‹ Eléments de physique expérimentale & de météorologieChapitre 106 sur 341 · LIVRE 1II.--HAGNËTISME ET ÉLECTRiaTÉ · texte numérisé non relu

LIVRE 1II.--HAGNËTISME ET ÉLECTRiaTÉ

fions d*Diie petite aiguille , qu*il est parvenu à en démontrer la yérilé. La l)alance électrique diffère peu de la balance magnétique : dans la construction de cette dernière, il faut éviter soigneusement remploi des corps ferrugineux ; dans la construction de la première, il hiut éviter avec le même soin remploi ùe» corps conducteurs. On la construit de la manière suivante : sur une table en bois Irès-sec , on établit par incrustation quatre grandes glaces carrées , de 30 à 40 pouces de côté (fig. 397) ; leurs bords verticaux sont travaillés de manière qu*ils se joignent très-exactement , et on les colle ensemble , de peur que Pair n*y puisse trouver quelque issue. Une cinquième glace., un peu plus grande, i*ajuste sur les premières pour fermer exactement l'appareil ; elle est percée de deux ouveKures circulaires, Tune au centre, sur laquelle s*élève un tube de verre /, de 12 à 15 pouces de hauteur et de 3 ou 3 pouces de diamètre , et Tautre sur le côté , par laquelle on introduit les corps électrisés. Au-dessus du tube de verre est un micromètre pareil à celui de la balance magnétique; le fit de cuivre ou d*argent qui est fixé au treuil de ce micromètre porte à sa partie inférieure une légère aiguille en gomme laque , très-bien équilibrée , et terminée par une petite balle de sureau ou par un disque de clinquant de 6 à 8 lignes de diamètre. Sur le contour de la cage , et vers le milieu de sa hauteur , est une bande de papier qui porte les degrés : le fil de torsion doit toujours, comme nous l^avotfs vu , passer par le centre de ces divisions. Au fond de la balance on met du muriate de chaux dans une capsule, pour absorber Thumidité de fair.

Pour déterminer, avec cet appareil, la loi des répulsions électriques , on donne d*abord de Télectricité k la balle de Taiguille suspendue ; et ensuite , à l'extrémité d*un tube de verre ou d*un fil de soie, enduit de gomme laque , est une autre balle électrisée de la même manière , que Ton fait descendre dans la balance , avec la précaution de la maintenir à très-peu près sur la circonférence que la balle mobile peut décrire dans son mouvement révolutif. La répulsion s*exerce entre ces deux balles comme entre deux pôles magnétiques de même nom, et Texpérience s'achève en efFet, de la même manière. En donnant aux balles des électricités contraires, on détermine aussi la loi des attractions électriques comme celles des attractions magnétiques.

Pour démontrer que les attractions et les répulsions sont en raison composée des quantités d*éleclrtcilé , il faut s'appuyer sur ce principe évident de lui-même : que deux sphères conductrices et de même rayon , qui sont mises en contact, se partagent également les électricités qu'elles possèdent. Ainsi , après avoir observé la force de torsion qui fait équilibre à l'action attractive ou répulsive des deux balles à une distance connue, si Ton vient toucher Tune d'elles avec une troisième balle isolée qui lui soit exactement pareille, on lui enlève la moitié de l'électricité qu'elle possède , et l'on reconnaît que, pour la même distance, la force de torsion

se trouve réduite à moitié. En prenant une seconde Mi, par le même procédé, la moitié du fluide qui reste ncoresur l'une ou sur l'autre des balles, on réduirait eicore la fèrce à la moitié de sa valeur ; et, si Foo pitnait simultanément la moitié du fluide qui se trouve sur chacune des balles, la force serait rédoUe aa qmH de ce qu'elle était.

Coulomb a encore constaté les mêmes lois , arec la même précision , en faisant osciller devant uo globe électrisé une petite aiguille de gomme laque sospendue à un fil de soie et portante l'une de ses extréaiitéi n disque de clinquant destiné â recevoir l'un oa TaBlre fluide. Cet appareil devient tout à fait semblable icdii que nous avons décrit pour le magnétisme : seulement, la réaction électrique qui s'exerce alors entre le globe et le disque est la seule cause des oscillations j d'où 9 résulte que , pour des charges ou pour des ditlioees différentes , les intensités des forces sont entre eDei comme les carrés des nombres d'oscillations qoe fiiguille exécute dans le même temps.

20i. De la perte de Vélectridté par Vair etpv les supporte. — L'électricité des corps disparaît avec le temps : elle se dissipe dans l'air ou s'écoule jdaoi le sol; c'est un fait qui se constate par toutes les expériences électriques. Ne pouvant empêcher cette dépe^ dition, nous devons nous attacher à la rendre pliis lente , plus régulière et plus mesurable : sans cdi, toute comparaison serait impossible entre les ftNtec, puisqu'à chaque instant elles seraient variables et changeraient irrégulièrement suivant des lois iocoinues.

La perte, par les supports isolants, se fait en partie au travers de leur substance , et en partie sur la miiiee couche d'humidité dont ils sont très-souvent revêtoi. Cette dernière cause est très-influente pour le Terre et la soie , qui absorbent la vapeur d'eau avec une graode avidité. C'est pourquoi il est toujours nécessaire d^ duire la surface de ces corps d'une couche de gotane laque, soit en les plongeant dans de la gomme laque fondue, soit en les couvrant d'un vernis de celle substance : avec cette précaution, les supports de Terre et de soie, et ceux de gomme laque pure, isolent à peu près au même degré; il parait même, d'après les expériences de Coulomb, qu'ils peuvent Isoler oomplét^ ment les faibles charges électriques , lorsqu'ils ont une longueur de 19 ou 20 pouces et qu'on prend soin de le< chauffer avant l'expérience pour vaporiser l'bomidHi qui s'y attache. Cependant , puisqu'ils n'isolent cm^ tement que sous la condition d'avoir une grande Kwgueur, il est éTident qu'ils s'imprègnent toujours d'usé petite quantité d'électricité, et l'on conçoit ainsi qu^nse charge plus fdrte, réagissant sur elle-même sTeeplot d'énergie, repousse le fluide jusqu'à l'extrémité do support , et le force à passer dans le sol par un écoulemest lent et continu. On reconnaît qu*ua corps est parfiût^ ment Isolé lorsqu'en le soutenant par plnsteors supports il éprouve la même perteque s'il était loolena par

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