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CHAPITRE IV

De l'électricité dÎMÎnalée.

204. De ta dissimulation de Féleetrieité et de sa recomposition lente ou subite, — Concevons deux disques conducteurs a, a*{fig. 315) mis en présence et séparés par une lame non conductrice n de verre ou de résine; quand le disque a reçoit par exemple de l'élec-

tricité vitrée, et le disque a^de la réstneute, eet deux électricités s'attirent au travers de la lame non condsetrice n et en pressent les deux faces opposées par VeBsti qu'elles font pour se rejoindre : on dit alors que ces électricités sont dissimulées. Et , en dhi , quand les disques sont chargés , on peut les toucher l'un on l'autre sans que leur fluide s'écoule dans le sol , mais il faut les toucher séparément et non pas simuUauément , le fluide de celui qui est touché n'obéit pas à la fdrce répulsive qui lui est propre , parce quil est attiré et retenu par le fluide de l'autre. Ainsi , les plus fdries charges électriques s'accumulent sur les disques, se pressent sur les faces opposées de la lame non condoetrice , et restent dissimulées l'une par l'antre tant que l'on n'offre d'issue dans le sol qu'à ^un des deux fluides. Supposons que les deux disques soient asathématiquement de même ferme et de même grandeur; qae la lame n soit bien plane sur ses deux faces , et partoot également épaisse ; et que la machine ou la source quelconque , qui donne de l'électricité vitrée au disqoe a, par le moyen du fil /, soit exactement de même férce que celle qui donne de l'électricité résineuse au disque a', par le fil f, de telle sorte que tout soit symétriqtte de part et d'autre du plan qui passe au milieu de l'épaisseur n : alors , il est évident que les deux disques auront toujours des charges égales, et que dans les points symétriquement placés sur chacun d'eux , les épaisseurs ou les tensions électriques seront aussi toujours les mêmes. Gela posé , voici un principe fèndamental de l'électricité dissimulée : c'est qu'après avoir donné à l'appareil une charge quelconque, et ravoir Isolé ensuite en supprimant la communication des fils ^ et ^ sans les laisser toucher au sol , il arrive toujours que la dissimulation est incomplète, c'est-à-dire qu'il n'existe aucun point sur les disques ni sur les fils où la tension électrique soit tout à fait nulle. Cette lensleQ est très-grande sur les faces intérieures s' et s'; et là, quand les surfaces ont assez d'étendue , les fluides peuvent presser la lame n avec tant de force qu'ils s'ouvrent un passage au travers de sa substance et la percent pour se rejoindre : si celte lame etf de résine •■ de soufre , il se fait alors une multitude de petites fissures imperceptibles ; mais , si elle est de verre mince, les fluides ne font qu'un seul trou , par lequel Ito se précipitent avec éclat pour se recomposer. Sur les fkces extérieures e, e^, et sur les fils ff, la tension électrique qui s'exerce contre l'air est très-fàible en < son de la tension intérieure : mais elle existe, ( on peut s'en assurer avec le plan d'épreuve , on mêaM en présentant la jointure du doigt successlTement à chaque disque ou à chaque fil , car on en tire de petites étincelles. La dissimulation ne peut pas être oomplète, parce que les fluides accumulés pour la plot grande partie sur les faces intérieures i et ^ restent encore séparés par l'épaisseur de la lame non condactrioe n, et que c'est au contact seulement qu'ils peuvent être neutralisés en totalité l'un par l'autre. Ainsi, la dlssî-

SECTION n. « ÉLECTRICITÉ. — CHAP. IV.

■uilalloA est (TauUnt plui parfaite que la lame non conduclrice est ptift mince; mais, en même temps, plM la lame est mince et moins elle offre de résistance à la pression électrique. C*est là , comme nous le Terrons tout à rheure , ce qui limite le degré d*accumulation que nous pouvons donner à i*électricité.

L^appareil étant chargé comme nous venons de le dire, les électricités dissimulées peuvent se recomposer subitement ou lentement.

La recompoêitton subite se détermine de la manière suivante : on prend par ses manches isolants m m' PescUateurho}/ (fig. S16), dont les deux arcs en cuivre bc,cb' sont mobiles autour de la charnière c; on touche Tun des disques avec la boule b, et on approche de Taulre disque la boule b^, à un ou deux pouces de distance ; Tétincelle jaillit avec beaucoup d^éclat et de bruit, et Tappareil est déchargé. Par la tension électrique qui est au point de contact 6, une partie du floide vitré se répand sur tout PexcUaleur ; alors , le fluide résineux est moins attiré qu'il n*é(ait, son épaisseur diminue sur la face t' et augmente sur la face extérieure e' , d'où il attire le fluide vitré qui est en b : cette attraction fait affluer le fluide vitré vers y, il s'accumule en cet endroit , il diminue sur le disque a^ et en même temps le fluide résineux , devenu plus libre , se porte et s'accumule vers la face extérieure de a' où il est maintenant attiré ; enfin la tension est assez forte pour s'ouvrir un passage dans l'air , et tout le fluide se précipite et se recompose à l'instant.

