oorps électrisé r, et l'on observe une divergence dans les balles. Si le corps est électrisé résineusement, comme le représente la figure, rélectricité vitrée se porte et s'accumule dans la partie de l'excitateur qui en est la plus voisine , et la résineuse est refimdée à Textrémité opposée; c'est ce qu'on peut vérifier en approchant an tube de verre électrisé ou un bâton de résine , ou en prenant de l'électrieité avec le plan d'épreuve pour en reconnaître la nature. Le contraire arriverait si le corps rétait électrisé vitreusement.
Un corps électrisé par iniuence agit, à son tour, pour électriser les corps voisins qui se trouvent dans sa sphère d'activité, et ces actions successives peuvent se propager Jusqu'à de grandes distances. Il sufllt de Jeter les yeux sur la figure fm pour voir la disposition que l'on peut donner aux appareils dans ces expériences, «s est un conducteur de la machine »
c un premier cylindre isolé , & un second cylindre pareil , ^une boule de cuivre , et ^ une petite balle de sureau.
La divergence des balles indique la présencede rélectricité, et les signes + et — marquent son espèce.
Lorsqu'un corps conducteur est déjà chargé d'élec- Irleilé, il n'en éprouve pas moins l'influence d'un autre corps électrisé ; une seule expérience suffit pour montrer oofld^n de phénomènes curieux peuvent résulter de ce principe. Le petit anneau à pendules, de la première des expériences qui précèdent, est électrisé résineusement : on lui présente un corps électrisé résineusement comme lui , et la divergence des balles augmenle donc, mm électricité résineuse est repoussée et refoulée dans les baUes par l'électricité résineuse qui agit sur lui par influence, ou,si l'on veut, ses électricités naturelles sont
par aM berd ou par twi centre 4 une leagne aignUle de
séparées : la résineuse est refoulée dans les baltef , oè elle s'ajoute à la résineuse qui s'y trouve d^à ; tttdis que la vitrée est appelée dans l'anneau, où elle neutralise une égale portion de résineuse en se recomposant avec elle. La charge primitive de l'anneau et celle du corps fr**on lui présente peuvent être telles que, pea* dant l'action par influence, Panneau se tronve encore électrisé résineusement , ou qu'il reprenne son état naturel, ou même qu'il se montre avec une charge d'éleotridté vitrée. Cest ce que Ton peut vérifier avec le plan d'épreuve.
Ces phénomènes sont plus apparents lorsqa*on donne à l'anneau une charge primitive d'électricité vitrée : alors, sous l'influence des corps résineux, qo^on en approche graduellement, les balles se rapprochent peu à peu, reviennent au contact, et divergent de nouveau;cé qui prouve d'une manière évidente que leur électricité vitrée a été peu à peu appelée dans l'anneau , qo'eHe y est venue en totalilé , et qu'enfin , pour une mofaidre distance du corps agissant, il s'est fait une décomposition nouvelle qui refoule du fluide résinenx dans les balles et qui leur donne une nouvelle divergence.
195. Le$ corps éîectrisés par influence retombeni à leur état primitif dès que Vinfluence cesse. — Puisque la décomposition par influence est instantanée dans les corps conducteurs , la recomposition doit êtie instantanée dès qu'on détruit la cause décomposante.
Or on peut en général la détruire de deux manières : soit graduellement , en tirant des corps éîectrisés de petites étincelles avec un corps isolé, ou en augmentant la distance du corps conducteur qui reçoit son Influence ; soit subitement, en tirant du corps électrisé une étincelle totale qui le décharge complètement lorsqu'il est lui-même conducteur.
Dans le premier cas , la recomposition est gradudie comme la diminution de la forée, et l'on s'en aperçoit à la divergence des balles, qui diminue de plus en plot. Dans le second cas , les deux électricités séparées par influence se rejoignent par leur attraction mutuelle , et se recomposent en totalité , comme on le volt par le rapprochement des balles, qui est subit et complet.
Dans ces phénomènes , ni l'un ni l'autre des fluides ne sort de la masse qui reçoit l'influence électrique , mais ils éprouvent tous deux un mouvement de tranalation dans l'étendue de cette masse , soit quand ils ae séparent, soit quand ils se rejoignent; et ces mouvements rapides de l'électricité produisent dans les molécales pondérables des secousses mécaniques ou des elffHa chimiques très-remarquables.
Par exemple une grenouille , préparée et dispooèe comme on le voit dans la figure 380, semble n'éprouver aucun effet lorsqu'on tourne lentement ta madrioe qui charge d'électricité vitrée le conducteur c .* cepeadant , son électridlé naturelle est décomposée par influence, la résineuse est appelée en r, tandis que la tI* trée est reponssée dans le sol par le fil s, et, dés qu*oo tire une étincelle au conducteur, la recompositioB aa-
SECTION II. — ÉLECTKiaiÉ. — CHAP. IL
un
bile det électriciléi de la grenouille imprime à tout son corps une sorte de convulsion qui la fait sauter comme si elle s^élancail par un mouvement volontaire ; preuve frappante que , dans le retour k Tétai naturel , les molécules des corps sont agitées par les fluides qui se pressent pour se rejoindre. Les commotions de cette espèce s*appellent ie choc en retour. L'expérience serait tentée sans succès sur une grenouille tuée depuis dnq 00 six heures ; mais elle réussit très-bien avec une grenouille qui vient d*ètre coupée et dépouillée, et mieux encore avec une grenouille vivante telle qu'elle sort de Peau.
