SECTION II. - ÉLECTRICITÉ. — CHAP. III
an Miil, et ron est alors bien astnré que la perte qii*il éprouve est due au contact de Tair.
Li perte par ^air est due en grande partie à la vapeur d^eau qui est toujours plus ou moins abondante dans Tatmosphère , car elle augmente à mesure que l'bfgromètre marche à Thumidité : le fait est si frappant que , par exemple, si Ton souflBe sur un tube électriaé ou sur un bâton de résine , Il ne reste pas de trace de ton électricité ; il en est de même quand on soufiQe sur un corps conducteur isolé , mais , dans ce cas , il ne Aiut pas souffler de trop près , de peur de recevoir la comiDOtion. L*éleclricité qui s*écoule ainsi par la vapeur d*eau se répand de proche en proche dans Talmosphère environnante , et il est probable que la transmission ne se fait pas sans que les molécules de vapeur éprouvent une grande agitation. Toute la perte d*électricité qui se fait dans Pair n*esl pas due à la présence de la vapeur : Pair le plus complètement desséché par le muriale de chaux , par Tacide sulfurique ou par les autres corps absorbants , laisse encore échapper, avec le temps, une certaine proportion du fluide électrique des corps qu*il enveloppe. On en peut faire l'expérience dans la balance de Coulomb, après avoir desséché Tair qu'elle contient et après avoir éleclrisé la balle de Taiguille et la balle fixe. Supposons , par exemple , que ces deux balles soient maintenues à 30* de distance, par une torsion de 150* dn micromètre supérieur : la force qui fait équilibre à la répulsion électrique est alors de 390 + SO = S70*; avec le temps on verra les deux balles se rapprocher, et après V il faudra détordre le micromètre supérieur de 6*, par exemple , pour la remettre à la distance primitive de 20». Ainsi, en 1', la force électrique perdue sera celle qui fait équilibre à d*" de torsion , et , si Ton veut avoir son rapport à la force électrique «•qr^miequi a lieu pendant cette minute , il suffira de reauirquer qo*au commencement cette force était 970** ; qn*à la fin elle était 344 + 30 = 364, dont la moyenne est JZû^aii = 267; d*où il résulte enfin que la perte a été , pendant une minute jfy = -^^ c'est-à-dire un quarante-quatrième à peu près de la force moyenne.
C*eit de cette manière que Coulomb est parvenu à évaluer exactement la perte par Tair : dans les jours •ees, on trouve souvent qu'elle n'est par minute que '/«« on mène V?» de la fdrce moyenne : mais, dans les temps un peu humides, elle est quelquefois de '/ao; alors, il est à peu près iro]iossible de faire des expériences exactes. Lorsqull y a peu de variations atmosphériques soit dans la chaleur , soit dans la direction du vent , la perte par Pair reste sensiblement la même daiis le cours d'une Journée, et l'on peut facilement comparer la perte qni a eu lieu dans la balance à celle qui a lieu an dehors sur un corps conducteur électrtsé, pour cela, on Tient toucher ce corps avec une balle isolée ou avec un plan d'épreuve que l'on reporte à l'instant dans la balance ; on le met en contact avec la balle de l'aiguille, et ron observe la répulsion ; puis , après quelques minutes , on répète la même expérience, en ayant soin
toutefois de remettre à l'état naturel le plan d^épreuve et la balle mobile; et alors on observe une répulsion moindre , ce qui est une marque certaine qu'au second contact le corps avait moins d'électricité puisqu'il en a moins donné au plan d'épreuve. Or, en admettant, comme nous le verrons plus loin, qu'un corps donne au plan d'épreuve qui le louche, au même endroit ^i delà même manière, des quantités d'électricité proportion^ nélles à celles qu'il possède , on voit que les charges électriques du corps , aux deux époques du contact, seront proportionnelles aux forces de torsion, et qu'ainsi il sera facile de déterminer la perte qu'il a éprouvée dans l'intervalle. Ces moyens de comparer les forces électriques , et de calculer ce qu'elles doivent être à chaque instant lorsqu'on sait ce qu'elles sont à une époque donnée , est une des plus belles Inventions qui aient été faites en électricité : c'est par là seulement que Coulomb a pu établir sur des bases certaines les principes fondamentaux de la science.
305. Distribution de l'électricité à la eurfaee de$ corps conducteurs, — L'électricité naturelle est uniformément répandue dans toute la masse d'un corps conducteur, et elle y parait accumulée en quantité indéfinie, comme la chaleur et le magnétisme : mais, dès qu'un fluide est libre où séparé de Tautre , il réagit sur lui-même par sa force répulsive, et toutes ses molécules tendent sans cesse à se disperser, jusqu*à cequ'elles trouvent un obstacle qui les arrête. Un corps qui serait parfaitement conducteur n'offrirait dans toute sa masse aucune résistance à cette dispersion, et le fluide, parvenu rapidement à sa surface , en sortirait pour se répandre plus loin s'il y rencontrait encore un espace également perméable : le vide laissant passer l'électricité, un corps électrisé qui serait placé au milieu du vide perdrait à l'instant tout son fluide libre. Ainsi, la terre est probablement, parmi les planètes, la seule qui puisse être électrisée à sa surface, puisqu'elle est la seule qui paraisse avoir une atmosphère autour d'elle. Nous verrons que les métaux eux-mêmes n'ont pas une conductibilité parfaite : cependant, le fluide électrique passe avec une telle rapidité , d'un point à un autre de leur masse , que nous pouvons , du moins pour le moment , supposer que Télectricité dont ils sont chargés n'a aucune résistance à vaincre pour se mouvoir dans leur substance. Il résulte de cette hypothèse que Télectricité libre, développée en un point quelconque d'un conducteur métallique , vient toujours k sa surface où elle se trouve arrêtée par l'air environnant. Mais comment s*arrange-t-elle dans la masse entière du conducteur ? Faut-il, pour l'équilibre , qu'elle s'y répande uniformément, comme l'air se répand dans un ballon ? ou bien , faut-il que ses molécules, obéissant à leur force répulsive, viennent s'accumuler et se presser contre l'air qui enveloppe sa surface, ou contre les corps non conducteurs qui la couvrent?
Voici trois expériences qui peuvent Jeter quelque lumière sur ce point fondamental de la théorie :