La recampoiUian lente offre des phénomènes curieux, et montre mieux encore le jeu des électricités dissimulées. Les disques étant éleclrlsés et isolés {fig.Z\7), deux petits pendules p p' communiquant avec leurs foces extérieures éprouvent une répulsion produite par l'électricité qui est libre sur ces faces ; en touchant le disque a, par exemple , on en (ire une petite étincelle , le pendule p retombe , et le pendule p' se relève à l'instant comme si le disque a' eût pris une charge nouvelle , mais cet accroissement de répulsion résulte seulement du fluide résineux qui est devenu libre par la perte de vitré qu'a éprouvée le disque a ; on touche ensuite le disque a', son pendule retombe, et celui de a se relève; on retourne au disque a, le même phénose reproduit; et ainsi de suite , alternativet , Jusqu'à ce que l'appareil soit complètement déchargé.

Nous avons supposé que les disques recevaient de réleetridté , l'un d'une source résineuse , et l'autre tf*nne source vitrée , et que chacun d'eux en recevait des quantités égales ; mais le plus souvent on n'emploie qu'une seule machine : le disque o , par exemple , est ■ys en communication avec elle , et le disque a' en conniunication avec le sol; alors celui-ci se charge par influence, et la charge qu'il prend est toi^ours moindre que la charge de a. Quand les communications font rompues , le pendule p^ est au repos , et le pendule p diverge ; mais , la perte par l'air se trouvant

proportionnellement plus grande sur le disque a, on voit son pendule s'abaisser peu à peu , tandis que le pendule p' se relève, et, l'égalité de divergence une fois établie, la perte par l'air devient égale; les deux pendules retombent ensemble, d'autant plus lentement que l'air est plus sec. Au lieu de deux disques séparés par uue lame de verre , on peut employer , pour les expériences précédentes, un simple carreau de verre sur les faces duquel on colle des feuilles d'étain , en laissant à découvert sur les bords un espace de deux ou trois pouces que l'on vernit pour augmenter son inconductibililé {flg. 318).

305. De$can<len»aieur$. — Tous les appareils dans lesquels on accumule de l'électricité dissimulée se composent essentiellement de deux lames conductrices, séparées par une lame non conductrice, et on les nomme en général des condensateurs, parce qu'en efi^t le fluide électrique parait se condenser en se dissimulant. Ces appareils changent de forme et de nom suivant les usages auxquels on les destine.

Ceux qui nous ont servi aux expériences précédentes (flg. 315 , 316 , 317 et 318) sont des condensateurs à lames de verre; ils sont capables d'accumuler de grandes quantités d'électricité, mais, à cause de l'épaisseur du verre , ils ne peuvent être chargés que par des machines , par des électrophores , ou en général par des sources électriques d'une grande tension.

Le condensateur à taffetas [figure 319) est composé d'un disque de bois b V revêtu d'un taffetas vernissé 1 1', et d'un plateau conducteur c& k manche isolant m. Le plateau étant mis en communication avec une source électrique , soit directement soit au moyen de la tige à boule g b, le fluide se répand sur toute sa surface, agit par influence, au travers du taffetas, sur les électricités naturelles du disque de bois qui doit communiquer au sol , et l'appareil se charge en raison de la tension de la source qui lui fournit du fluide. Ensuite , on soulève le plateau perpendiculairement pour le séparer du tafl^ tas , et pour reconnaître , par l'électroscope ou par la balance , l'espèce et la quantité de l'électricité qui le charge. Le taffetas est moins épais que le verre , mais aussi il est moins solide ; d'où il résulte que ce condensateur prend toujours plus d'électricité que le précédent , et qu'il ne peut jamais résister à des charges aussi fortes : il est bon pour essayer le fluide des sources qui n'ont pas une grande tension.

Le condensateur à lames d'or {flg. 830) n'est autre chose qu'un électroscope à lames d'or sur lequel on adapte deux plateaux métalliques , minces et bien dressés : le supérieur c c' est mobile et s'enlève par un manche isolant, l'inférieur / r ««^ ^^^ ^ la garniture g ^ de la cloche h h\ et la lame non conductrice qui les sépare est disposée avec beaucoup d'art et de soin. Après avoir séparé les plateaux , on les enduit successivement, avec un pinceau, de plusieurs couches d'un vernis très-liquide formé parla dissolution delà gomme laque dans l'alcool : ce vernis sèche, et la pellicule qu'il

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