En présence d'une puissante machine ^ un homme qni communique au sol éprouve des secousses analogues, on en peut faire Texpérience avec un conducteur d'une grande superficie : deux personnes placées aux deux extrémités de ce conducteur n'éprouvent pas d'eflèts sensibles pendant qu'il se charge , mais , l'une d'elles s'approchant assez près pour tirer des étincelles, Tautre éprouve , à l'instant , toute la violence du choc en retour, sans qu'il paraisse aucune trace d'électricité ni de lumière entre elle et le conducteur.
En étudiant les effets de la foudre, nous verrons qu'un nuage orageux peut agir d'une manière analogue , et foudroyer à la fbis par le choc direct et par le choc en retour,
Quand le corps conducteur qui reçoit l'influence électrique n'est pas en communication directe avec le sol, il se peut faire qu'il perde peu à peu celle des électricités qui est repoussée, et qu'ensuite, la cause décomposante étant subitement détruite , il perde tout à coup, par une seule étincelle, l'autre électricité qui s'est accumulée sur sa surface. C'est ce que l'on vérifie avec un pistolet de Tolta disposé en présence des conducteurs de la machine.
190. En touchant les corps conducteurs , lorsqu'ils sont soumis à l'influence , on en peut tirer Pune au l'autre électricité .• mais on ne peut les charger que d'une seule électricité , en les mettant en communication avec le sol. — Reprenons l'un des cyfiDdres isolés de la figure 990 , et supposons que ses étedrlcités naturelles soient décomposées par l'in- Ihience de la machine : son fluide résineux étant appelé en r, son fluide vitré repoussé en v, et la ligne neutre n nf marquant sur sa surface les points qui séparent les deux fluides contraires. Dans cet état, et si on vient le Umcber avec un plan d'épreuve, on prendra de l'éleclricité résineuse dans la région n r; de la 'vitrée dans la région n v, et l'on ne prendrait point d'électricité sensible sur la ligne neutre n n'. Mais si , au lieu de loocherle cylindre avec un plan d'épreuve très-petit, on vient le mettre en communication avec le sol, on obtiendra des résultaU tout à fait différenU : s'il comoianique au sol par un point de la région n v, tout le fluide vitré s'écoule , et le fluide résineux reste en toUdité maintenu par l'attraction du fluide vitré de la i ; s'il communique au sol par un point de la
TOOIUIT. « ÉLÉI. Bl riYSIQUE.
région nr, c'est encore le fluide vitré qui s'écoule , et le fluide résineux qui reste.
Ce phénomène remarquable, très-facile à vérifier, est aussi très-facile à expliquer : car le fil de métal qui établit la communication avec le sol éprouve lui-même la décomposition par influence ; son fluide vitré est refbulé dans le sol, tandis que son fluide résineux est attiré , passe sur le cylindre , et neutralise, en s'y répandant, tout le vitré qui s'y trouve; le résultat est le même que si le cylindre avait été en communication avec le sol avant d'éprouver l'influence des conducteurs de la machine.
Or, si, en touchant la région n r avec le plan d'épreuve, qui est très-petit, on en lire de l'électricité résineuse, et si, en la touchant avec le sol, qui est trèsgrand , on en tire de la vitrée , il faut bien qu'il existe des corps isolés , d'une certaine dimension , qui n'en pourraient tirer ni l'un ni l'autre des fluides.
Cette conséquence est importante, et nous ne la présentons ici que pour indiquer d'avance que, dans la décomposition par influence , le lieu et la forme de la ligne neutre dépendent d'une foule de conditions , et que , dans le contact des corps électrisés , il se produit des phénomènes très-complexes.
197. Électroscopes, — Nous avons déjà fait connaître le pendule électrique, l'aiguille électrique et l'électroscope de Coulomb ; mais on a été conduit , par les phénomènes de l'électricité par influence , à construire d'autres électroscopes qui conservent mieux l'électricité qu'on leur donne, et qui sont plus propres à donner approximativement une idée des fèrces électriques qui les sollicitent. Tous ces appareils se composent essentiellement d'un vase de verre, d'un conducteur fixe, et d'un conducteur mobile.
Le vase de votre a la forme d'une cloche ou d'un flacon : l'orifice supérieur est étroit; et le fond peut être de verre (flg, 292), mais le plus souvent il est en métal (ftg. 291), et alors il porte deux boules de cuivre, ou bien il communique à deux petites lames d'étain e e' qui sont collées verticalement sur les parois intérieures de la cloche.
Le conducteur fixe est une petite lame métallique qui se termine en haut par une boule {fig. 291) ou par un anneau {flg. 292) ; elle est mastiquée avec de la gomme laque dans le col du vase, et même, pour plus de précaution, la surface extérieure du verre est vernie jusqu'à une distance v tf.
Le conducteur mobile est suspendu à rextrémité inférieure du conducteur fixe , c'est de sa nature que dépend le nom de l'électroscope : dans Vélectroscope à pailles , il se compose de deux pailles légères que l'on suspend au conducteur fixe par de petits anneaux de fil de métal très-fin ; dans Vélectroscope à lames d'or ; il se compose de deux lames d'or qui se collent , par simple apposition , sur l'extrémité aplatie du conducteur fixe {flg^ 292) ; dans l'électroscope à balles de sureau, il se compose de deux fils de métal très-fins, qui s'at-